Les candidats à la mairie de Saguenay lors d'un débat.

Quand le débat ne sonne pas bien!

CHRONIQUE / Parfois le gars d’informatique en moi se fait confier des missions inhabituelles. Dans bien des cas, je relève les défis haut la main, mais parfois l’improbable prend toute la place, puis le plan initial se retrouve rapidement aux oubliettes.

Mercredi dernier avait lieu le débat des candidats à la mairie de Saguenay et, pour l’occasion, on m’avait donné la mission de diffuser l’événement en direct sur notre page Facebook. Je me branche alors au signal vidéo de la salle afin d’effectuer mes tests de bande passante sur Facebook. Pendant plus de 20 minutes, je diffuse le signal sur une plateforme-test afin que tout soit parfait pour le moment fatidique. 

C’est alors que, quelques minutes avant de passer au direct, survient la catastrophe, l’hécatombe, le désastre : Facebook ne répond plus ! Le petit hamster dans ma tête se met à « spinner » à la vitesse grand V tandis que, sur la scène, on procède à la présentation des candidats. Je me sens alors comme dans le film Mission impossible où le protagoniste doit couper le bon câble afin de désamorcer une bombe. Me voilà donc devant mon ordinateur posé sur une chaise chambranlante dans le fond de cette salle comble à valider une série de possibles causes à effets responsables de cette soudaine panne de Facebook. 

Est-ce le réseau sans-fil de la salle qui est surchargé ? Est-ce mon navigateur Internet qui est planté ? Est-ce que le problème est local où c’est réellement le très fiable Facebook qui prend congé ? C’est à cet instant que j’utilise Twitter pour voir si Facebook fonctionne : #facebookcrash. Ayant le maire Jean Tremblay directement à ma droite, je retiens intérieurement la série de jurons qui me traversent alors l’esprit. Qu’est-ce que je dois faire ? C’est alors que j’entends : « Veuillez prendre note que ce débat sera web-diffusé sur le Facebook du journal Le Quotidien », et c’est à ce moment qu’une goutte de sueur tomba sur mon clavier et, en passant, Facebook, c’est généralement très fiable. 

C’était comme si une force divine interférait avec les serveurs du géant californien afin de m’empêcher de diffuser le débat en direct ! Mon regard quitte alors brièvement mon écran pour regarder le maire Tremblay en me disant : « Ça ne peut pas être à cause de la prière ! » Trêve de plaisanterie, je dois me concentrer afin de trouver un plan B que je n’avais pas prévu parce Facebook, c’est généralement très fiable (est-ce que je vous l’avais dit ?) 

Plan B 

Il ne s’est écoulé que quelques minutes depuis le constat que je ne pourrais pas livrer la marchandise tel que prévu. Je me branche alors sur le compte YouTube du journal et j’épluche rapidement la marche à suivre pour diffuser en direct. Quelques réglages ici et là et hop, nous avons un signal potable sur YouTube coïncidant avec le début du débat. Je pousse alors un grand soupir plutôt satisfait, tout de même, de ma solution de rechange. Je regarde alors l’indicateur du niveau sonore qui est à l’image de l’attaque du Canadien, c’est-à-dire en panne sèche. Mon karma semble me rattraper, car si je n’avais pas de foutu plan B, vous pouvez imaginer que le plan C n’était pas dans les cartons non plus ! 

Problème avec l’acquisition du son, est-ce que j’arrête tout et je redémarre ou je tente de faire fonctionner le micro de mon ordinateur portable pour avoir un son peu potable ? J’ai pensé alors écrire des sous-titres en temps réel, mais j’opte pour le micro intégré de mon ordinateur, car le débat débute. Tout fonctionne, les indicateurs de niveau sonore scintillent tel un arbre de Noël le soir du Réveillon ; c’est la joie dans mon cœur ! Le débat se déroule bien, sauf qu’avec cette foutue panne, mon auditoire en ligne est plutôt faible. Je tente tant bien que mal de faire mousser le tout via d’alléchantes publications sur Twitter, mais le gâteau ne lève pas ! C’est ce genre de situation qui démontre l’ampleur de Facebook par rapport aux autres réseaux sociaux. Le débat tire à sa fin, la panne de Facebook semble se résorber, et ce, étrangement, après que le maire Tremblay se soit levé. 

N’ayez crainte, je ne suis pas suspicieux et je ne pense pas qu’une intervention divine soit responsable de l’une des plus grosses pannes de l’histoire de Facebook ! Le débat est terminé, je remballe ma quincaillerie technologique et je m’en retourne au bureau avec le sentiment que mon travail a obtenu un succès mitigé. À mon retour, je me branche immédiatement sur le YouTube du journal afin de constater l’ampleur des dégâts. L’image est quand même potable compte tenu de la bande passante disponible, mais le son est un désastre total ! J’aimerais bien conclure le tout en commençant ma phrase par « La morale de cette histoire est… », mais je n’y arrive simplement pas parce que Facebook, c’est généralement très fiable, est-ce que je vous l’avais dit ?