Prouve-moi ton amour

CHRONIQUE SPIRITUALITÉ / Que faut-il pour démontrer à son ou à sa partenaire que nous l’aimons vraiment ? Quand une femme et un homme s’attachent l’un à l’autre et que certaines habitudes se sont installées dans le couple, les amoureux finissent souvent par se demander s’ils s’aiment toujours assez. On réclame alors des preuves.

Elle : « Si tu m’aimais, tu m’offrirais des fleurs, comme au début. Tu m’inviterais plus souvent au restaurant. Tu serais plus romantique avec moi. »

Lui : « Tu t’efforcerais de me séduire comme avant. Tu t’intéresserais à ce que je fais. Tu passerais plus de temps avec moi. On ferait l’amour plus souvent. »

Josée et Luc vivent ensemble depuis une douzaine d’années, fiers de leurs deux enfants, une fille (8 ans) et un garçon (5 ans). Les années ont vite passé à s’investir, de part et d’autre, au bien-être de la petite famille. Et voilà que tous les deux, dans la trentaine avancée, réalisent qu’ils sont devenus comme étrangers l’un à l’autre. Ont-ils eu le temps de s’aimer pendant ces dernières années ? Ils penseront : « S’occuper de notre progéniture et de notre sécurité matérielle, n’est-ce pas une belle preuve d’amour ? » Josée et Luc savent qu’ils ont besoin de retisser leurs liens affectifs, mais comment y parvenir sans devoir obligatoirement se prouver leur attachement mutuel ?

L’amour ne se construit pas sur des preuves
« Si je ne t’aimais pas après toutes ces années, je ne serais plus avec toi. »

« Tu dis cela plus pour te convaincre, toi, que pour me rassurer, moi. »

Un couple qui dure dans le temps avec les hauts et les bas d’une relation, et malgré les frustrations inévitables, est-ce un signe évident que les partenaires s’aiment et tiennent l’un à l’autre ? Cela ne suffit pas, bien sûr. Si l’amour ne doit pas exiger des preuves et des certitudes, il est cependant comme une plante qui demande de l’entretien à travers une foule de petits gestes quotidiens. Les rapprochements, les marques d’attention, le souci du bien-être de l’autre, les services rendus, les compliments et les encouragements, même s’ils ne sont pas là pour prouver son amour envers l’autre, n’en demeurent pas moins des signes essentiels d’appréciation et de reconnaissance qui affermissent le sentiment amoureux.

Un effort constant d’ajustement
Un couple me disait : « Après 30 ans de mariage, on est toujours heureux d’être ensemble. »

J’ai demandé, en retour : « Quel est votre secret ? »

Ils ont répondu : « Il n’y en a pas de secret. On ‘‘fitte’’ bien ensemble, c’est tout. »

L’harmonie et la confiance s’établissent peut-être plus facilement chez certains couples, et l’amour y circule plus librement. Qui ne rêve pas de ça ? Mais si ce n’est pas le cas pour tous les couples, est-il possible d’y arriver, malgré tout, en y mettant plus d’efforts ?

En quoi consistent ces efforts, si ce n’est de rester attentif autant aux besoins de l’autre qu’à ses propres besoins, et de chercher à les satisfaire dans l’ordre du possible ? Les frustrations s’accumulent seulement quand on ne répond pas adéquatement aux besoins.

Quand l’amour évolue dans un rapport d’interdépendance, la confiance s’établit au fur et à mesure, et on n’a plus à comptabiliser les « preuves ».

Ainsi, Josée et Luc pourront-ils se dire un jour : « La preuve qu’on s’aime : on ‘‘fitte’’ bien ensemble » ?

Michel Desbiens

Centre de développement personnel et conjugal

www.cdpec02.ca