La scène finale est une magnifique projection directement sur la forêt. L’effet est époustouflant.

Une soirée au zoo avec Moment Factory

CHRONIQUE / J’ai eu le privilège de passer une soirée avec l’équipe de Moment Factory, qui s’affairait à préparer la troisième saison du spectacle immersif Anima Lumina au Zoo de Saint-Félicien.

Comme je suis chroniqueur techno, je voulais, à la base, parler de la technique derrière le spectacle, mais de fil en aiguille, mon approche a bifurqué vers une tout autre voie. Bien que la quincaillerie technologique qui anime le spectacle est fort impressionnante, l’approche de Moment Factory se veut discrète en intégrant et dissimulant le matériel de manière à ce qu’il soit quasi invisible le jour. Je pourrais d’ailleurs me perdre dans un délire d’énumération technologique, mais je ne serais qu’un divulgâcheur de magie parce qu’au fond, Anima Lumina ce n’est pas que de la technique, c’est une expérience sensorielle qui vous ramène directement en enfance en vous procurant ce bonheur primaire absent de tout questionnement.

Les enfants pourront chercher des animaux en suivant leurs traces de pas à l’aide d’une lampe UV.

Pour savourer pleinement l’expérience, il faut y aller à son rythme, ne pas se laisser influencer par l’effet de groupe et prendre le temps d’apprécier l’ensemble de l’oeuvre parce que n’oubliez pas, vous êtes dans un zoo la nuit ! Bien que les effets visuels ne sont pas présents sur l’ensemble du parcours, la trame sonore vous gardera tout de même dans l’ambiance avec son réalisme qui déstabilise parfois les sens.

Création en équipe
Le processus créatif derrière Anima Lumina s’est fait en partenariat avec les autorités du zoo. Selon Gabriel Pontbriand, directeur de création chez Moment Factory, il fallait tenir compte de plusieurs éléments.

La trame narrative d’Anima Lumina repose sur l’histoire de Félix, un jeune garçon qui réside au zoo.

«Étant donné que nous étions dans un zoo, notre idée était d’être respectueux envers la philosophie de l’établissement et envers l’environnement. On parle d’animaux et d’habitats. Toute la première partie du processus s’est faite en collaboration avec les gardes animaliers et les biologistes pour s’assurer que le concept était bien intégré. Pour ce qui est de la trame sonore, notre compositeur musical a travaillé avec des sons qui viennent du zoo. Par exemple, il y a certains sons d’oiseaux qui peuvent être nuisibles lors de la période d’accouplement de certaines espèces. Il a dû modifier les sons pour s’assurer que ça ne perturbe pas l’espèce. Ce processus s’est toujours fait avec les gardes animaliers.»

Immersion améliorée
La trame narrative d’Anima Lumina repose sur l’histoire de Félix, un jeune garçon qui réside au zoo et qui possède des dons afin de communiquer avec les animaux.

«Dans la première année, Félix restait un élément secondaire, mais pour 2018, on va l’entendre et le voir un peu plus. À la base, en faisant un processus très respectueux il y a certaines choses qui étaient moins présentes au niveau immersif. Pour cette année, nous avons ajouté une zone d’immersion où vous allez recevoir une pluie d’étoiles composée de milliers de faisceaux laser. Cette année, étant donné que l’écosystème réagit très bien, nous avons augmenté le curseur du divertissement et de la magie pour mettre un peu plus de musique et de lumière pour amuser encore plus les gens», explique M. Pontbriand.

J’ai assisté en primeur à la pluie d’étoiles qui se veut tout simplement envoûtante. Sur cette passerelle où l’on semble à l’étroit, vous serez littéralement bombardés de milliers de lasers qui peuvent créer une confusion telle que l’on a l’impression d’être en apesanteur dans les confins de l’espace. L’immersion à son meilleur ! Les lasers, dont les rayons réfléchissent sur les aiguilles des conifères environnants, accentuent le caractère féérique de la scène. Celle-ci est meublée d’une trame musicale très rythmée, nous offrant ainsi un merveilleux crescendo vers la scène finale.

«La scène finale, c’est une intégration parfaite de la technologie à la nature, assure Gabriel Pontbriand. Dans Anima Lumina, on ne sent jamais l’écran, on ne sent jamais la technologie. On voit un troupeau de caribous projeté sur les arbres, c’est très poétique et impressionnant. Pour moi c’est la meilleure représentation d’Anima Lumina: cette finale incroyable.»

Cachette interactive
Une autre nouveauté cette année est l’ajout d’un petit jeu pour les enfants qui pourront chercher des animaux en suivant leurs traces de pas, à l’aide d’une lampe UV. Simple, mais efficace, cette trouvaille est un ajout intéressant compte tenu que la visite se fait en soirée et qu’il est difficile à cette heure de capter l’attention des enfants !

Anima Lumina est une éloquente preuve de symbiose entre la technologie et la nature. Par le fait même, l’équipe de passionnés de Moment Factory a réussi le tour de force, non seulement de vous ouvrir les portes d’un zoo la nuit, mais de vous faire passer par toute une gamme d’émotions. Contrairement à la linéarité d’un spectacle scénique, Anima Lumina se fait à votre rythme afin de vous immerger complètement dans cet univers rempli de subtilité.