Les pneus à crampons d’aujourd’hui peuvent être très efficaces.

Pour bien s’accrocher à la route

CHRONIQUE / L’hiver est à nos portes, et cette année ne fera certes pas exception à la règle. Pour plusieurs d’entre vous, c’est la saison de la « merde blanche » où chaque sortie devient un véritable chemin de croix ! Que dire de l’état parfois lamentable du réseau routier et des fameux quartiers blancs qui sont trop souvent de véritables patinoires où les voitures font office de pierres de curling ! Les voitures modernes sont dotées de multiples dispositifs de sécurité qui facilitent parfois la conduite hivernale, mais malgré cela, il ne faut pas oublier que votre rutilante bagnole ne fait contact avec la route que par 4 petites bandes caoutchoutées qui doivent être efficaces dans les conditions les plus extrêmes ! Mal nécessaire pour le conducteur québécois, les pneus d’hiver sont de véritables bijoux technologiques dont la genèse remonte aux années 1930.

L’autoneige ou l’auto dans la neige ?

Pendant qu’au Québec Joseph-Armand Bombardier développait sa première autoneige, en Finlande, on travaillait au tout premier pneu conçu pour l’hiver. D’abord destiné aux camions, le Kelirengas, ou pneu météo de la compagnie Nokian, possédait une semelle munie de blocs permettant d’évacuer la neige et la boue vers l’extérieur du pneu. Cette semelle, dont le design rudimentaire s’apparentait à celui des chenilles de tracteur, était une révolution, car à cette époque, les voitures devaient se munir de chaînes afin de se déplacer dans les conditions hivernales. Par contre, le type de gomme utilisée à l’époque était le même que pour les pneus d’été, occasionnant du fait même le durcissement du caoutchouc à basse température. Les gommes évoluant très peu dans les 20 années qui suivirent, les manufacturiers introduisirent les pneus à crampons de métal, communément appelés pneus à clous, afin d’augmenter l’adhérence sur les surfaces glacées. Je peine à imaginer le confort rudimentaire de ces premiers pneus à crampons à une époque où ceux-ci étaient à carcasses diagonales de nylon.

L’avènement du pneu radial

Dans les années 70, le pneu radial fait son apparition sur le marché nord-américain, un changement majeur dans le monde de l’automobile. Le pneu radial possède un flanc flexible qui améliore le confort et permet à la semelle d’avoir un meilleur contact sur la route. Pour les pneus d’hiver, cette technologie permet d’offrir un dessin de semelle plus raffiné ainsi qu’une évacuation plus constante de la neige en raison d’une surface de contact plus grande.

Les lamelles et la glace

Il faut attendre au début des années 90 pour qu’une véritable bataille entre les manufacturiers s’amorce. Le Blizzak de Bridgestone a connu un grand succès au Québec en raison de ses lamelles souples combinées à un composé de gomme révolutionnaire pour l’époque. Les lamelles souples s’ouvrent au contact de la glace, créant ainsi une plus grande surface de contact. Bien que d’autres fabricants utilisaient cette technique quelques années auparavant, Bridgestone, via son grand réseau de distribution, l’a démocratisé. Aujourd’hui, nous assistons à une véritable course technologique dans le monde du pneu hivernal. Les grands manufacturiers offrent des composés de gommes de plus en plus efficaces et durables. 

Quel pneu choisir ? 

Le choix d’un bon pneu d’hiver peut s’avérer difficile en raison du choix et de la gamme de prix. D’ailleurs, le prix ne devrait pas être votre premier critère. L’argument « c’est juste pour aller du point A au point B » n’est pas valide non plus, car il s’agit déjà du but premier d’un transport. Le choix de votre pneu doit se faire en fonction de plusieurs éléments.

Le type de véhicule : est-ce un sport utilitaire, une camionnette ou voiture ? Est-ce une traction, une propulsion ou un véhicule à traction intégrale ? Le poids du véhicule aura une incidence directe sur l’efficacité du freinage sur la glace. Le type de route que vous faites. Pour vous rendre au travail, vous faites combien de kilomètres et dans quels types de conditions ? Est-ce que vous faites beaucoup d’autoroutes où vous restez principalement en ville ?  Est-ce que vous allez au centre de ski ou au chalet régulièrement ?

Avec ou sans crampons ? Il est certain que les pneus à crampons vous offriront une meilleure adhérence sur les surfaces glacées tout en réduisant les distances de freinage. Par contre, ils sont plus bruyants. Si vous faites beaucoup de kilométrage sur l’autoroute, ce n’est peut-être pas pour vous. 

Et le confort : jadis, les pneus d’hiver étaient synonymes d’inconfort, mais maintenant, bien qu’ils soient plus bruyants que les pneus d’été, le confort est tout de même au rendez-vous. Michelin, par exemple, offre des bandes de roulement silencieuses avec des flancs plus souples, ce qui augmente le confort.

Depuis une dizaine d’années, nous assistons à une invasion de nouvelles marques de pneus en provenance d’Asie à des prix très bas. Avec des dessins de semelles similaires aux grandes marques, mais pour une fraction du prix, ils peuvent sembler une bonne affaire, mais dans la majorité des cas les gommes sont nettement inférieures à la moyenne, ce qui mine grandement l’efficacité du pneu. Pour bien des marques obscures asiatiques, je me demande même si le produit est testé dans des conditions hivernales avant d’être mis en marché tellement ils sont inefficaces. Parfois, il vaut mieux payer une centaine de dollars de plus pour passer un hiver en sécurité.