Les Olympiques de l’insomnie

Pour cette semaine, j’ai décidé de prendre une pause de la technologie parce que dans quelques heures se termineront les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang en Corée du Sud. On dirait que cette année, il n’y avait pas la fébrilité habituelle à l’approche des Jeux, probablement en raison du décalage horaire.

Entre vous et moi, quand t’as le mot « sud » dans le nom de ton pays, ça te fait penser à bien des choses, sauf à l’hiver ! L’amateur de hockey que je suis se foutait pas mal des Jeux parce qu’un petit napoléon américain avait décidé que les meilleurs de notre sport national n’avaient pas le droit de participer aux Olympiques. Mon intérêt ainsi que mon enthousiasme étaient pratiquement réduits au néant. Même les reprises du téléroman Le temps d’une paix m’excitaient plus que les Jeux d’hiver dans un pays avec le mot «sud» dedans !  

On allume la flamme !

Je n’ai pas écouté la cérémonie d’ouverture parce que je ne voulais rien savoir des Jeux, et puis, en plus, je ne savais pas trop c’était à quelle heure en raison du décalage horaire ! Je dois vous avouer que dans les premiers jours des Jeux, j’ouvrais mon téléviseur en ayant l’air hautain, celui que j’adopte habituellement lorsque je méprise quelque chose. Vous savez, quand vous avez la face plissée, ayant l’air d’avoir croqué dans un gros citron. Eh bien, ça ressemble à ma légendaire face de mépris qui était, pour l’occasion, de calibre olympique ! Même si la flamme des Jeux réchauffait le coeur des Olympiens, il n’en demeure pas moins que je n’avais vraiment pas le feu pour ces Jeux ! Pendant cette première semaine,  j’écoute quelques compétitions ici et là, commentant trop souvent les performances avec mon oeil de pseudo-expert quadriennal. 

Quand l’gars de Ferland-et-Boilleau réveille ton esprit olympique

J’ai toujours eu un faible pour le patinage de vitesse courte piste, en raison de la grande tradition de champions issus du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les compétitions sont de courte durée et fort excitantes, prenant parfois des allures burlesques de  roller derby pour paraphraser un collègue pseudo-expert ! 

D’avoir eu le privilège de regarder en direct, sur ma tablette, un samedi matin, la performance magistrale de Samuel Girard m’a fait réaliser, enfin, à quel point les Olympiques, c’est merveilleux. 

Au-delà du spectacle télévisuel exceptionnel, il y a des jeunes qui se sacrifient pendant des années dans l’unique but de faire partie du show.  Des jeunes qui s’expatrient loin du nid familial afin de réaliser leur rêve, afin de repartir la tête haute, une médaille au cou. D’ailleurs, je sais que c’est important pour l’ego de revenir au pays avec une médaille au cou, mais ce n’est qu’un bout de métal accroché à un morceau de tissu. La médaille est certes le symbole ultime de la caste olympique, mais juste le fait de s’accomplir dans son sport et de représenter son pays, avec tous les sacrifices que cela implique, mérite le respect de tous les critiques de salon, dont je fais malheureusement partie ! 

Les Jeux olympiques, c’est avant tout un grand spectacle spécialement formaté pour la télévision. Le sport en direct est d’ailleurs l’un des derniers remparts télévisuels à pouvoir offrir une tribune stable pour les annonceurs. Parce que la beauté du sport, surtout à l’ère des médias sociaux, c’est de le vivre en direct, de faire symbiose avec les athlètes, comme si une énergie céleste transcende les ondes afin de donner un boost à nos favoris.  Avec les médias sociaux et les alertes sur vos téléphones intelligents, si vous n’écoutez pas un événement en direct, vous risquez de connaître son dénouement bien malgré vous.  

Des vacances à Pyeongchang ?

Pour une ville, être l’hôtesse des Jeux olympiques n’a certes plus le prestige d’antan, et pour bien des pays, le Comité international olympique est désormais persona non grata en raison des abus du passé.  Si on se fie aux deux dernières éditions des Olympiques, soit les Jeux de Sotchi en Russie et de Rio au Brésil, au-delà des deux semaines de compétitions, est-ce que l’engloutissement colossal de fonds publics peut être justifié, compte tenu de la pérennité précaire des installations ? Pyeongchang est désormais une ville olympique, mais est-elle pour autant devenue destination de choix ? Malgré toute la corruption, le dopage et les installations trop souvent abandonnées après les Jeux, l’essentiel de l’esprit olympique nous provient des athlètes qui marqueront à jamais l’imaginaire collectif.  

Je lève mon chapeau à tous les athlètes qui ont fait de cette quinzaine un moment aussi mémorable, et j’aimerais bien vous dire que l’important, ce n’est pas de gagner, mais de participer, mais ça serait tellement cliché !