Steeve Fortin
La recherche sans clic permet à l’internaute d’avoir une réponse rapide à une question, sans avoir à quitter Google. Cette méthode sert également pour les assistants vocaux, mais prive les créateurs de contenu d’une certaine audience.
La recherche sans clic permet à l’internaute d’avoir une réponse rapide à une question, sans avoir à quitter Google. Cette méthode sert également pour les assistants vocaux, mais prive les créateurs de contenu d’une certaine audience.

La recherche sans clic: un malaise pour les créateurs de contenu

CHRONIQUE / Sur Google, la recherche sans clic dépasse désormais celle dite classique, cette technique qui permet à Google d’afficher la réponse à certaines questions directement sur sa page de résultats, court-circuitant ainsi les créateurs de contenu en les privant d’une certaine partie de leur auditoire et donc de leurs revenus. Google, qui était jadis une plaque tournante pour les créateurs de contenu, est devenu pour certains un adversaire difficile à combattre de par son emprise sur les recherches Internet, mais aussi sur le placement publicitaire.

La montée fulgurante du volume des requêtes provenant d’appareils mobiles, tels les tablettes et les téléphones intelligents, force Google à revoir sa manière d’afficher ses résultats. C’est ainsi que l’on a vu apparaître la recherche sans clic, qui permet à l’internaute d’obtenir les réponses à ses questions directement sur la page de Google, sans même avoir à consulter un autre site Internet.

Cette innovation nous permet, par exemple, d’obtenir l’horaire du cinéma le plus près de chez vous sans même avoir à vous rendre sur le site du cinéma en question. Pour certains types de requêtes, cette méthode est parfaite et représente même un atout pour certains commerces.

Or, pour les créateurs de contenu Internet, elle peut littéralement tuer l’audience acquise par l’achalandage direct et par le fait même, tuer une bonne part des revenus publicitaires qui sont si difficiles à générer dans le merveilleux monde numérique.

«Nous affichons des extraits optimisés lorsque nos systèmes déterminent que le format permettra à nos utilisateurs de trouver plus facilement ce qu’ils cherchent…», affirme Google à ce sujet. Si Google le fait pour le bien des internautes il n’y a probablement rien de mal là dedans et après tout, les extraits optimisés ou recherches sans clic permettent de nourrir l’intelligence artificielle derrière l’assistant vocal Google.

Le Congrès américain s’est d’ailleurs penché sur cette émergence de la recherche sans clic, sans toutefois obtenir de réponse claire de la part de Google, ces derniers doutant de la méthodologie utilisée par le congrès pour obtenir les statistiques de recherche. Pour les créateurs de contenu dont les revenus publicitaires fondent à vue d’oeil depuis quelques années, ce nouvel obstacle n’est que la pointe de l’iceberg, car les assistants vocaux sont de plus en plus populaires et ceux-ci carburent uniquement aux recherches sans clic.

Alors, comment générer des revenus si les internautes ne visitent pas votre site pour lire votre contenu ?

Il est par exemple possible d’obtenir une recette de Ricardo sans avoir à visiter le site. Google prend un extrait sur un site Internet et le présente directement dans les résultats de recherches.

Le SEO adapté au sans clic

L’optimisation des sites Internet via divers stratagèmes permet un référencement plus efficace de la part des moteurs de recherches. Le SEO (Search Engine Optimization) est le référencement naturel, c’est-à-dire sans publicité, effectué par les moteurs de recherche. Les algorithmes de référencement évoluent continuellement et les créateurs de contenu doivent s’adapter afin de ne pas régresser dans leur positionnement lors d’une recherche.

Actuellement même si un site Internet possède un SEO impeccable, il est possible que celui-ci ne rayonne pas de la manière escomptée en raison de la recherche sans clic qui vient copier une partie de son contenu pour l’afficher directement sur la page de résultats de Google, ce qui est suffisant pour bon nombre d’internautes.

Les créateurs de contenu sont aux prises avec une véritable patate chaude, car en interdisant à Google la possibilité de copier les textes sur les résultats sans clic, ils se privent de visibilité, mais en même temps, dans la majorité des cas, la réponse générée par Google est suffisante pour l’internaute qui ne prend pas la peine de visiter le site Internet de l’auteur afin d’approfondir ses connaissances.

Dans le but de capitaliser sur les résultats sans clic, les sites Internet doivent ajouter une plus-value à l’offre en cours avec des vidéos, des galeries photo et surtout avec un contenu qui donnent le goût à l’internaute d’aller au-delà de la réponse sans clic générée par Google. Il devient de plus en plus difficile d’obtenir un référencement naturel et les assistants vocaux viennent compliquer l’équation.

Alors pour demeurer concurrentiel, il faut adapter le SEO classique pour être en mesure d’être l’élu du résultat sans clic. Au Québec, les résultats sans clic sont actuellement moins présents en raison de la barrière linguistique combinée à un volume de requêtes plus faible, faisant en sorte que l’algorithme ne suggère pas nécessairement de réponses optimisées.

Pour les créateurs de contenu, la rentabilité ne passe plus nécessairement par la vente d’espaces publicitaires comme à l’époque où les revenus étaient tributaires de l’audience. Avec la diversification des méthodes d’accès au contenu, il est essentiel de rejoindre l’audience avec du contenu adapté aux diverses plateformes telles, Facebook, Instagram ou Snapchat, pour ne nommer que celle-ci.

Pour survivre, il faut rejoindre l’internaute où il se trouve et non l’inverse, et c’est probablement ce que doit le plus craindre Google; de là cette pertinence de la recherche sans clic, celle de garder l’internaute captif de la plateforme traditionnelle.

Pour les sites de paroles de chansons, la recherche sans clic fait d’énormes ravages, car Google ne prend non pas qu’un simple extrait, mais la chanson en entier.

S’adapter ou mourir, il me semble que je l’entends pas mal souvent celle-là, mais l’adaptation n’est parfois pas l’unique solution dans un monde où les règles sont définies par des géants étrangers imperméables aux doléances des états et des créateurs de contenu. Pour finir sur une note plutôt absurde, partagez cette chronique !