Si vous souhaitez que les publications du journal le Quotidien apparaissent sur votre fil Facebook cochez Voir en premier sous l’onglet Déjà abonné(e).

Facebook et les nouvelles

Chronique / J’avais commencé cette chronique la semaine dernière à la suite de l’annonce de Mark Zuckerberg sur la « nouvelle » façon qu’aura Facebook de traiter les nouvelles. Étant donné l’ampleur de ce message, je me donnais une semaine de plus afin de cogiter le tout pour ainsi y apporter mon point de vue après mûres réflexions !

J’avais commencé cette chronique la semaine dernière à la suite de l’annonce de Mark Zuckerberg sur la « nouvelle » façon qu’aura Facebook de traiter les nouvelles. Étant donné l’ampleur de ce message, je me donnais une semaine de plus afin de cogiter le tout pour ainsi y apporter mon point de vue après mûres réflexions !  

Depuis l’entrée en fonction du bouton « J’aime » en 2007, le fil de nouvelles Facebook ne cesse d’évoluer. Depuis des années, l’algorithme se perfectionne afin d’offrir à l’utilisateur une expérience qui correspond le mieux à ses préférences. 

Facebook utilise vos informations afin de concocter une recette qui vous plaira à tout coup, telle une drogue que votre inconscient ingère massivement afin que vous ne cessiez de dérouler ce fil de nouvelles qui vous ressemble tant, où même les publicités qui vous sont présentées correspondent à vos préférences.

Pour générer votre fil de nouvelles, Facebook se base sur le type de contenu que vous avez « liké », ainsi que sur une série de paramètres relatifs aux interactions que vous entretenez avec les pages et les gens que vous suivez. Plus une publication aura d’interactions, plus elle sera visible pour un grand nombre de personnes, tel un cercle vicieux. Par contre, la popularité d’une publication n’est aucunement relative à son degré de pertinence, ce qui explique en partie la prolifération des fausses nouvelles. Comme une majorité d’utilisateurs partagent à l’aveugle bon nombre de publications, celles-ci gagnent en visibilité, sans toutefois être pertinentes ou véridiques. 

Avec l’élection de Donald Trump, l’administration américaine veut livrer une guerre aux fausses nouvelles, dont les médias sociaux sont les canaux de propagation par excellence. Facebook était le réseau social le plus populaire. Il est tout à fait logique qu’il soit pointé du doigt, d’autant plus que son algorithme favorise souvent les fausses nouvelles qui sont généralement plus partagées par les utilisateurs que les véritables nouvelles. La majorité des utilisateurs ne prenant même pas la peine de lire ce qu’ils partagent, un titre enjôleur peut ainsi faire monter rapidement une publication mensongère.  

Dans sa refonte du fil d’actualité, Facebook souhaite rapprocher les gens en privilégiant les publications des amis et de la famille, au détriment des pages d’entreprises ou de médias. Les publications qui suscitent le plus grand nombre d’interactions seront priorisées dans la hiérarchie de votre fil de nouvelles. 

Les fameuses publications qui incitent à commenter et à partager afin de remporter un quelconque prix seront rétrogradées beaucoup plus bas dans le fil de nouvelles. Jusque là, cette démarche me semble noble et logique, car Facebook était littéralement pollué de publication insignifiante. 

Le dîner de con

La révélation la plus surprenante dans la déclaration de Mark Zuckerberg est au niveau de la pertinence des médias. Facebook pelte le problème dans la cour des utilisateurs. Au lieu de mettre en place un organisme certifiant la crédibilité des sources de nouvelles, Facebook réduit l’information qui transite via son réseau. 

Comble de malheur, le grand réseau social confiera le mandat de la pertinence médiatique aux utilisateurs, les mêmes qui, dans la majorité des cas, partagent les fausses nouvelles. Ainsi, un groupe d’utilisateurs pourrait discréditer un média traditionnel au profit d’un site de fausses nouvelles conspirationniste ! 

Tel l’invité d’un dîner de con, le média traditionnel sera sur la sellette sous la menace constante de perdre sa visibilité sur Facebook. La modification du fil de nouvelles aura un impact majeur sur la diversité d’information, car dans bien des cas, l’utilisateur baignera dans le même genre de publications de manière inconsciente. Dans votre Facebook vous aurez plus de publications mettant en vedette le chihuahua de votre cousine ou votre beau-frère et ses exploits en motoneige que d’informations pertinentes à propos des scandales au gouvernement. La notoriété du grand réseau social fait en sorte que, pour plusieurs, il est une source d’information unique, un carrefour tentaculaire où le vrai côtoie le faux sans discrimination.

Quand le civisme prend le bord

Je prends parfois un malin plaisir à lire les commentaires des gens sur Facebook. Malgré que le français soit trop souvent massacré, il me semble qu’avec les correcteurs automatiques, bon nombre de fautes pourraient être évitées. Selon moi, ne pas faire attention à son français sur Facebook est aussi irrespectueux que de larguer une pestilentielle flatulence dans un ascenseur. 

J’ai tellement l’impression que les « idiots sociaux » sont une représentation de l’ensemble de la frustration de la société où le « dire tout haut ce que l’on pense tout bas » est enfin accessible sans filtre. 

Les gens ne semblent plus réfléchir avant de commenter et semblent oublier que cedit commentaire sera désormais accessible pour l’ensemble de la population. 

Les braves qui se cachent derrière leurs claviers n’auraient probablement pas le courage de dire tout haut ce qu’ils ont écrit tout bas.