Le premier disque dur avait la taille de deux réfrigérateurs, pouvait seulement contenir cinq mégaoctets de données et coûtait 50 000$.

De la carte perforée à la clé USB

Nous sommes désormais dans une société numérique où les supports physiques imprimés laissent massivement la place aux données binaires stockées sur des supports électroniques beaucoup moins encombrants. Bien qu’aujourd’hui, vous pouvez acheter une clé USB de 16 Go au dépanneur du coin, l’évolution des supports de stockage s’est faite tout de même sur une assez longue période, et nous sommes encore loin d’un plafonnement technologique dans ce domaine.

De la carte perforée au disque dur

La carte perforée est un système de stockage d’informations qui était utilisé bien avant l’apparition de l’ordinateur. Que ce soit pour les pianos mécaniques ou les métiers à tisser, l’information contenue sur des pièces perforées permettait ainsi à la machine d’avoir une programmation interchangeable. Avec l’arrivée des transistors dans les années 1950, l’ordinateur fait son apparition dans les grandes entreprises, organismes gouvernementaux et universités. Les cartes perforées nécessitent beaucoup de manipulations pour le peu d’informations qu’elles contiennent. C’est alors les bandes magnétiques, couramment utilisées à l’époque pour les enregistrements audio, qui sont utilisées afin de minimiser les manipulations, tout en ayant la capacité d’emmagasiner l’équivalent de 35 000 cartes perforées par rouleau de bande magnétique. Cette technologie a été utilisée jusque dans les années 1980, permettant un volume de stockage à faible coût. Bien que le ratio volume versus coût soit excellent, les systèmes à bande magnétique sont très lents, et il faut souvent attendre plusieurs minutes afin de récupérer l’information désirée. Vers la fin des années 1950, IBM commercialise le premier disque dur qui est nettement plus rapide que les bandes magnétiques, mais beaucoup plus onéreux. D’une dimension se comparant à deux réfrigérateurs, l’IBM 350 avait une capacité de cinq mégaoctets, et ce, pour la coquette somme de 50 000 $. 

La disquette

Inventée vers le début des années 1970 dans le but ultime de remplacer les cartes perforées pour la saisie de données, la disquette souple de huit pouces permettait alors d’emmagasiner jusqu’à 1,2 Mo de données, ce qui est fort acceptable pour l’époque contenue du coût minime de ce support. Le format de disquette passe à 5,25 pouces et 360 Ko afin d’être plus convivial pour l’ordinateur personnel, qui en est alors à ses balbutiements. Au milieu des années 1980, la disquette rigide de 3,5 pouces et de 1,44 Mo devient le standard et le sera pendant plus de 20 ans. L’installation de Windows 95 et de Mac Os8 nécessitait une vingtaine de disquettes, et si vous aviez le malheur d’avoir dans le lot une disquette défectueuse, vous étiez dans un sérieux pétrin. 

Le CD-ROM et l’essor du multimédia

Le CD-ROM de 700 Mo permet de stocker des données beaucoup plus lourdes comme de la musique ou de la vidéo, mais n’offrait pas la flexibilité d’une disquette en écriture. En effet, la gravure de CD n’est pas conviviale pour le stockage d’informations temporaires, et ce, même si les CD, réinscriptibles, existent. Pour l’archivage temporaire de haut volume, les disquettes ZIP permettaient d’archiver jusqu’à 700 Mo de données, mais ont été rapidement éclipsées par l’arrivée de la clé USB. Le DVD-ROM fonctionne sur le même principe que le CD-ROM, mais offre quand à lui une capacité de 4,7 Go.

La mémoire flash

Ce type de support de stockage a fait son apparition au tournant des années 2000 sous la forme de clés USB et de cartes mémoires. Contrairement aux supports amovibles précédents, tels les disquettes et les CD, la mémoire flash ne comporte aucune pièce mécanique, ce qui la rend beaucoup plus résistante. De nos jours, les disques Flash de type SSD (solid-state drive) remplacent progressivement les disques durs dans les ordinateurs et offrent un stockage beaucoup plus rapide. Le disque dur conventionnel n’est pas appelé à disparaître tout de suite en raison de son faible coût par rapport à sa grande capacité. Dans le futur, l’ADN deviendra le support de prédilection pour le stockage d’informations.