Le site Internet du film Spacejam est demeuré inchangé depuis 1996 et est considéré par plusieurs comme une pièce historique.

Ces bijoux d’autrefois

CHRONIQUE / Je suis tombé récemment sur une vidéo datant de 1998 d’un internaute qui utilisait banalement l’Internet ! À l’époque « pré-Iphonique », faire une vidéo n’était pas très courant et beaucoup plus complexe qu’aujourd’hui. Étonnamment, c’est souvent le moment qui semble le plus banal qui devient littéralement un petit bijou avec le temps.

L’internet presque aussi rapide que la poste ! 

À cette époque, l’étudiant que j’étais voulait installer l’Internet à la maison. Étant en appartement avec un coloc, je devais d’abord avoir son consentement avant de monopoliser quasi totalement la ligne téléphonique. Le jour venu, le coloc en question me demanda si j’avais besoin de bras pour transporter l’Internet dans la maison ou si j’avais besoin d’enlever la porte-patio afin d’y entrer cette grosse affaire-là ! Quelle ne fut pas sa stupéfaction d’apprendre que l’Internet n’était pas une grosse boîte, mais bien un réseau décentralisé ! Avec mon puissant modem 33,6 k qui pouvait théoriquement offrir une vitesse maximale de 3,6 ko par seconde, je découvrais le monde en parcourant, entre autres, Toile du Québec et Yahoo 2, précurseurs de l’indexation des sites Internet.

Le temps de téléchargement avec un modem 33,6 

• Une chanson MP3 : 15-20 minutes

• Une image de résolution moyenne : 1-2 minutes

• Une émission d’une heure en HD : plus de 10 jours

ASV ? 

Bien avant Facebook, les internautes pouvaient se rejoindre sur des canaux I.R.C. (Internet Relay Chat), dont plusieurs sont toujours actifs aujourd’hui. Avec le logiciel très rudimentaire Mirc, vous aviez accès à différents canaux de conversation vous permettant ainsi d’échanger avec les autres internautes sur différents sujets. Chacun avait un surnom (nickname), car contrairement à Facebook, sur un canal I.R.C., personne ne donnait son vrai nom. Une conversation était souvent entamée avec le traditionnel ASV ? (âge, sexe et ville), car l’interface du réseau I.R.C. se déroulant en mode texte, il était impossible de voir les visages des participants. À cette époque les appareils photo numériques, trop onéreux, n’étaient pas destinés au grand public. On devait donc prendre une photo sur papier et la faire scanner afin de pouvoir l’envoyer via transfert ou courriel, ce qui faisait beaucoup d’étapes pour une chose désormais si banale de nos jours ! Les internautes se réunissaient parfois dans les bars afin de faire connaissance, et c’était souvent là que l’on pouvait comprendre pourquoi certains ne se forçaient pas pour faire scanner leur photo. Vous comprenez ce que je veux dire !

Les précurseurs disparus ! 

• Netscape : le fureteur Internet le plus populaire de l’époque, éclipsé peu à peu par Internet Explorer de Microsoft, intégré avec les systèmes Windows. 

• ICQ : le premier système de messagerie instantanée qui nous permettait de rejoindre nos contacts en temps réel. Les utilisateurs se souviendront de la sirène de bateau entendue lors de la connexion. Par contre, vous deviez connaître votre numéro ICQ, ce qui n’était pas très convivial, et il fut rapidement dépassé par le service Messenger de Microsoft. 

• La Toile du Québec : fonctionnant sur un modèle comparable à Yahoo, en indexant les sites internet par catégories, la Toile du Québec était souvent le point de départ de bien des internautes. 

• The Palace : une alternative au très drabe I.R.C., The Palace proposait des salles où les internautes incarnaient de petits avatars, dont les conversations s’affichaient sous forme de bulles semblables aux bandes dessinées. 

Retour dans le temps

Contrairement au support physique, le Web disparaît au rythme des mises à jour… Nous n’avons pas encore le réflexe d’archiver le moment présent sur le Web, d’autant plus qu’il est désormais pratiquement impossible de conserver un site Internet complet en raison de la complexité des bases de données. Le site web.archives.org prend, depuis plus de 20 ans, des copies à intervalles aléatoires de nombreux sites Internet, sauf que les copies sont rarement complètes. 

Le site Internet du film Space Jam, mettant en vedette Michael Jordan, est devenu un classique historique, demeuré intact, nous permettant ainsi de faire un retour dans le temps (www.warnerbros.com/archive/spacejam/movie/jam.htm). 

Ayant des allures très amateurs, il représente tout de même un excellent échantillon sur ce qu’était l’Internet vers la fin des années 1990 !