SmartHalo, le succès québécois sur Kickstarter, propose une ingénieuse interface connectée pour vélo. L'entreprise avait fait une levée de fonds sur le site américain Kickstarter. Le succès fut instantané avec une levée de 500 000 $ alors que l'objectif était de 50 000 $.

À l'ère du sociofinancement

CHRONIQUE / Le sociofinancement, ou financement participatif, est un moyen alternatif de réunir des fonds dans l'élaboration d'un projet. L'émergence des réseaux sociaux a popularisé cette méthode. On n'a qu'à penser à Annie Villeneuve qui avait utilisé laruchequebec.com pour lever plus de 60 000 $ en quelques semaines. N'ayez crainte, je n'utiliserai pas cette tribune pour vous parler de chanson !
Les inventeurs et patenteux de jadis sont désormais de potentiels entrepreneurs internationaux, en mesure de concrétiser beaucoup plus facilement une idée grâce à la combinaison impression 3D et sociofinancement.  Par contre, trop souvent l'enthousiasme que procure un succès rapide, sur Kickstarter par exemple, laisse place à la désorganisation des entrepreneurs qui n'avaient pas anticipé un tel succès. Avoir une idée géniale est une chose, mais être en mesure de la produire à grande échelle en est une autre.  
SmartHalo, le succès québécois sur Kickstarter
La petite entreprise montréalaise, qui propose une ingénieuse interface connectée pour vélo, avait fait une levée de fond sur le site américain Kickstarter. Le succès fut instantané avec une levée de 500 000 $ alors que l'objectif était de 50 000 $. Cette capitalisation rapide permettra littéralement de créer une entreprise. Dominic Simard, originaire d'ailleurs de la région, est  stratège de croissance chez SmartHalo: « Une fois que t'as 3000 personnes qui ont acheté ton produit sur Kickstarter, il faut que tu le livres. Tu n'es pas obligé de le faire parce que les acheteurs sur Kickstarter savent qu'il y a un risque que le produit ne soit jamais livré. Par contre, nous avons commencé les livraisons du produit depuis un mois. »  Le problème de production est souvent dû à la difficulté d'approvisionnement des technologies. « Le problème est dans le hardware. Pour quelqu'un qui veut financer une application pour le téléphone, c'est beaucoup plus facile de livrer, car tu n'as pas à produire une technologie. » Dans une entreprise technologique, la collecte de fonds de 500 000 $ peut s'épuiser rapidement en raison des coûts élevés de développement.
Je vous proposerai bientôt un test complet du SmartHalo alors que mes frêles jambes de geek seront mises à rude épreuve !
Quand c'est trop beau pour être vrai !
Je me suis fait prendre par des idées qui semblaient trop géniales tel que le rasoir au laser sans lame. Je me disais que si Dark Vador était capable de couper la main de son fils Luke avec un sabre laser, et ce, en 1980, je serais sûrement en mesure de couper une vulgaire barbe au laser dans les années 2000 ! Le Skarp se voulait un rasoir révolutionnaire dont le laser fait office de lame tranchante. En quelques jours, le Skarp lève pour plus de 4 millions $ de fonds alors que l'objectif initial était de 160 000 $. Voyant le succès trop rapide de ce produit issu de la science-fiction, Kickstarter décida de suspendre le compte de Skarp affirmant que le prototype n'était pas assez fonctionnel et crédible. Heureusement pour les contributeurs, Skarp n'a pas touché les 4 M$ levés. Par contre, quelques jours plus tard, Skarp apparaît sur la plateforme Indiegogo, qui est beaucoup moins restrictive.
Le drone Lily est un autre exemple de produit prometteur qui a reçu plus de 60 000 précommandes pour une valeur de 34 millions $. Ce drone, qui avait la capacité de vous suivre grâce à un petit récepteur attaché à votre poignet, s'est avéré un échec retentissant. D'ailleurs, selon le SFGate, le procureur de San Francisco veut poursuivre la compagnie pour publicité mensongère et pratiques illégales. En effet, les images tournées pour la promotion du produit se sont révélées mensongères, car elles ont été tournées avec un drone professionnel de plusieurs milliers de dollars muni d'une caméra Gopro.
Des spécialistes de l'arnaque
Le financement participatif amène son lot de fraudeurs. D'ailleurs, il existerait à Hong Kong une école de l'arnaque parfaite ! Certains fraudeurs élaborent même des projets en se faisant passer pour des entreprises canadiennes. En tant que contributeur, il faut être doublement vigilant et souvent s'armer de patience, car rares sont les projets de sociofinancement qui respectent l'échéancier. Pour certains, attendre en vaudra réellement la peine tandis que pour d'autres vous serez pris dans un tourbillon où le vendeur multipliera les mauvaises raisons pour ne pas vous rembourser ! Vous pouvez réellement y laisser votre chemise !