LE PROGRÈS TECHNOLOGIQUES

Une soirée au zoo avec Moment Factory

CHRONIQUE / J’ai eu le privilège de passer une soirée avec l’équipe de Moment Factory, qui s’affairait à préparer la troisième saison du spectacle immersif Anima Lumina au Zoo de Saint-Félicien.

Comme je suis chroniqueur techno, je voulais, à la base, parler de la technique derrière le spectacle, mais de fil en aiguille, mon approche a bifurqué vers une tout autre voie. Bien que la quincaillerie technologique qui anime le spectacle est fort impressionnante, l’approche de Moment Factory se veut discrète en intégrant et dissimulant le matériel de manière à ce qu’il soit quasi invisible le jour. Je pourrais d’ailleurs me perdre dans un délire d’énumération technologique, mais je ne serais qu’un divulgâcheur de magie parce qu’au fond, Anima Lumina ce n’est pas que de la technique, c’est une expérience sensorielle qui vous ramène directement en enfance en vous procurant ce bonheur primaire absent de tout questionnement.

Progrès technologique

Impressionné par le Google Home Max

En magasin depuis déjà quelques semaines, le Google Home Max se veut le nec plus ultra des assistants vocaux sur le marché. Annoncé l’automne dernier, j’attendais ce modèle avec impatience. Après quelques semaines d’utilisation, voici ma critique.

Une solide brique !
Nous avons affaire cette fois-ci avec un produit sérieux d’une construction solide, tout en ayant une facture visuelle plutôt sobre qui se fond bien à tous les décors. Sur le dessus du haut-parleur, il y a un pavé tactile qui vous permet de faire pause sur une chanson et d’effectuer le réglage du volume manuellement. À l’arrière, on retrouve un bouton vous permettant de couper le micro, rendant, par le fait même, l’assistant Google inopérant. Une entrée analogique vous permet de relier ce bijou technologique à des sources musicales plus conventionnelles telles qu’une table tournante, un lecteur de CD ou même un lecteur de cassettes !

Le progrès technologique

L'avenir des fausses nouvelles

CHRONIQUE / Depuis quelques semaines, on me pose de plus en plus de questions à propos des applications qui échangent numériquement les visages sur des vidéos. Je vous avertis tout de suite, cette chronique peut contenir des anglicismes, car les termes techniques ne trouvent pas encore d’équivalents dans la langue de Molière !   

Comme je suis attentif à mon lectorat, je vais tenter à travers cette chronique de vulgariser du mieux que possible le phénomène du deepfake, qui consiste à substituer le visage d’une personne sur une vidéo par le visage d’une autre. Il y a quelques mois, une série de vidéos à caractère obscène mettant en vedette des célébrités dont le visage a été usurpé a fait son apparition sur Internet. Une scène à caractère pornographique mettant en vedette Gal Gadot (Wonder Woman) eut l’effet d’enflammer littéralement la toile par son réalisme. Le travail derrière cet exploit n’est exécuté non pas par un animateur 3D professionnel, mais bien par un logiciel d’intelligence artificielle. Pour réaliser cet exploit, vous n’avez pas besoin d’un équipement digne d’un studio hollywoodien. Il est désormais possible de le faire avec un simple ordinateur muni d’une bonne carte graphique. Ce tour de force est fait grâce au logiciel FakeApp qui analyse image par image une séquence vidéo, afin de recréer le plus fidèlement possible chaque expression avec un nouveau visage. Le logiciel utilisera toute la puissance de calcul disponible de l’ordinateur qui sera sollicité de nombreuses heures, voire de nombreux jours, afin de raffiner la précision du subterfuge. Contrairement aux techniques habituelles de substitution de visages, qui consistaient à une découpe manuelle image par image, la technologie derrière FakeApp utilise le logiciel d’apprentissage profond (deep learning) Tensorflow conçu par Google, afin d’apprendre les expressions d’un visage pour les recréer numériquement avec un autre. Actuellement, nous en sommes qu’aux balbutiements de cette technologie et les résultats sont étonnants. J’imagine que d’ici quelques années, la précision sera encore plus grande et l’arnaque plus dangereuse.

Cette semaine, c’était au tour du site Buzzfeed de concevoir sa propre vidéo, usurpant l’identité de nul autre que Barack Obama. Dans cette vidéo devenue fort rapidement virale, on peut y voir un Barack Obama grossier envers Donald Trump. Ce qui frappe immédiatement l’imaginaire, c’est que le subterfuge est si bien fait qu’une majorité d’internautes se sont fait duper, et ce, malgré les avertissements de BuzzFeed, qui titrait son article ainsi : «Vous regardez l’avenir des fausses nouvelles et de la propagande.» 

Au-delà du visage, la voix peut également être substituée non pas grâce au traditionnel humoriste imitateur, mais bien via l’intelligence artificielle. L’entreprise Montréalaise Lyrebird, qui se spécialise dans la copie numérique de la voix, a d’ailleurs travaillé sur la vidéo de BuzzFeed afin, de recréer la voix de l’ancien président américain.

Cette étonnante précision laisse présager le pire en matière de fausses nouvelles et propagandes qui pourraient même déclencher une «infocalypse», c’est-à-dire un point de non-retour entre l’information et la désinformation. Avec les avancées spectaculaires de l’intelligence artificielle, combinée aux puissances de calculs répartis telles les chaînes de blocs, il y aura une prolifération rapide de fausses nouvelles vidéos, car elles seront faciles et rapides à produire. Qui sait un jour, le faux prendra peut-être le dessus sur le vrai, en proposant du rétro divertissement en temps réel avec Elvis à la tête d’un talk-show qui s’entretient avec Marilyn Monroe !

Le progrès technologique

L'iPad 2018 au banc d'essai

CHRONIQUE / Il y a quelques semaines, via cette tribune, je vous faisais un résumé de la conférence de Tim Cook, PDG d’Apple, annonçant en grande pompe un nouvel iPad conçu, entre autres, pour le secteur de l’éducation. J’ai la chance de tester, depuis quelques jours, la toute nouvelle tablette d’Apple.

Comme pour la majorité des produits Apple, la qualité est au rendez-vous. L’appareil est fidèle à ses prédécesseurs et son boîtier en est d’ailleurs quasi identique. Si vous avez un iPhone tournant sous iOS 11, la configuration de votre nouvel iPad sera grandement simplifiée, car vous n’aurez qu’à approcher votre téléphone de la tablette pour que vos paramètres soient transférés comme par magie. Il est certain que le commun des mortels qui utilise sa tablette que pour publier des photos de chatons sur Facebook ne verra aucune différence de performance entre le nouveau modèle et le iPad Air 2 sorti il y a maintenant plus de trois ans. Par contre, pour ceux qui utilisent des applications nécessitant plus de ressources, l’écart devient notable entre le modèle 2018 et le iPad Air 2. 

J’ai essayé de nombreux modèles de tablettes cette année, en excluant les modèles professionnels, le iPad 2018 est de loin l’appareil le plus performant et le plus simple d’utilisation actuellement sur le marché. 

Le crayon magique 

Jadis réservé uniquement à la gamme iPad Pro, l’Apple Pencil est désormais disponible pour la dernière mouture du iPad. Vendu 129 $, il n’est toutefois pas qu’un vulgaire bout de plastique. En effet, malgré son allure de simple stylet, il ne renferme ni plus ni moins qu’un mini-ordinateur permettant ainsi d’atteindre une précision sans précédent. Par contre, vous aurez un appareil de plus à recharger ! En intégrant le stylet au nouvel iPad, Apple répond aux nombreuses doléances faites par les enseignants et leurs étudiants, utilisateurs quotidiens de la tablette. Le duo stylet/iPad est si efficace qu’il remet en question la pertinence sur le marché du iPad Pro 10,5, bien que légèrement plus performant, dont le prix de départ frôle les 900 $. 

La réalité augmentée

Je ne suis pas encore impressionné par la réalité augmentée qui est d’ailleurs l’un des principaux arguments de vente du nouvel iPad. Peu importe l’appareil ou la technologie, personnellement la réalité augmentée ne me laisse ni chaud ni froid, probablement parce que nous n’en sommes qu’aux balbutiements et que le réalisme de celle-ci n’est pas encore tout à fait à point. Par contre, les applications que j’ai utilisées étaient tout de même intéressantes et, placées dans un contexte scolaire, elles peuvent devenir une aide pédagogique fort pertinente si utilisée avec parcimonie. 

Progrès technologique

Quand l'Apple Watch résout un crime

CHRONIQUE TECHNO / Avec la popularité sans cesse grandissante des objets connectés, de plus en plus de gens sont désormais traqués, indexés et comptabilisés à travers d’immenses bases de données. Cette masse de données peut désormais servir de preuve lors d’un procès afin de consolider un alibi ou incriminer un suspect.

Cette semaine, on a vu apparaître l’un des premiers cas où la preuve s’appuie sur des informations enregistrées sur une montre intelligente Apple Watch afin de résoudre un homicide. Myrna Nilsson, une femme de 57 ans, a été retrouvée morte dans la salle de lavage de sa résidence de Valley View dans le nord-est d’Adélaïde, en Australie. L’affaire remonte à septembre 2016, quand la police fut appelée à intervenir après que Caroline Dela Rose Nilsson, 26 ans, ait surgi de la résidence familiale vers 22h10, bâillonnée et en état de panique. Dans sa déposition, Caroline Nilsson a raconté aux policiers que sa belle-mère avait été victime d’une altercation d’une vingtaine de minutes avec un groupe d’hommes, qui a débuté à l’extérieur de la résidence pour se transporter par la suite à l’intérieur. Les prétendus brigands auraient ligoté la jeune femme qui était alors dans la cuisine, tandis que la prise de bec avec la belle-mère atteignait son macabre crescendo dans la salle de lavage. Les loubards se seraient enfuis après avoir sauvagement assassiné la belle-mère, ce qui a permis à Caroline Nilsson de sortir de la maison en panique afin d’alerter le voisinage. 

Quand les enquêteurs ont tenté de corroborer la déposition de Caroline Nilsson avec les preuves recueillies, il y avait un problème au sujet de l’heure exacte de l’altercation et de la mort de la belle-mère. En effet, la victime portait une montre intelligente Apple Watch qui possède une série de capteurs mesurant l’activité physique, les déplacements ainsi que la fréquence cardiaque. Selon les données recueillies par la montre, une activité cardiaque intense a débuté un peu après 18h30 pour se terminer vers 18h45 avec la mort de la victime. Il y a donc une différence de plus de trois heures entre la sortie de Caroline Nilsson et le décès de sa belle-mère, ce qui a pu lui laisser amplement de temps pour monter la scène de crime et dissimuler des preuves. Les données de la montre intelligente ne mentent pas et tracent un portrait précis du fil des événements. Le procès, dont le dénouement est prévu pour juin prochain, deviendra peut-être un précédent dans l’élaboration des enquêtes policières. Un jour, la panoplie d’objets connectés agira de concert avec les forces de l’ordre afin de reconstituer des scènes de crimes avec précision, un peu à la manière des boîtes noires en aviation. 

Dans une tout autre affaire, aux États-Unis, la justice a tenté en vain d’obtenir les données recueillies par un assistant vocal Alexa d’Amazon qui serait vraisemblablement le seul «témoin» de la scène du crime.  Les assistants vocaux écoutent en permanence les conversations afin de réagir plus rapidement aux demandes des utilisateurs lorsqu’ils prononcent les mots de déclenchements (OK Google, Dit Siri, Alexa…) une mémoire tampon servant à l’analyse des données est alors conservée. Tout ce que vous demandez à l’assistant vocal après avoir utilisé le mot de déclenchement est conservé dans votre dossier. Par exemple, pour l’assistant Google, vous pourrez écouter toutes vos requêtes sur le site myactivity.google.com, ce qui est d’ailleurs assez flippant. Sur le même site, vous trouverez également votre historique Internet, vos recherches ainsi que vos déplacements si vous avez un téléphone Android.  Chez Apple, l’assistant vocal Siri vous attribue, lors de votre première requête, un numéro aléatoire unique complètement indépendant de votre identité iTunes, ne permettant pas la consultation de votre historique. D’ailleurs il y a quelques années, le FBI avait eu recours à des pirates informatiques afin de pouvoir consulter les données cryptées d’un iPhone qui appartenait à l’un des auteurs de la fusillade de San Bernardino, en Californie, et qui avait fait 14 morts. Apple avait au préalable refusé de débloquer le téléphone pour le FBI, ce qui avait entraîné un véritable bras de fer avec la justice américaine. 

Avec toute la grogne qu’alimente actuellement l’éthique et la confidentialité sur Internet, il est plutôt ironique de penser que ce manque d’éthique pourrait servir à faire régner l’ordre! Donc, dans un monde idéal, en cas d’agression, ayez sur poignet une montre intelligente et si cela se passe dans votre domicile n’oubliez pas de dire: «OK, Google Joe Blow est en train de m’assassiner ! »

Progrès technologique

Les enseignants dans la mire d’Apple

Le marché des tablettes électroniques est depuis quelques années en perte de vitesse, car ce sont généralement des produits plus durables que les téléphones intelligents, et ils nécessitent un cycle de renouvellement plus espacé. Afin de faire mousser les ventes, les manufacturiers ont opté, il y a quelques années, pour des tablettes réservées aux professionnels.

On a qu’à penser à la Surface Pro de Microsoft et à l’iPad Pro d’Apple. Par contre, ce sont des produits haut de gamme qui cannibalisent littéralement le marché des ordinateurs portables. Apple présentait cette semaine un nouveau iPad avec la propension d’être l’outil idéal pour le secteur éducationnel.  

Le secteur de l’éducation est d’ailleurs un naturel pour Apple depuis déjà 40 ans, époque où l’Apple II dominait outrageusement le marché de l’ordinateur personnel. 

Avec le temps, les parts de marché du géant de Cupertino se sont grandement érodées, frôlant même l’extinction dans les années 90, dominées par Microsoft. 

Depuis le début des années 2010, nous assistons à une explosion technologique accélérée par la multiplication des plateformes et des contenus. Cette révolution matérielle, qui a pour combustible le volume sans cesse grandissant d’applications, prend désormais d’assaut le secteur fort lucratif de l’éducation. 

La domination de Microsoft et d’Apple est maintenant chose du passé avec l’arrivée de Google et de ses solutions simples et abordables pour les écoles. 

Le secteur de l’éducation fait face constamment à des restrictions budgétaires, et ce, malgré le fait qu’il doit suivre l’évolution technologique. L’escalade des coûts en infrastructures informatiques peut rapidement saper un budget, et c’est pour cela que les décideurs se tournent vers des solutions moins onéreuses, qui carburent aux logiciels libres. 

Lors du choix technologique, les décideurs doivent aussi tenir compte du coût d’acquisition pour l’élève, car trop souvent, la facture est salée et refilée aux parents. 

Les solutions de Google sont très attrayantes pour les écoles en raison du faible coût d’acquisition des appareils, qui sont souvent à moins de 250 $ l’unité, ce qui est pratiquement deux fois moins cher que la concurrence. 

Avec l’arrivée du iPad en 2010, Apple voulait reprendre des parts de marché dans le secteur de l’éducation en offrant des solutions de gestion pour les écoles. Mais à près de 500 $ l’unité, le iPad n’a pas obtenu, dans les écoles, le succès anticipé, mais a tout de même créé un besoin auprès des professeurs désireux de moderniser les techniques d’apprentissage. 

Ce besoin a été comblé en partie par le iPad, mais bon nombre d’écoles optent pour les solutions plus abordables de Google. 

Le nouvel iPad

Bien que l’annonce d’un nouvel iPad est à des années-lumière de l’euphorie collective que représente celle d’un nouvel iPhone, j’étais néanmoins curieux de voir ce que le géant à la pomme avait à nous mettre sous la dent.

 Encore une fois, Tim Cook, le taciturne PDG d’Apple, était sur scène pour nous présenter un nouveau produit. Bien qu’il soit probablement un excellent gestionnaire, il n’a pas le charisme que Steve Jobs avait pour décrire un nouveau produit. 

D’ailleurs, Jobs doit se retourner dans sa tombe, car le nouvel iPad pourra utiliser un stylet comme le iPad Pro. Le stylet a d’ailleurs été l’une des raisons pour laquelle Jobs a tué l’assistant personnel Newton dans les années 90. « Dieu nous a donné 10 stylets, n’en inventons pas un autre », racontait-il dans sa biographie. 

Le nouvel iPad, d’un format de 9,7 pouces, sera plus puissant que son prédécesseur, ce qui permettra d’intégrer la réalité augmentée. 

Avec un prix de 399 $ pour les étudiants et de 429 $ pour le commun des mortels, Apple veut offrir un produit « abordable » de qualité. 

Schoolwork

L’application Schoolwork offrira aux enseignants une gestion complète de la classe numérique. La distribution des devoirs et des projets numériques sera simplifiée, de même que la définition des échéanciers, qui facilitera grandement le travail des enseignants. 

Pour compétitionner avec Google, Apple revoit à la hausse son offre iCloud pour les étudiants, en proposant désormais 200 Go de stockage. 

Cet iPad offre une puissance se rapprochant du iPad Pro pour une fraction du prix. 

L’utilisation du stylet, vendu séparément pour 129 $,  permet d’utiliser le iPad comme un véritable bloc-notes où les notes manuscrites côtoient dessins et gribouillages. Un stylet moins onéreux sera disponible via Logitech pour une soixantaine de dollars. 

Les démonstrations de réalité augmentée semblent très prometteuses, et c’est selon moi un attrait majeur dans le domaine de l’éducation, pourvu que les développeurs suivent la parade.

Le progrès technologique

Les algorithmes et le pouvoir

Ceux qui me lisent assidûment connaissent la réticence que j’éprouve par rapport aux géants Internet, Facebook et Google dans leur manière insidieuse de monnayer les données personnelles. Moi qui ne cesse de répéter à qui veut bien l’entendre que sur Internet, rien n’est gratuit.

Facebook, Google et tous les autres réseaux sociaux vous offrent un service gratuitement, mais sont, par la bande, financés par la cueillette de vos informations personnelles. 

Si c’est gratuit, vous êtes le produit. 

(Cette dernière n’est malheureusement pas de moi ! ) 

Après le cheval de Troie...Le cheval de Trump

L’entreprise Cambridge Analytica, qui se spécialise dans l’analyse de données, est accusée d’avoir récolté, sans consentement, les informations personnelles de près de cinquante millions d’utilisateurs de Facebook dans le but de faire du micro ciblage publicitaire et ainsi influencer les électeurs. Pour réussir ce tour de force, ils ont fait appel à un chercheur de l’université de Cambridge, afin de concocter une application du nom de «thisisyourdigitallife» qui se veut au départ un test de personnalité dont les participants sont rémunérés quelques dollars. L’application est alors téléchargée plus de 200 000 fois et collecte les informations personnelles des utilisateurs et qui plus est, celles de leurs contacts Facebook afin de constituer une immense base de données. Cette application agissait à la manière d’un cheval de Troie en s’infiltrant dans les comptes Facebook des amis, bifurquant ainsi de sa mission première. L’aspiration des données personnelles des contacts se fait évidemment sans leur consentement, mais, à cette époque, Facebook permettait ce genre de pratiques douteuses. 

Bannon et ses données

En 2016, Stephen Bannon, vice-président de Cambridge Analytica, devient directeur de la campagne présidentielle de Donald Trump. Les données supposément récoltées dans un but académique sont achetées par l’équipe de Trump, afin de cibler avec une plus grande précision les électeurs. Le micro ciblage des publications Facebook dans un cadre électoral permet de bombarder les électeurs de publicité adaptée à leurs intérêts, mais cela permet également de diffuser de fausses informations à des fins de propagande.

Nous avons tendance à diaboliser Donald Trump, mais il n’est pas le premier à utiliser ce type de stratagème. D’ailleurs, pour la présidentielle de 2012, Barack Obama a utilisé une méthode basée sur «la puissance de l’amitié» afin de récolter des données personnelles. Le journal The Guardian explique très bien la stratégie de l’époque, qui consiste à inscrire obligatoirement, via Facebook, les partisans, les bénévoles et les employés de l’équipe Obama. L’inscription permettait d’extraire les informations personnelles des membres ainsi que celles de leurs amis. «Si vous vous connectez avec Facebook maintenant, la campagne vous a connecté avec toutes vos relations» déclarait à l’époque un organisateur de la stratégie numérique d’Obama. 

Au Canada, les libéraux de Justin Trudeau ont embauché la firme Precision Strategies, une entreprise américaine fondée par les génies de la campagne Obama 2012. L’équipe dirigée par Jennifer O’Malley Dillon, ancienne directrice adjointe pour la campagne Obama 2012, avait pour mission de créer des stratégies à l’aide des données dans le but d’obtenir un contact plus ciblé avec les électeurs. Selon Madame O’Malley Dillon, «en remportant les élections parlementaires au Canada, les libéraux ont fait plus que de la sagesse conventionnelle et affichaient leur meilleure performance en 40 ans. Ils ont également démontré le pouvoir d’une campagne de base axée sur les données et d’un message cohérent et optimiste de croissance économique». Cette campagne ciblée avait pour but de faire sortir l’électorat en envoyant un message d’espoir et de jeunesse, un vent de renouveau poussé par le truchement des médias sociaux. 

Utilisés à outrance pendant la campagne électorale de 2015, les médias sociaux semblent le fer de lance du gouvernement Trudeau qui investit des sommes colossales dans ce qui semble être désormais le canal de prédilection de l’État. 

Est-ce que Cambridge Analytica a eu un impact si grand dans la campagne de Trump? Selon moi, ce n’est qu’une marche de l’escalier qui mène au pouvoir, car l’électorat des années 2010 semble plus volatil que jamais. Par contre, ce qui est inquiétant, c’est de voir qu’un électeur n’est maintenant qu’une simple colonne statistique dans l’infini du Big Data. Que son vote est désormais acheté à grand coup de campagnes publicitaires ciblées sur les réseaux sociaux. Dans l’fond, Hillary Clinton a été battue par quoi ? Par l’argent et les algorithmes. 

Chroniques

Les mégadonnées, un enjeu économique majeur

CHRONIQUE TECHNO / Connaissez-vous les mégadonnées, appelées communément le big data? Ce sont en fait des ensembles de bases de données si volumineuses qu’elles deviennent difficilement interprétables par l’humain et par la machine. En fait, tout ce qui est numérique peut servir le big data, et ainsi servir à des fins commerciales, sociologiques et scientifiques.

Le big data est engrossé quotidiennement de plusieurs trillions d’octets sous diverses formes. La moindre donnée transitant sur les réseaux peut nourrir la bête qui, par surcroît, possède un appétit sans fond. 

Les géants de l’Internet ont une longueur d’avance dans l’interprétation des données, mais nous en sommes tout de même qu’aux balbutiements de cette technologie. 

Le grand nombre de données dispersées à travers le monde via diverses méthodes d’entreposage, d’indexation et de langage empêchent actuellement l’exploitation à pleine capacité de ce flow continu.

Bien que le big data se veut un environnement de données décentralisé, il est par contre souvent utilisé en silo afin d’interpréter les informations précises récoltées localement par les entreprises. 

Google est un chef de file dans la récolte de données, grâce à sa plateforme Google Analytics, qui permet aux sites Internet d’avoir des statistiques précises d’achalandage en traçant ainsi un portrait des habitudes de navigations des utilisateurs. Lorsque vous magasinez quelque chose sur Internet, vous avez sûrement remarqué que dans les jours qui suivent, les publicités affichées concernent ce que vous avez magasiné précédemment. N’allez pas vous acheter un 6/49 pour rien, car ce n’est malheureusement pas le destin qui frappe, mais un algorithme savamment déployé afin de cibler vos habitudes de consommation en temps réel. 

Le big data est une matière première inépuisable, dont on connaît le potentiel sans toutefois avoir les capacités nécessaires afin de l’exploiter convenablement.

Le Québec, leader mondial?

La corrélation d’une masse critique de données interprétées par une puissance de calcul décentralisée sera au coeur de la révolution informatique du big data. Cet amalgame massif de données peine actuellement à être déchiffré, mais avec le développement de l’intelligence artificielle, il sera possible d’obtenir une utilisation plus poussée du concept en corroborant ensemble diverses informations jadis orphelines. 

Une puissance de calcul colossale sera évidemment nécessaire afin d’obtenir des résultats fiables et rapides. Nous assisterons probablement à la naissance de fermes composées de petits calculateurs similaires à ceux utilisés dans le minage de cryptomonnaie. Une bourse du big data verra le jour, convertissant ainsi la puissance de calcul en puissance économique. 

Le Québec, qui est déjà un chef de file dans le domaine de l’intelligence artificielle, pourrait devenir un leader mondial en la matière, avec son vaste réseau hydroélectrique, qui permet d’alimenter à faible coût les usines à calculs. 

Dans son éditorial du 24 mai 2017, le collègue Marc St-Hilaire suggérait d’ailleurs que le Québec devienne «la pépinière nord-américaine du big data». Ce Klondike technologique ne doit pas échapper aux Québécois, car il représente un enjeu majeur sur l’échiquier économique mondial. 

Par contre, le développement de l’intelligence artificielle apporte son lot d’inquiétudes à commencer par le contrôle de l’humain sur la machine. Est-ce que les machines, ayant la capacité d’apprentissage, seront en mesure de prendre des décisions favorisant d’autres machines au détriment de l’humain? 

Un peu comme HAL, l’ordinateur dans 2001, l’Odyssée de l’espace, les machines se protégeront-elles de l’humain ? 

Même si beaucoup d’entres-vous êtes déjà, en quelque sorte, esclave de la technologie, est-ce qu’un jour, le big data rendra l’humain véritablement l’esclave de la machine? 

Cette vision apocalyptique à la Terminator n’est pourtant pas si utopique, car nous devrons établir des limites à l’intelligence artificielle afin que la machine demeure une machine!  

Qui sait, un jour, vous serez peut-être au service de votre grille-pain!

Progrès technologique

L’éthique informatique

CHRONIQUE / Cette semaine, on apprenait que le Federal Bureau of Investigation (FBI) utilisait les ateliers de réparation de la compagnie Best Buy aux États-Unis afin de recueillir des informations personnelles contenues sur les ordinateurs des clients.

En effet, depuis près d’une dizaine d’années, le FBI aurait offert des primes de 500 $ US à certains techniciens de la Geek Squad afin de fournir des informations personnelles, et ce, sans avoir besoin d’obtenir un mandat. Advenant le cas que de l’information pertinente se trouve à l’intérieur de l’ordinateur fouillé, le FBI pouvait, dans certains cas, demander un mandat. 

La rançon offerte laisse planer plusieurs doutes quant à l’éthique des techniciens de la Geek Squad aux États-Unis. Ce fameux 500 $ faisait-il en sorte que chaque ordinateur réparé était scruté à la loupe afin de déceler la moindre infraction ? Sur le grand nombre de clients traités quotidiennement, il est évident que la grande majorité de ceux-ci n’étaient susceptibles d’éveiller le moindre soupçon. Par contre, leurs ordinateurs étaient probablement fouillés par les techniciens à la recherche de la perle rare pouvant incriminer le détenteur de la machine défectueuse. 

On ne connaît pas encore l’étendue de ce stratagème, mais il n’en demeure pas moins que nous devons nous questionner sur certaines règles d’éthique que les techniciens doivent adopter.

Vie privée

Lorsque vous confiez votre ordinateur à un technicien, il doit y avoir un lien de confiance envers celui-ci, car une bonne partie de votre intimité se retrouve alors entre les mains d’un étranger.

Avec la numérisation des contenus traditionnellement papier, l’ordinateur fait désormais office de mémoire familiale, reléguant aux oubliettes la bonne vieille boîte à chaussures remplie de photos !

Étant moi-même un technicien en informatique depuis une vingtaine d’années, j’ai toujours porté un grand soin à la vie privée de mes clients en réparant leur ordinateur sans fouiller le contenu de celui-ci. Sauf que si, par mégarde, je tombe sur des fichiers répréhensibles par la loi, la dénonciation est la seule option possible.

Manque d’encadrement

Un code d’éthique écrit noir sur blanc éliminerait les zones grises permettant ainsi aux techniciens d’agir de manière uniforme. Les techniciens en informatique ne sont pas encadrés sous l’égide d’un ordre quelconque, qui assurerait la standardisation des services, ou d’un code d’éthique bien défini. 

Bien que le métier soit en constante évolution, il faut toutefois se rendre à l’évidence qu’il prend parfois des allures de Far West, où les charlatans côtoient les véritables professionnels. Pour la clientèle, il devient alors extrêmement difficile de choisir, car n’importe quel « ti-coune » peut s’improviser technicien. 

Ce manque d’encadrement provoque inévitablement un écart majeur au niveau des tarifs, car certaines entreprises investissent des sommes colossales dans la formation et la certification de leurs techniciens, ce qui fait grimper la facture, tandis que dans d’autres entreprises, les « techniciens » sont laissés à eux-mêmes. 

Au Québec, un regroupement professionnel est souvent synonyme de dédale administratif qui, avec l’usure du temps, s’éloigne de sa mission première, embourgeoisé par les cotisations des membres.

L’informatique englobe aussi une multitude de spécialisations, que ce soit au niveau des infrastructures réseau, des serveurs ou même de certains logiciels. Malgré toutes ces spécialisations, l’informaticien est, dans bien des cas, en mesure d’en couvrir un bon nombre, ce qui nous écarte alors du modèle de l’industrie de la construction québécoise, qui segmente chaque corps de métier.

Les certifications apportent une crédibilité ainsi qu’une expertise qui n’est malheureusement pas valorisée à son juste prix parce que dans bien des situations, elle n’est pas obligatoire afin d’assurer un service. 

Pour bien des gens, « le gars d’informatique » n’est qu’un geek qui pratique une profession qui n’en est pas vraiment une, car lui, il aime ça, les ordinateurs ! Le « pitonneux de service », qui n’entretient pas de vie sociale au-delà de son écran, mérite tout de même le respect, car il est souvent névralgique dans le fonctionnement des entreprises. 

Le cas de Best Buy aux États-Unis nous porte à réfléchir sur la confidentialité des clients, mais aussi sur les enjeux au niveau de la main-d’oeuvre, qui est trop souvent démunie de ressources.

La prime de 500 $ US est très alléchante, car la rémunération dans ce domaine est près du salaire minimum. La compétence coûte cher, mais l’incompétence encore plus. Parlez-en aux fonctionnaires fédéraux aux prises avec le système de paye Phénix. 

Progrès technologique

La Fire HD 8

Le marché des tablettes est en perte de vitesse depuis quelques années. Contrairement à un téléphone intelligent dont la durée de vie est hypothéquée par l’usage abusif, la majorité des tablettes sont quant à elles utilisées dans des conditions optimales ce qui étire leur cycle de remplacement. Amazon offre de bonnes tablettes à un prix fort raisonnable. J’ai eu la chance d’utiliser la Fire HD 8 pendant un mois et voici mon compte rendu.

La petite tablette est livrée dans un emballage simpliste de carton orangé, qui comprend un câble mini-USB ainsi qu’un petit bloc de charge. Le design de la tablette est robuste et sobre, mais plus lourd que la moyenne des produits de tailles comparables. Avec son processeur quadricoeurs de 1,3 GHz couplé à sa mémoire vive de 1,5 gigaoctet, la Fire HD 8 offre des performances honnêtes sans toutefois avoir la fluidité d’un iPad mini. Le gros bémol du produit se situe au niveau de son système d’exploitation Fire OS qui est une évolution du système Android sans toutefois offrir les applications du Google Play traditionnel. Amazon tente ainsi de faire converger l’utilisateur vers son propre écosystème qui n’offre pas autant d’applications que sur le Google Play. Les applications Amazon fonctionnent très bien ainsi que Netflix et Facebook, mais le choix d’application est restreint en comparaison à l’App Store d’Apple ou le Google Play. Il est par contre possible de bidouiller la tablette, moyennant certaines connaissances avancées en informatique, pour ainsi être en mesure d’installer les applications Android conventionnelles.

L’étui protecteur qui se vend 40$ est de très bonne qualité et offre un bon support pour utiliser la tablette pour écouter un film. Vendue 100$ pour la version de 16 gigaoctets et 130 $ pour sa version de 32 gigaoctets, la Fire HD 8 est un très bon produit d’entrée de gamme pour visionner des vidéos ou écouter de la musique, car malgré son prix, elle possède une qualité sonore bien supérieure au iPad ! Le rapport qualité-prix est excellent et je recommande le produit à ceux qui désirent un appareil robuste avec une bonne autonomie, idéal pour le camping ou le chalet. 

Ce que j’ai aimé

• Conception robuste

• Durée de la batterie

• Qualité sonore 

• Prix

Ce que j’ai moins aimé

• Écosystème restrictif

• Qualité d’image inférieure