Portons une attention particulière à nos aînés

CHRONIQUE / « Parler du suicide sauve des vies. » C’est le thème de la 29e semaine nationale de la prévention du suicide. Cette semaine, qui se termine aujourd’hui, a pour objectif de nous démontrer que la prévention, c’est l’affaire de tous les gens. C’est collectivement que nous allons et que nous devons changer les choses.

Il faut ouvrir la conversation dans nos familles, entre amis, dans nos milieux de travail et de vie. Il faut oser parler de nos émotions, de nos souffrances, de nos peurs, et surtout de cette détresse qui, parfois, nous habite. Il faut pouvoir aller à la rencontre de l’autre et lui poser les vraies questions. Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide afin d’être accompagné dans ce processus.

On se doit de ne pas oublier que certains de nos aînés sont également fragilisés par la problématique du suicide, qu’ils vivent eux aussi des situations qui peuvent les rendre vulnérables à la détresse.

La façon d’exprimer cette dernière pour les hommes et les femmes est bien différente, tout comme elle l’est pour les jeunes et les aînés.

Voilà pourquoi il faut vraiment ouvrir la conversation et nommer les choses.

Si le sujet est tabou dans la population en général, il l’est d’autant plus chez les personnes âgées.

On sait qu’au Québec, 20 % des 65 ans et plus n’ont ni famille ni ami et que le fait d’être isolé, de ne pas avoir de réseau sur lequel compter, rend ces gens vulnérables à la détresse.

Même si la situation des aînés s’est grandement améliorée au cours des dernières décennies, les données récentes montrent que les gains observés s’atténuent.

En moyenne, ces personnes ont des revenus inférieurs à la plupart des groupes d’âge. Environ 12 % de l’ensemble des aînés se considèrent comme pauvres ou très pauvres. Et nous savons que la pauvreté amplifie le risque d’isolement social, tout comme le manque d’information et le piètre état de santé.

Si vous remarquez qu’une personne se dévalorise et ne semble plus prendre goût à la vie ou qu’elle est irritable et instable émotivement, soyez vigilants. Le repli sur soi et le retrait peuvent aussi être des signes de détresse.

Soyons à l’écoute des gens qui nous entourent, et surtout, faisons preuve de sensibilité envers ceux et celles pour qui il est plus difficile d’exprimer la souffrance qui les habite. Je vous invite à faire partie du mouvement de la prévention du suicide ! Ensemble, continuons d’ouvrir la conversation, car, je le rappelle, « parler du suicide sauve des vies ».

Si vous souhaitez obtenir de l’information sur la réalité des aînés en 2019, visitez le site www.cps02.org/. Le Centre de prévention du suicide 02 offre aussi de la formation aux proches aidants, que nous appelons les « sentinelles aînées ». Cette formation aide à détecter la détresse suicidaire et permet de connaître les ressources des différents milieux qui sont offertes aux personnes du troisième âge.

Cela permet de mettre en place un filet de sécurité.

Le programme PAIR, un service d’appels automatisés, est aussi offert gratuitement pour toute la population. Ce service d’appels quotidiens permet aux personnes à risque ou qui vivent seules de se sentir en sécurité.

Besoin d’aide ? 1 866-APPELLE (277-3553). Cette ligne, disponible 24 heures sur 24, sept jours sur sept, est pour vous ou pour un proche.

Annie Laviolette

Responsable du service communication, prévention et qualité

Centre de prévention du suicide 02