Le bénévolat est une bonne option pour donner un coup de main à la communauté.

Passer de la parole aux actes

CHRONIQUE / Depuis que je suis journaliste, je me suis dit à quelques reprises que j'avais peut-être raté ma vocation. J'aime mon métier, cela n'a rien à voir, mais lorsqu'on est journaliste, on est appelé à côtoyer des gens de toutes les sphères de la société. Et, surtout, nous rencontrons des gens issus de toutes les professions inimaginables. De quoi donner de bonnes idées sur les opportunités de carrière...
En couvrant l'actualité judiciaire, je me suis dit que j'aurais pu être une bonne avocate. En discutant avec des attachés politiques, je me suis dit que ce métier aurait pu être captivant. En réalisant des entrevues avec des psychiatres, je me suis dit que leur métier devait être passionnant. En visitant des chantiers de construction, je me suis dit que j'aurais très bien pu faire ma carrière en tant que menuisière ou électricienne, simplement dans l'espoir de faire grimper (un peu) le pourcentage de femmes dans cette industrie.
Contrairement à bien des journalistes, je n'ai pas encore eu l'appel de la politique. Mais comme bien des journalistes, il m'arrive de vouloir donner un coup de main à la société. Nous sommes trop souvent témoins d'événements ou d'injustices, faisant en sorte qu'il est bien difficile de ne pas avoir envie de faire bouger les choses, à notre façon. C'est pourquoi, si je devais changer de carrière demain, je me dirigerais sans aucun doute vers un métier ayant une portée sociale.
Je me verrais très bien devenir travailleuse sociale ou intervenante communautaire. J'ai toujours eu un faible pour les moins bien nantis, les laissés pour compte ou ceux qui n'ont pas la force ou les moyens de se défendre. Je suis souvent charmée par ceux et celles qui ne l'ont pas eu facile ou qui se démènent pour faire de la société un monde meilleur. J'aime les gens. Mais je les aime encore plus lorsqu'ils ne l'ont pas eu facile.
On me taquine souvent en me disant que j'ai trop pitié des personnes que je rencontre. « On va envoyer Patricia couvrir ceci ou cela, c'est son genre, c'est un sujet avec des gens qui en arrachent », m'a-t-on dit à maintes reprises. Et ce n'est pas faux. J'ai toujours espoir de donner la parole à ceux et celles dont une trop grande majorité de la population se balance.
Bien que je ne sois en rien une intervenante de première ligne, j'aime penser que certains de mes écrits ont permis à des gens marginaux de s'exprimer et de se faire entendre, chose qui ne serait peut-être pas arrivée si les journalistes ne s'en étaient pas mêlés. Faire prendre conscience à monsieur et madame Tout-le-monde de certaines injustices qui se commettent tous les jours est sans doute ma plus grande récompense.
Je dois avouer que je suis encore loin de vouloir changer de carrière. Mais, de plus en plus, je me dis que je pourrais certainement en faire davantage pour donner un coup de main à la communauté. Le bénévolat est l'une des options que j'envisage de plus en plus. Et j'ai fait quelques démarches en la matière. Je vous en reparlerai certainement bientôt, en espérant que mes tentatives porteront fruit d'ici là !