Neuf idées pour réinventer Noël

Le décompte est commencé. Il ne reste que quelques semaines avant Noël. Mais cette année, c’est décidé, on fête différemment!

Exit le repas de dinde aux canneberges, la famille élargie qui envahit notre demeure pendant trois jours et la montagne de cadeaux qui fait exploser la maison. Les conventions et les traditions s’envolent par la fenêtre et on vit Noël à notre façon. Avouons-le, ça prend du courage pour ne pas céder à la pression de la société ou de la famille. Mais une fois n’est pas coutume...

Au Québec, les traditions de Noël sont reliées à la religion catholique et à l’hiver, rappelle Martine Roberge, professeure d’ethnologie à l’Université Laval. «À l’époque de la ruralité, l’hiver était la saison morte et le seul temps où l’on pouvait se réjouir. Le temps des Fêtes était particulièrement propice aux rencontres de famille.» Noël se fêtait entouré de la famille immédiate, alors que la famille étendue était conviée aux festivités du Jour de l’an.

Avec le déclin de la religion, la fête a changé, mais son sens premier demeure, dit Mme Roberge. «C’est un moment pour se retrouver, être unis, s’entraider.» Noël a également toujours été relié à une trêve des conflits dans le monde, rappelle la professeure. Pas certaine que toutes les familles soient au courant...

Évolution

Vouloir changer les traditions est tout à fait normal, croient Martine Roberge et Louis Mignault, psychologue à L’InstitutPsy.com.

«Les traditions évoluent, changent, se modifient au gré des valeurs de la société d’aujourd’hui. Parce qu’une tradition qui cesse d’avoir du sens, elle tombe en désuétude, elle est obsolète et abandonnée», explique Mme Roberge.

Dans sa pratique, M. Mignault constate que certaines personnes anticipent la période des Fêtes. «Les gens se demandent s’ils ne peuvent pas vivre ça autrement, arrêter de courir pour des cadeaux, se sentir obligés de faire des choses pour revenir à l’essentiel.»

Si on garde en tête qu’à la base, Noël est une période de joie, il faut s’organiser pour qu’elle le soit, affirme-t-il. Car vouloir changer une tradition vient souvent avec son lot de culpabilité. Il faut prendre le temps d’expliquer aux gens qu’on aime pourquoi on le fait, dit M. Mignault, et être ouvert aux compromis puisque pour certaines personnes de notre entourage, les traditions peuvent être sacrées.

Au final, on doit être en mesure d’assumer nos décisions. «Ça ne sert à rien de se planifier des activités différentes si on se sent coupables de les faire. La culpabilité, ça gâche le plaisir. On doit trouver un équilibre dans lequel on se sent bien», conclut M. Mignault.

1) Un Noël sans cadeaux

Le Zéro déchet est LA grande tendance actuelle. Pour respecter la planète, on réduit le nombre de cadeaux et d’emballage. Plus simple à dire qu’à faire. Comment notre petit dernier réagira-t-il lorsque le père Noël ne lui apportera pas le fameux camion de pompier qu’il convoitait tant? On se doit d’expliquer à toute notre famille que la notion de cadeau peut être autre chose qu’un objet. «On a tant de choses à vivre plutôt qu’à posséder», affirme Jérémie Pichon, papa et auteur du blogue Famille Zéro Déchet. Une sortie au théâtre, un cours de plongeon, une fin de semaine dans la nature sont autant de suggestions de cadeaux qui plairont aux petits comme aux grands. Pourquoi ne pas offrir à grand-papa ou grand-maman qui est malade un plat que nous cuisinerons chaque semaine pour eux? On implique les enfants dans l’aventure et tout le monde sera heureux. Il est toutefois important de respecter les libertés de chacun, fait remarquer Louis Mignault, psychologue. «Tu ne peux pas obliger les autres à ne pas donner de cadeaux. La liberté va des deux côtés.»

2) Plaisirs solitaires

Passer Noël seul ne veut pas nécessairement dire se rouler en boule sur le divan et caler une bouteille de vin! «Tout dépend de la façon dont on perçoit ça. On peut se dire : “Je suis tout seul, c’est plate!” ou on peut le voir comme un moment pour se reposer, aller vers les autres, s’impliquer», souligne Louis Mignault. On en profite pour donner de son temps aux plus démunis ou aller divertir les personnes âgées seules dans les résidences. «On recrée un environnement qui nous fait du bien», résume le psychologue. On peut aussi simplement se gâter avec un bon repas, une série télé ou un film et une marche au grand air. Ou on dresse un petit bilan de notre année, on se recueille et on savoure le silence ambiant. Vous ne verrez pas passer la soirée.

3) Une soirée entre amis

On ne se casse pas la tête : on commande notre repas et on s’organise une soirée de jeux ridicules ou un marathon de films déjantés. Rires garantis. Quelques suggestions pour votre soirée cinoche : Un Noël tragique, Très méchant père Noël, L’Étrange Noël de monsieur Jack et bien sûr, le classique Le père Noël est une ordure. N’oubliez pas de prévoir un endroit à coucher pour tous vos invités qui auront abusé des bonnes choses...

4) Tous en pyjama

Admettons-le, on déteste porter des souliers à talons hauts, mais on se les impose à Noël. Et que dire de la satanée cravate qui étouffe ces messieurs! Cette année, le code vestimentaire écrit sur nos cartons d’invitation sera le pyjama. On pourra ainsi bouger à notre guise et manger tout ce qu’on veut sans craindre de ne plus pouvoir respirer. La cerise sur le gâteau? On sera déjà prêts à aller au lit la soirée terminée. Le bonheur, non?

5) Noël romantique en couple

On travaille fort toute l’année, on court à droite et à gauche. Pour un couple sans enfant ou avec un adolescent qui a préféré se terrer chez ses amis plutôt que de festoyer avec ses parents, il est possible de vivre une soirée des plus romantiques. On réserve dans un bon resto et on s’habille chic. Après le repas, on va marcher pour admirer les décorations du quartier. Le Petit-Champlain est particulièrement magique à cette période. Ou on se blottit dans une salle obscure d’un cinéma.

6) Des inconnus à notre table

Que ce soit notre voisine âgée, dont la famille est à l’extérieur, ou ce collègue de travail nouvellement séparé, dont les enfants fêtent Noël avec leur maman, on ouvre la porte de notre maison et notre cœur. À l’Université Laval, un programme de jumelage des étudiants étrangers a été mis sur pied. «Il n’est pas rare qu’un parrain ou une marraine crée des liens très forts avec l’étudiant et l’invite à fêter Noël dans sa famille», raconte la chargée de communication à la Direction des services étudiants, Catherine Paradis.

7) On s’évade

Passer Noël dans le Sud n’est peut-être pas une si mauvaise idée après tout. Dans le brouhaha du quotidien, on manque souvent de temps. En transportant notre famille nucléaire loin de chez nous, on se recrée un cocon. «Ce n’est plus une fête de cadeaux, mais un moment pour se retrouver, pour vivre ça ensemble», explique le psychologue Louis Mignault. Et on s’évite par la même occasion bien des rassemblements familiaux!

8) On s’imprègne d’une nouvelle culture

Intrigués de savoir comment les personnes d’une autre culture fêtent Noël? On s’invite chez notre amie française ou finlandaise. On s’imprègne de leurs traditions et on en profite pour leur faire connaître les nôtres. On en sort grandis, c’est certain.

9) Privilégier les produits locaux

On n’est pas prêts à enrayer complètement les cadeaux? On impose le thème «produits locaux» à nos rassemblements. Pour notre magasinage, on visite les marchés de Noël de notre quartier plutôt que les grandes surfaces. Pour le repas, on privilégie les délices d’ici. De cette façon, on encourage les artisans et artistes locaux tout en réduisant notre empreinte écologique. Tout le monde en sort gagnant.