Yanick Jean
Yanick Jean

[MATIÈRE À RÉFLEXION] Regarder vers l'avant

En janvier, l’entraîneur-chef et directeur général des Saguenéens de Chicoutimi, Yanick Jean, était prêt à répéter l’histoire. Celle où, en 1994, alors qu’il était défenseur, l’équipe avait remporté sa dernière Coupe du Président. Malheureusement, en 2020, la pandémie de COVID-19 a mis fin à la saison régulière et empêché la tenue des séries éliminatoires. Une saison où tous les espoirs étaient permis pour l’entraîneur originaire d’Alma et ses joueurs. Quelques mois plus tard, Yanick Jean regarde vers l’avant.

Q: Revenons sur les derniers mois. Comment avez-vous vécu l’annulation des séries éliminatoires dans une saison où tous les espoirs étaient permis ?

R: C’est certain que, autant pour l’organisation, que pour le personnel d’entraîneurs et les joueurs, c’était difficile à accepter, mais il n’y avait aucune autre décision possible. Dans les circonstances, c’était tout à fait normal. Comment l’a-t-on vécu ? Une semaine ou deux après, c’était difficile, mais quand tu regardes autour de toi, il y en a qui perdent la santé, il y en a que c’est leur entreprise, avec le temps et l’argent qu’ils ont investis dedans. On se considère tous privilégiés d’être en santé.

Q: Le camp d’entraînement sera bien différent, dans quelques semaines, avec seulement 34 joueurs au lieu de 60. Comment entrevoyez-vous cette étape ? Est-ce que ça peut nuire à votre processus d’évaluation ?

R: Ce n’est pas un gros changement. C’est malheureux pour les joueurs qui ne pourront pas être invités. On ne faisait déjà plus de camp à 60 joueurs, mais on avait toujours la chance de faire venir nos joueurs repêchés et quelques joueurs invités qui proviennent de la région. Avec le nombre maximal à 34 joueurs, on ne pourra pas faire ça. Il y a des joueurs repêchés par l’organisation qui ne seront pas présents au camp d’entraînement.

Pour ce qui est du camp d’entraînement lui-même, il n’y aura pas une grosse différence, si ce n’est que ce sera plus fort dès le départ. Ça ne devrait pas nuire à l’évaluation des joueurs parce qu’on la fait durant l’hiver avant qu’on les repêche et après, on les suit dans leur parcours.

Q: Selon vous, comment les joueurs ont-ils réagi à la fin de saison abrupte qu’ils ont connue ? Pensez-vous qu’ils arriveront quand même bien préparés pour le camp ?

R Comme je l’ai déjà dit, on a été malheureux durant quelques semaines, mais ensuite, il faut tourner la page et regarder en avant. Les joueurs peuvent s’entraîner depuis plusieurs semaines, alors ils n’ont aucune excuse pour ne pas être prêts dès le début.

Q: Quelle sera la situation pour les joueurs européens et américains avec les mesures de confinement ?

R: C’est comme chez les athlètes professionnels ou comme tout le monde qui entre au pays : ils devront faire une quarantaine et après, ils pourront rejoindre notre groupe.

Q: Sur le plan hockey, pour les Saguenéens de Chicoutimi, à quel genre de saison doit-on s’attendre ? Est-ce que l’équipe sera aussi compétitive, malgré le départ de certains joueurs, dont le Jonquiérois et capitaine Rafaël Harvey-Pinard ?

R: On a encore de bons joueurs qui reviennent. On a moins de profondeur, mais on a des joueurs dominant à chaque position, alors on s’attend encore à une bonne saison.

Q: Le nombre de spectateurs n’a pas encore été déterminé pour les matchs la saison prochaine. Il y a certes des conséquences sur le plan financier, mais pour le côté sportif, quel est l’impact de jouer devant des gradins vides ou très peu remplis ?

R Honnêtement, il est beaucoup trop tôt pour se prononcer. On ne sait pas si l’on va jouer devant des gradins vides ou peu remplis, mais les joueurs veulent jouer. Ce sont des étudiants-athlètes et ils doivent pratiquer leur sport et aller à l’école. De notre côté, on doit leur donner l’environnement le plus favorable possible pour leur développement.

Q: Les activités de la Ligue nationale de hockey (LNH) ont repris, avec la tenue des séries éliminatoires. Pensez-vous que l’intérêt des amateurs sera là, de même que la motivation des joueurs ?

R Définitivement. Les gens ont faim ; les gens veulent voir du sport. Je suis convaincu que oui. Pour ce qui est de la motivation des joueurs, quand tu as la chance de mettre la main sur la coupe Stanley, tu fais tout en ton possible pour y arriver. De plus, un joueur de hockey, ça veut jouer au hockey. Je ne connais pas un joueur qui n’aurait pas envie de jouer.

Q: Quittons le hockey le temps d’une question pour passer au football. Que pensez-vous de la décision de Laurent Duvernay-Tardif de tirer un trait sur la prochaine saison pour se concentrer sur son travail de médecin ?

R Je n’ai pas d’opinion franche là-dessus. Si c’est fait pour les bonnes raisons, tant mieux. Quand tu n’as pas tous les facteurs en main et tu n’es pas en connaissance de cause, ça ne sert à rien de se prononcer.

Q: Et si c’était l’un de vos joueurs qui prenait cette décision ?

R On a des étudiants-athlètes. Ils veulent aller à l’école et jouer au hockey. Ce ne sont pas des professionnels, et c’est très différent.