Parmi les chiens adultes qui agissent comme de très bons profs pour Toro, il y a Ti-Brin, le sympathique teckel.
Parmi les chiens adultes qui agissent comme de très bons profs pour Toro, il y a Ti-Brin, le sympathique teckel.

L’influence d’un chien adulte sur l’éducation du chiot

Mélissa Viau
Mélissa Viau
Le Quotidien
Le 21 janvier dernier, plus d’un an après le départ de ses vieilles amies Grignotte et Picotte, le clan de Râto accueillait Toro, un chiot de 12 semaines.

Râto étant un chien qui communique bien avec ses semblables, nous avions hâte de voir de quelle façon il allait interagir avec son nouveau compagnon. Notre plus grand souhait étant d’avoir deux chiens équilibrés et harmonieux.

Il aura fallu attendre plus d’un mois avant de voir Râto développer une interaction de jeu avec Toro et accepter que le chiot se couche à proximité de lui.

Michel Lacasse est éducateur canin à domicile depuis plus de dix ans. Parmi ses consultations, il remarque un engouement pour son service d’accompagnement pour encadrer l’éducation des chiots. « Les gens veulent bien éduquer leur chiot pour avoir un bon chien. Leurs principales préoccupations sont au niveau de la propreté, l’introduction de la cage, la socialisation et les commandements de base », explique-t-il.

Dans un premier temps, Râto a été un excellent prof pour apprendre à Toro les notions de propreté en l’accompagnant dehors. Le chiot était motivé à se rendre à l’emplacement prévu à cet effet, qui comportait aussi des odeurs stimulantes. La nourriture en guise de récompense, à la suite de chaque besoin fait à l’extérieur, a rapidement rendu cette activité très agréable. Cette première notion d’apprentissage doit absolument être faite avec rigueur et constance, mais surtout avec positivisme afin de donner le ton pour la suite.

Les chiens adultes vont aussi corriger les chiots lorsque ces derniers sont impolis ou trop intenses dans les mordillements. Devant ces altercations, mieux vaut ne pas intervenir. Évidemment, si les corrections sont trop raides, quand par exemple les jouets ou la nourriture sont en jeu, il faut alors mieux gérer l’environnement pour éviter de blesser ou traumatiser le chiot.

Le chien adulte a assurément une influence sur le nouvel arrivant, sans toutefois l’imprégner de sa personnalité. Tout comme les humains, chaque individu, même étant issus d’une même famille, est unique. D’ailleurs, contrairement à Râto qui jappe très rarement, Toro est très réactif au moindre bruit. C’est un comportement à travailler quotidiennement si on ne veut pas le laisser sombrer vers l’excès.

La période de socialisation d’un chiot est très importante. « N’allez surtout pas dans les parcs à chiens pour socialiser un chien, lance M. Lacasse. On ne va pas là. Ce ne sont pas tous les chiens qui sont de bons chiens. » L’éducateur recommande plutôt des endroits supervisés, comme les centres canins ou encore en ciblant certains chiens équilibrés de notre entourage.

Deux chiens

Selon Michel Lacasse, l’adoption d’un deuxième chiot doit être une décision bien réfléchie et ne devrait jamais se faire avant que le premier chien ait au moins un an. « Je ne recommande jamais d’adopter deux chiots en même temps parce que leur alliance risque d’être plus forte qu’avec l’humain, précise-t-il. Il faut aussi avoir le budget pour la vaccination annuelle, le toilettage et le gardiennage. » Avant d’introduire un chiot dans la vie d’un chien adulte, assurez-vous que les comportements de votre chien, avec ses semblables, sont convenables afin de ne pas mettre en danger votre nouvel animal. De plus, si votre chien adulte jappe excessivement, détruit les choses, ou qu’il est fugueur, il risque d’entraîner le chiot dans ses vices. Mieux vaut parfaire son éducation avant de penser à adopter un deuxième chien.

Imitation

Si votre chien adulte connaît tous les commandements de base, le chiot ne les apprendra pas par imitation. Par contre, le chiot peut imiter le chien adulte, si les comportements ne sont pas trop complexes. Par exemple, si le chien adulte saute sur la visite, le chiot risque de faire de même. « S’il y a un trou dans la clôture et que le chien adulte se faufile, le chiot va le suivre », ajoute M. Lacasse. Le chien doit avoir une motivation à répéter le comportement observé. Il doit aussi avoir la capacité à reproduire le comportement. « Mon chien plus jeune a appris à monter sur le lit en regardant le plus vieux », confie l’éducateur. Si un chiot ne veut pas marcher en laisse, je vais parfois aller chercher un chien qui marche bien en laisse pour motiver le chiot. » Râto, qui est très calme en cage, n’a tout de même pas eu d’influence sur le chiot Toro qui pleurait les premières fois qu’on le laissait seul dans sa cage, et ce, malgré la présence de Râto.