Vincent Gosselin, Jean-Thomas Munger, Julien-Nicolas Couture et Justine Lessard, membres du Gouvernement étudiant, posent en compagnie de Mesdames Mélissa Laurendeau et Vanessa Remy-Sauriol de la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais.

Vincent face à l’intimidation

CHRONIQUE / Vincent Gosselin retire beaucoup de positif de sa participation aux ateliers 360, réalisés au Séminaire de Chicoutimi dans le cadre de la semaine contre l’intimidation.

« Si tu es capable de te mettre à la place de l’autre, tu n’auras pas le goût de lui faire du mal. Ce sont les paroles de Vanessa Remy-Sauriol, la responsable des Ateliers 360 de la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais.

Je l’ai rencontrée, elle et sa collègue Mélissa Laurendeau, lors de son passage au Séminaire de Chicoutimi, le jeudi 3 octobre. Les élèves de troisième secondaire ont eu la chance de vivre cette expérience de réalité virtuelle destinée à simuler des situations dans lesquelles ils sont témoins de scènes d’intimidation.

À l’aide de lunettes de réalité virtuelle et d’écouteurs, les élèves assistaient tous simultanément à différentes scènes se déroulant en milieu scolaire. Ils pouvaient percevoir et interagir comme s’ils étaient dans un coin du gymnase, par exemple, et que l’action se déroulait devant eux. Cet équipement sophistiqué a été financé par la fondation. Selon les deux femmes, la capsule présentant la crise de colère d’un étudiant lors d’un cours d’éducation physique est celle qui provoque généralement le plus de réactions.

Le but de cette activité est principalement de travailler l’empathie des jeunes et de les mettre en immersion dans le rôle d’un témoin. À la suite de chaque capsule, une discussion est amorcée avec le groupe afin d’échanger sur leurs réactions, leurs techniques de gestion de la colère et leur capacité à venir en aide à une victime d’intimidation.

Les deux criminologues de formation me disent que les réactions varient d’une école à une autre et selon le milieu socio-économique. « Quand nous étions au secondaire, l’intimidation était un début de concept qu’on n’apprenait pas dans les écoles. On voit la différence », disent celles qui ont réalisé cette activité dans 27 milieux différents depuis le début du projet qui est offert gratuitement dans plusieurs établissements. Elles se promènent donc à travers le Québec, et parfois même au Nouveau-Brunswick. Vanessa Remy-Sauriol me dit que notre école est davantage comme « une communauté », comparativement à d’autres où le nombre d’élèves est largement supérieur.

Pour sa part, l’instigatrice du projet au Séminaire, Marie-Michèle Bouchard, est très satisfaite de la participation et de la réceptivité des élèves face à l’activité. Elle croit que celle-ci aura permis de mieux outiller les élèves et de les faire réfléchir sur la problématique de l’intimidation. »

Vincent Gosselin, 15 ans, ministre des Communications au Séminaire de Chicoutimi

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J'AI ÉTÉ TÉMOIN DE VIOLENCE

« Je me souviens qu’à l’école, les batailles, qui éclataient souvent suite à une surdose d’intimidation, faisaient partie des attractions prisées par plusieurs élèves.

Les attroupements denses autour des batailleurs rendaient volontairement l’accessibilité quasi impossible pour les intervenants. Même si les coups de poing ne sont pas plus intelligents, les filles donnaient un spectacle qui créait un malaise avec leur tirage de cheveux et leurs claques dans la face.

Quand j’ai eu l’âge de sortir dans les bars, c’était encore la même sérénade qui se produisait régulièrement et plusieurs filles se collaient aux victorieux ‘‘bums’’. Moi-même je pensais que l’amitié des agressifs me protégerait. Je me souviendrai toujours de ce gars qui m’avait payé un verre. Je l’avais trouvé bien gentil de m’offrir ça et j’avais confié à mon ami le ‘‘bum’’ qu’un sympathique inconnu venait de me payer un verre. Le pauvre inconnu s’était ramassé dehors avec une couple de coups de poing injustifiés entre les deux yeux. Je n’en revenais pas de ce geste gratuit. 

J’ai rapidement compris que ce genre d’entourage allait me nuire beaucoup plus que d’autre chose. Même que je me suis mise à trouver réellement insignifiants les gars qui s’exprimaient avec leurs poings. Après une bataille, peu importe l’âge des batailleurs, il planait toujours une sorte d’agitation qui transformait certains en aidants naturels pour panser les blessures des victimes. 

Je trouvais ridicule tout ce qui dégageait de ces danses de coqs qui devenaient les sujets de conversations de la place. 

Je croyais qu’en devenant adulte, ce moyen de communication allait s’estomper, jusqu’au soir où je m’étais retrouvée dans un party, et qu’une personne s’était levée de sa chaise d’un bond pour passer un homme, qu’il croyait faussement menaçant, l’autre bord d’une fenêtre. J’avais accroché sa femme au passage, qui pleurait en répétant ‘‘ça finit toujours comme ça’’, et je lui avais dit qu’à sa place je rentrerais chez moi pour faire mes bagages. 

Je crois que l’intimidation, qu’elle soit physique ou verbale, est une forme de communication qui n’appartient pas seulement aux cours d’école. Plusieurs se valorisent même en racontant leurs tactiques pour régler leurs comptes, ce qui encourage la répétition de ces gestes. » - Mélissa