Andrea Verville raconte l’histoire « Stone Soup» à ses élèves de maternelle.

Une soupe pour les gens dans le besoin

CHRONIQUE / Chaque mois de l’année scolaire, les 130 élèves de l’École trilingue Vision Saguenay posent un geste concret pour mettre en pratique l’entraide et le bénévolat.

En janvier dernier, les cinq classes de la maternelle à la cinquième année, en passant par le service de garde, ont concocté une immense soupe. Les petits cuisiniers ont ensuite offert le fruit de leur travail, divisé dans une soixantaine de pots Masson, à deux organismes de Saguenay venant en aide aux personnes dans le besoin.

Comme tous les élèves de l’École trilingue Vision Saguenay, Samuel Poirier et Maéva Tremblay ont cuisiné une soupe pour réconforter les gens dans le besoin.

« C’est sûrement un des plus gros projets, en lien avec notre implication bénévole, qu’on a fait cette année », remarque l’enseignante en arts plastiques, Mme Catherine Gagnon. Cette dernière fait partie du comité bénévolat, qui a vu le jour l’an passé, aux côtés de ses collègues Andrea Verville et Julie Lapointe.

Derrière cette soupe, qui semble pourtant toute simple, se cache une grande démarche faisant briller des notions en lien avec le programme scolaire de l’école, dont l’altruisme, l’éthique et la différence.

Pour une question de sécurité, ce sont les enseignantes Andrea Verville et Catherine Gagnon qui ont transvidé les soupes dans les pots.

D’abord, chaque enfant a pratiqué son anglais en se faisant raconter l’histoire Stone Soup (La Soupe de pierres), un conte traditionnel qui montre comment la débrouillardise, l’initiative et la coopération permettent de sortir de l’embarras. « C’est l’histoire d’un village qui retisse des liens, après avoir vécu la guerre, en cuisinant une soupe collective », résume Mme Catherine. Les enfants avaient des tonnes de questions à poser face à cette histoire qui démontrait combien un petit geste pouvait avoir un impact positif sur toute une communauté.

« Ce sont les parents des élèves qui ont fait don de légumes congelés, de cannes de tomates en dés et de bouillon. Nous avions envoyé un message aux parents au début du mois en disant simplement que nous voulions faire une soupe », souligne Mme Catherine. Les enfants croyaient que c’étaient eux qui allaient la manger. » Bien que certains étaient déçus de ne pas pouvoir goûter à leur recette qui réconfortait toute l’école de son parfum, ils ont rapidement compris que leur geste en valait la peine. Pendant la cuisson, les cuistots en profitaient pour étiqueter les pots.

Dans chaque classe, une mijoteuse avait été installée afin que toutes les soupes soient prêtes en même temps. Les élèves étant habitués de cuisiner, grâce à leurs ateliers de cuisine, ont trouvé la recette facile et rapide à faire. « Au début, nous voulions aller mettre les soupes dans les frigos communautaires, à la disposition de la population, mais comme ils ne sont pas fonctionnels en hiver, ce sont les organismes qui se sont occupés de la distribution », poursuit Mme Catherine.

Pour le mois de février, pour leur implication bénévole, les élèves ont prévu confectionner des cartes, rédiger des mots d’encouragement et faire des dessins qu’ils iront livrer aux patients de l’Hôpital de Chicoutimi, à la fin du mois, afin de les épauler.

Juliette Blackburn, Dorothée Laprise et Ophélie Bouchard se préparent à aller livrer les soupes avec la directrice de leur école, Annie-Claude Perron.

Réflexion

Les deux directrices de l’École trilingue Vision Saguenay, Annie-Claude Perron et Émilie Tremblay-Grenon, ne se doutaient pas que ce geste allait recevoir autant de reconnaissance. Lors de la distribution des soupes, les personnes présentes dans les organismes démontraient beaucoup de gratitude.

« C’était vraiment poignant de voir toute cette clientèle dans le besoin », se remémore Mme Catherine qui a participé à la distribution des soupes avec son petit garçon de quatre ans. Liam était touché de voir des gens, dont certains étaient sans abri. Le succès, mais surtout l’impact de ce projet, est sur la liste des activités à refaire à l’École Vision Saguenay. « On a dit aux organismes de nous aviser quand ils auront des besoins précis. On pourrait même faire des collectes de vêtements », conclut Mme Catherine.

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