Joanie est bien fière de laisser sa trace dans son école secondaire grâce à cette boutique qui lui permet de donner une deuxième vie à des vêtements.

Une friperie à l'école secondaire Charles-Gravel

À quelques mois de terminer ses études secondaires, Joanie Turgeon a trouvé une façon originale de laisser sa trace dans son école secondaire Charles-Gravel en mettant sur pied la friperie Le Support.
C'est le très créatif département de Formation préparatoire au travail (FPT) de l'école Charles-Gravel qui a créé le logo de la friperie, baptisée Le Support par son instigatrice Joanie Turgeon.
C'est dans le cadre du programme d'éducation internationale (PEI), alors qu'elle devait réaliser un projet personnel, que cette élève, passionnée de mode, a eu l'idée de créer un lieu pour échanger des vêtements. «J'avais envie de venir en aide aux autres et surtout, venir en aide aux élèves de mon école», explique la jeune femme de 16 ans qui avait déjà fait du bénévolat dans une friperie. Depuis le 14 décembre dernier, son idée s'est concrétisée grâce au personnel et à la direction de l'école. 
La direction lui a d'abord alloué un petit local qui servait de rangement. Après l'avoir vidé, deux enseignantes au programme de Formation préparatoire au travail (FPT) l'ont aidé à décorer et peindre la pièce lors d'une journée pédagogique. Des élèves du PEI, qui doivent faire de l'engagement communautaire, se sont portés volontaires pour travailler à la friperie Le Support quelques heures par semaine afin d'alléger la tâche de Joanie qui est très impliquée dans son école. «Tout le monde aime tellement cet endroit qu'il restera là l'an prochain et sera pris en main par d'autres élèves», poursuit l'élève de cinquième secondaire. 
À prix abordables, on retrouve des robes, des pantalons, des bijoux et même des robes de bal. Une salle d'essayage est à la disposition des clients. Outre l'inventaire et la caisse, Joanie doit aussi s'occuper de faire connaître la friperie. « Je dois maintenant m'occuper de la publicité dans l'école. Je vais sûrement faire passer des messages à la radio étudiante et faire des pancartes », remarque Joanie. Dans la dernière édition du journal étudiant Le Gravillon, la friperie a eu une belle couverture sous la plume de Kenza Chafik. Jusqu'à maintenant, la friperie a généré plus de 200$ de profits qui seront remis à la Fondation Charles-Gravel qui soutient financièrement les élèves dans le besoin. 
Les heures d'ouverture de la boutique sont le matin, de 8h20 à 8h55, et le midi, de 12h à 13h. En moyenne, les acheteurs dépensent une dizaine de dollars pour quelques vêtements. Une boîte pour les dépôts de vêtements a été installée dans l'école. « Je fais le tri, je garde ce qui est en bon état et le reste, comme les vêtements d'enfants, je les envoie à un groupe de l'école qui s'occupe de les acheminer à l'organisme SuDen-entraide », ajoute Joanie. Cet organisme, formé de trois Québécois, aide les démunis de la région de Panajachel au Guatemala. 
Le plus gros du travail, dans l'implantation d'une friperie dans une école, est d'enlever la gêne et les préjugés. Trop souvent, on associe ces endroits à la pauvreté. Les friperies sont aussi des endroits de récupération qui combine l'originalité à prix modique et évite le gaspillage. 
Créativité
La friperie Le Support ouvre la porte à un paquet de possibilités. Elle donnera sûrement envie à d'autres élèves de s'impliquer et d'y amener leur touche de créativité. Des stylistes à en devenir verront peut-être leurs premières créations prendre vie dans leur école. Et si le prochain Show Mode présentait des créations uniques et originales issues des vêtements de la friperie le Support ? Une couturière, styliste pourrait facilement être engagée pour initier les jeunes à la couture. De plus, étant très proches des locaux de FPT, où l'on récupère et transforme déjà beaucoup de vêtements, toutes les installations sont là pour laisser aller votre imagination. À ceux qui sont gênés de porter des vêtements ayant déjà été portés par d'autres élèves de l'école, il est très facile de les transformer pour les rendre méconnaissables. Comme les rencontres entre amis, pour échanger des vêtements, sont très tendances, peut-être que la friperie offrira aussi de réserver le local pour des jeunes qui veulent réaliser ce genre d'événements après l'école ?