Dans le cadre de son travail étudiant, à la Ferme du Ruisseau, Émile Gagnon attendait impatiemment le moment de conduire les tracteurs.
Dans le cadre de son travail étudiant, à la Ferme du Ruisseau, Émile Gagnon attendait impatiemment le moment de conduire les tracteurs.

Un travail étudiant sur mesure pour Émile

CHRONIQUE / L’an passé, comme Émile Gagnon voulait s’acheter une moto. Ses parents lui ont suggéré de se trouver un emploi. Sa mère lui a proposé d’appeler à la Ferme du Ruisseau, de Saint-Fulgence, pour donner son nom.

« Je n’avais même pas de CV. J’ai juste appelé et j’ai parlé au propriétaire, Gilbert Turcotte. Je crois qu’il a aimé que je me décrive comme un petit gars de bois qui aime la pêche et la chasse », se remémore le jeune homme de 16 ans.

La journée même, il était convoqué à une rencontre à l’entreprise et une semaine plus tard, il commençait à travailler. Il a fait l’achat de sa moto Honda 250 à l’automne 2019.

« C’est mon deuxième été à la Ferme du Ruisseau. C’est assez difficile physiquement, mais c’est un mode de vie que j’adore, raconte le travaillant adolescent, qui habite à Chicoutimi-Nord. C’est un entraînement ! Les journées commencent à 6 h et finissent parfois à 17 h. »

Émile fait partie de l’équipe désignée pour l’entretien et la récolte des légumes, alors que d’autres s’occupent de la cueillette de fraises et l’accueil des clients.

Selon lui, pour aimer son travail étudiant, il faut que ce soit l’enfant qui choisisse de travailler, et non qu’il soit forcé par ses parents. « Si ma mère m’avait forcé à entrer dans cette entreprise, je ne serais pas resté », réfléchit-il.

Cet été, Émile ramasse son argent pour son permis de conduire et pour l’achat d’une motoneige. « L’an passé, je travaillais plus de quarante heures par semaine. Cette année, avec la canicule, on arrête souvent de travailler à midi pour prévenir les accidents reliés à la chaleur », relate-t-il.

Ayant toujours été attiré par tout ce qui possède un moteur, après son secondaire, l’élève poursuivra ses études pour devenir conducteur de machinerie lourde. « Mon boss a commencé à me montrer à conduire les tracteurs et il m’intègre dans ses projets », remarque l’employé, qui est très reconnaissant de la confiance et l’amitié qu’il développe avec l’équipe de la Ferme du Ruisseau.

Dans cette entreprise familiale, qui existe depuis plus d’une cinquantaine d’années, Gilbert Turcotte peut compter sur sa conjointe, Johanne Riverin, et leurs enfants. « Les étudiants qui m’aident dans le magasin restent en moyenne deux ou trois ans. Je les vois évoluer et devenir de plus en plus à l’aise. La plupart gardent un lien et reviennent nous visiter », conclut Mme Riverin.

+

APRÈS LA FERME, GENEVIÈVE DÉCOUVRE LE TOURISME

Ayant grandi sur une ferme laitière, Geneviève Houde découvre maintenant le milieu touristique en travaillant à l’Association de la rivière Petit-Saguenay.

Geneviève Houde n’est jamais partie en vacances en famille pour savourer les plaisirs du camping. Étant de dévoués agriculteurs, ses parents ont choisi un mode de vie différent, mais tout aussi enrichissant pour élever leurs enfants. 

Geneviève a grandi sur une ferme laitière, entourée d’animaux qu’elle adore. « Mes parents m’ont toujours encouragée à voir ce qui se passe en dehors de la ferme », lance l’adolescente de 16 ans, qui terminera son secondaire en 2021. 

Depuis l’âge de 14 ans, elle travaille dans le domaine du tourisme, dans son patelin, à Petit-Saguenay.

« Mon premier travail d’été était aux Ateliers Bois de Fer. Depuis deux étés, je travaille comme préposée à l’accueil à l’Association de la rivière Petit-Saguenay », explique Geneviève. 

Le site compte sept chalets, une yourte, 25 emplacements de camping et 24 fosses pour pêcher le saumon. Curieuse et intéressée par tout ce qu’elle voit, l’adolescente ne pensait jamais développer une passion pour la pêche à la mouche, qu’elle a découverte sur son nouveau lieu de travail.

Plus tard, elle hésite à prendre la relève de la ferme familiale, puisqu’elle aimerait aussi être agente de protection de la faune ou se diriger vers le tourisme. « Il y a tellement de pression en agriculture venant des extrémistes », souligne-t-elle, pour expliquer son hésitation à foncer vers ce domaine. 

Pendant le confinement, elle s’est investie à fond dans la ferme. « C’est un travail stressant, surtout quand nos animaux se blessent ou tombent malades. »

Les vaches – Marguerite, Pissenlit et Luzerne, pour ne nommer que celles-là – sont devenues ses complices au quotidien. « Je les vois tous les jours. Je m’attache à elles et je ne tolérerais pas qu’elles ne soient pas bien. Pendant la pandémie, on s’est aussi rendu compte qu’il y a plus de normes dans les fermes laitières que dans les CHSLD », conclut Geneviève.