Britany Bouchard est en stage dans une boutique. Celle qui aime beaucoup la mode se trouve privilégiée de voir les nouveaux arrivages avant tout le monde.

Un programme pour créer de la main-d’oeuvre

CHRONIQUE / Certains élèves ayant des difficultés d’apprentissage n’obtiendront jamais leur diplôme d’études secondaires. C’est pourquoi, depuis 2008, les écoles secondaires du Québec offrent le programme de Formation préparatoire au travail (FPT) afin de favoriser la formation de main-d’oeuvre.

À l’école secondaire Charles-Gravel, une cinquantaine d’élèves, âgés de 15 à 21 ans, évoluent dans ce programme. Ils sont entourés de huit enseignants et de trois éducateurs spécialisés. « La matière enseignée est basée sur la vraie vie », explique l’enseignante Julie Lamontagne.

Par exemple, en mathématiques, les élèves vont apprendre à faire l’épicerie, jusqu’à l’élaboration de recettes simples. En français, ils vont lire le journal et s’informer sur ce qui se passe dans leur communauté. En géographie, ils vont parcourir la région et explorer le trajet des transports en commun. Tout ça dans le but d’acquérir de l’autonomie en vue de leur vie adulte. Évidemment, le tout est entrecoupé d’enseignement traditionnel, mais le plus souvent possible, la matière est reliée à une utilité concrète.

Dans l’environnement de la FPT à Charles-Gravel, les élèves ont aussi accès à un local qu’ils appellent «l’appart» et qui contient les commodités d’un appartement. Cet endroit leur permet de réaliser des projets dans un environnement chaleureux et propice à la création.

Tout près de leur local de classe et de «l’appart», ils ont aussi accès à un plateau de travail, qu’on appelle la Corporation employabilité jeunesse. Cet endroit reproduit un réel milieu de travail. « Ils peuvent développer leurs intérêts, leurs habiletés, leur persévérance et le travail d’équipe », poursuit madame Julie. La Corpo contient plusieurs plateaux de travail offrant à ces jeunes des outils pour développer leurs habiletés et leurs intérêts en fabriquant différents objets faits de matières telles que le bois, la vitre et les tissus.

Outre cette structure scolaire, les élèves de la FPT vivent aussi des stages en entreprise.

Dylan Larouche fait un stage dans une quincaillerie. Il aime le travail manuel et rêve de pouvoir amasser son argent afin de suivre les cours nécessaires pour obtenir son permis de conduire.

Dylan Larouche fait un stage dans une quincaillerie. Il aime l’ambiance et le milieu de travail. « Pour l’instant, je scanne les palettes de marchandise qui entrent dans l’entrepôt. J’ai hâte de faire plus de choses », ambitionne le jeune homme de 16 ans.

Même s’il ne se voit pas travailler à cet endroit toute sa vie, il aimerait bien en faire au moins son travail d’été. S’il est éventuellement engagé, il voit une opportunité d’amasser son argent pour suivre son cours et obtenir son permis de conduire.

« Jusqu’à maintenant, l’expérience de stage que j’ai préférée, c’est celle à l’épicerie, quand je déchargeais le camion », se remémore Dylan, qui est très manuel. Quand il regarde vers le futur, il se voit devenir policier, tout comme quatre de ses cousins. Il a bien hâte, un jour, d’avoir sa maison et d’y voir grandir sa famille.

Progressant dans le programme FPT, Britany Bouchard fait aussi un stage dans une boutique, deux jours par semaine. « J’accueille les clients aux cabines d’essayage, je plie le linge et j’adore voir les nouveautés », explique la jeune fille de 17 ans.

Pour elle, le plus difficile est de parler avec les clients, car elle est vraiment timide. « Mais ce stage me permet de vaincre ma timidité. Ça m’aide vraiment. »

« Les entreprises où vont nos élèves sont bien au courant que les stagiaires sont là pour s’améliorer et développer des compétences », précise son enseignante, madame Julie.

Passionnée par la mode, Britany a déjà une garde-robe bien remplie. Elle aime particulièrement s’acheter du linge avec son argent de poche.

« J’ai aussi vraiment aimé mon stage à la SPCA Saguenay, mais mes parents n’ont pas voulu que j’adopte un nouveau chat », relate Britany, en riant. Quand elle regarde vers son avenir, Britany rêve de devenir mannequin, puisqu’elle aime bien se faire prendre en photo. Malgré sa timidité, elle rêve aussi de percer au petit écran, « surtout dans les films d’horreur », conclut-elle.