Louis-Jean Martinet s’est inspiré du coronavirus pour créer une bande dessinée.
Louis-Jean Martinet s’est inspiré du coronavirus pour créer une bande dessinée.

Un jeune bédéiste inspiré par la COVID-19

Mélissa Viau
Mélissa Viau
Le Quotidien
CHRONIQUE / Louis-Jean Martinet s’est inspiré de la pandémie pour créer une bande dessinée. « C’est ma grand-mère Thérèse Bouchard qui m’a donné l’idée de faire ça sur la COVID-19 », souligne le jeune dessinateur.

Louis-Jean dessine depuis qu’il est tout petit. « J’ai grandi dans un univers où mes deux parents dessinent. Ils m’ont sûrement influencé », poursuit l’élève de cinquième année, qui a bien hâte de retrouver ses camarades d’école.

Le garçon de L’Anse-Saint-Jean a plusieurs BD entamées et rêve un jour qu’elles deviennent des livres. « Je dessine souvent des BD, mais j’ai parfois de la misère à les finir », remarque-t-il.

Son histoire COVID-19 est rendue à trois pages. « Je vais sûrement en faire une quatrième. Ça ne peut pas finir comme ça », lance l’ado de 11 ans.

Ce qu’il aime le plus utiliser, c’est le bon vieux papier d’imprimante. Il a plein de sortes de crayons, mais privilégie les petits feutres de qualité de la marque Faber Castell. « Je fais d’abord mes dessins au crayon de plomb et je retrace au feutre noir, pour ensuite mettre la couleur. »

Louis-Jean lit aussi toutes sortes de BD, dont des mangas, Tintin, Gaston Lagaffe, des BD québécoises et des BD actuelles.

Son côté créatif, il le doit à ses parents. Sa mère, Julie-Vanessa Tremblay, est couturière depuis une dizaine d’années. « J’ai commencé à coudre à la naissance de Louis-Jean, alors qu’il faisait de longues siestes et que je cherchais une façon de combler mon temps », se remémore-t-elle.

C’est ainsi qu’elle est devenue entrepreneure. En 2017, Julie-Vanessa a quitté les Îles-de-la-Madeleine pour revenir dans sa région natale et s’installer à L’Anse-St-Jean, où elle a démarré la coopérative Minuit moins cinq avec trois autres collègues.

« Je fais des petites jobines à l’atelier de couture », mentionne Louis-Jean, qui n’hésite jamais à donner ses idées.

Sa mère, qui aime dessiner autant que son fils, projette éventuellement de faire des illustrations sur des t-shirts.

Depuis quelques semaines, la coopérative produit une centaine de masques par jour pour répondre à la demande liée à la pandémie de COVID-19.

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FINI LES BECS!

Comment te sens-tu face à la distanciation, qui t’empêcher de serrer les gens que tu aimes dans tes bras ? 

Personnellement, ça me manque pour les gens très proches de moi, mais je ne m’ennuie pas de donner des becs à tout le monde. 

Quand j’étais petite, avant d’aller me coucher, je devais faire la tournée de la visite pour donner mes becs de « bonne nuit ». Mon grand-père en profitait parfois pour me faire rire en me volant mon nez en mettant son pouce entre son index et son majeur. 

Je n’ai jamais été à l’aise avec le fait de donner des becs aux gens en arrivant, en repartant, en les voyant pour la première fois ou en croisant des connaissances dans la rue. Des fois, j’ai de bons prétextes, comme un petit début de rhume ou un feu sauvage. Ce n’est pas que je n’aime pas signifier mon amour à mes proches, mais j’ai déjà eu quelques mauvaises expériences avec les becs. Comme la fois où j’ai donné un bec sur la bouche de mon oncle parce qu’on avait hésité quelle joue présenter. 

Le pire, c’est au jour de l’An, quand on ne connaît pas tout le monde. Il y a toujours une personne qui a trop bu et qui te parle à deux pouces de la face en postillonnant, pour te souhaiter une bonne année trois fois plutôt qu’une. Je passe pour la sauvage quand je pars d’une soirée sans faire de tournée de becs, mais c’est peut-être aussi que je n’aime pas les fins. Je fais la même chose avec les livres et les films. Des fois, je ferme la télé ou mon livre avant la fin. 

Il y a une période de ma vie, à l’adolescence, où je paniquais aussi à l’idée de devoir donner des poignées de main, parce que mes mains étaient toujours moites. Et il y a toute l’analyse autour de la poignée de main trop ferme, trop molle ou trop raide, qui révèle apparemment tant de choses sur notre personnalité. On dit même que les employeurs peuvent nous juger en nous donnant simplement une poignée de main. Aujourd’hui, je pense que Facebook est un meilleur outil pour analyser les gens !

Avec la pandémie qui sévit, j’imagine que ces comportements seront remis en question. Un petit salut du coude fera l’affaire !