Voici quelques participants à un des sept sports proposés par Jean-Simon, soit la course à relais.

Un héritage sportif pour Charles-Gravel

CHRONIQUE / À quelques jours de la fin de son secondaire, Jean-Simon Desrochers peut dire mission accomplie. Il a convaincu les élèves et le personnel de l’école secondaire Charles-Gravel de Chicoutimi-Nord de délaisser la sédentarité.

« Je voulais trouver une façon de laisser ma trace dans mon école secondaire, laisser un genre d’héritage au niveau du sport », raconte le finissant.

C’est en remarquant un fléau de sédentarité généralisé au niveau des jeunes que Jean-Simon a entamé sa démarche. Sa réflexion est devenue son projet personnel, réalisé dans le cadre de sa dernière année au programme d’éducation international (PEI).

Après avoir pris connaissance de son idée, la direction de l’école a encouragé l’élève de 16 ans à aller de l’avant avec son concept. « Je me suis dit que si je ne faisais rien, il ne se passerait rien. Et si on ne règle pas le problème de la sédentarité, qui est la quatrième cause de décès mondiale, bientôt, le système de santé ne fournira plus », réfléchit-il.

« En allant voir la réalité dans d’autres écoles secondaires de la région, je me suis aussi rendu compte que mon école faisait beaucoup d’efforts, que je ne connaissais pas, pour contrer cette problématique. »

Tous les midis du mois de mai, dans le cadre d’un travail scolaire, Jean-Simon Desrochers a fait bouger les élèves de l’école secondaire Charles-Gravel pour contrer la sédentarité.

Sa mission était donc d’amener ses collègues à faire du sport entre amis, sur l’heure du midi, sans compétition, sans pointage et sans structure de demi-finale. « La performance et l’objectif de gagner font partie des raisons qui découragent les jeunes à faire du sport. Les écoles attirent pourtant la clientèle en disant que leur école gagne et se distingue dans les sports. Cette mentalité exclut ceux qui veulent jouer pour s’amuser », remarque Jean-Simon. Selon les recherches de cet élève, après cinq ans dans un sport trop intense, une personne a plus de chances de lâcher et de se tanner.

Après quatre mois d’efforts, Jean-Simon réussissait, au début du mois de mai, à mobiliser l’ensemble du personnel et des élèves pour assister à sa conférence d’une heure, « Debout face à la sédentarité ». Par la suite, tous les midis du mois de mai, le jeune motivateur a proposé sept sports différents, formé 112 équipes et impliqué 250 élèves dans son mouvement pour contrer la sédentarité. Heureusement, il pouvait compter sur une équipe de huit amis pour l’aider à orchestrer tout ça.

Impliqué

Impliqué dans son école, Jean-Simon avoue que c’est une bonne façon de prendre sa place. Cette année, en plus d’avoir livré son audacieux travail en lien avec ses études au PEI, il s’implique aussi dans le gala méritas.

Le petit garçon timide qu’il était lors de son entrée en première secondaire a laissé place à un jeune homme confiant et ambitieux. L’an prochain, il a choisi de partir un an en Norvège pour apprendre une nouvelle culture et une nouvelle langue. Il prévoit reprendre ses études par la suite en sciences de la nature dans l’optique d’aller vers la médecine. « Je veux contribuer à changer le monde et utiliser mes talents de vulgarisateur », mentionne le jeune conférencier de cinquième secondaire.

En faisant le bilan de son mois de l’activité physique, il a constaté que plusieurs élèves ont confirmé leur inscription dans une équipe sportive pour l’an prochain. L’objectif de Jean-Simon est donc atteint. « Faire partie d’une équipe sportive est aussi une bonne façon de socialiser, de prendre confiance en soi et d’être en santé. »

Maintenant, son choix le plus cher est de voir son mois de l’activité revenir l’an prochain. « La structure est toute là, il faut juste trouver du monde pour la remettre en place en amenant aussi certaines améliorations, notamment pour rejoindre davantage les jeunes de secondaire un et deux », conclut Jean-Simon.