Voici une partie des 24 élèves impliqués comme volontaires pour surveiller le banc lors des récréations.

Un banc de l’amitié pour se réfugier

CHRONIQUE / Depuis un mois, les élèves de l’école des Jolis-Prés de Laterrière qui se sentent seuls ou tristes pendant les récréations peuvent se réfugier sur le banc de l’amitié qui est supervisé par des élèves ayant reçu une formation.

En début d’année, comme ils le font depuis trois ans, les élèves qui siègent sur le comité de la récréation cherchaient des idées pour améliorer la logistique de leur cour d’école. Mégan, une élève de cinquième année, a lancé l’idée du banc de l’amitié. « Ce serait un banc pour les enfants qui se sentent seuls ou tristes », avait suggéré Mégan. Anaëlle souligne qu’elle y avait aussi pensé.

Lorsqu’un élève se sent seul ou a de la peine, il va s’asseoir sur ce banc et deux volontaires vont le rejoindre pour lui tenir compagnie et jouer avec lui.

Évidemment, il ne fallait pas que ce banc soit associé à toute forme de rejet. Pour ce faire, le comité devait monter un plan d’action respectueux. « De plus, comme on ne voulait pas utiliser les bancs déjà existants, il fallait le construire », précise l’enseignante et responsable de ce projet, Fabienne Leblond.

Des élèves ont déniché quelques modèles de bancs sur Internet. Par la suite, le banc a été fabriqué à l’école par Miko et Charlie, deux élèves de quatrième année, avec l’aide de François Rothan, leur enseignant en anglais. L’œuvre que tous les profs auraient voulu avoir dans leur jardin a vu le jour avec un budget de moins de 100 $. « On a payé le bois et les vis, mais la teinture nous a été donnée », souligne Mme Fabienne.

Le banc est officiellement installé dans la cour depuis le début du mois de décembre. « On le sort et on le rentre tous les jours pour éviter de se le faire voler ou vandaliser », poursuit l’enseignante.

« Présentement, certains élèves l’utilisent, mais on donne surtout l’information concernant le rôle du banc. D’autres viennent juste s’asseoir dessus pour prendre une pause et on doit leur expliquer à quoi il sert », intervient Lya-Rose, neuf ans.

Le banc de l’amitié est officiellement installé dans la cour de l’école des Jolis-Prés de Laterrière depuis le début du mois de décembre.

Le banc est installé dans la section de la cour d’école davantage utilisée par le deuxième cycle, soit sept classes de troisième et quatrième année. Éventuellement, selon l’achalandage, peut-être que d’autres bancs de l’amitié verront le jour dans la cour !

Les Coeurs des Jolis-Prés, formés de 24 élèves volontaires, ont reçu une petite formation avec Josée Fortin, la technicienne en éducation spécialisée de l’école. Elle leur a appris comment aider un élève qui se sent seul ou qui a de la peine. Par la suite, des élèves ont fait le tour des classes pour expliquer ce nouveau projet.

Le banc de l’amitié a été fabriqué à l’école des Jolis-Prés de Laterrière, par l’enseignant en anglais François Rothan, accompagné de Miko et Charlie.

Quand un élève va sur le banc, les volontaires attendent quelques minutes, privilégiant la réconciliation avec ses amis. Si personne ne va le rejoindre, l’équipe de deux élèves, mandatée à chaque récréation, s’y rend. « Nous avons même des jeux de l’amitié que nous proposons aux élèves qui viennent s’asseoir sur le banc », mentionne Émy. Évidemment, le concept a aussi comme mandat de créer de nouvelles amitiés.

Chicanes

La récréation du matin et celle de l’après-midi étant passées de 15 minutes à 20 minutes, cela demande un peu plus de gestion. Les élèves qui se réfugient sur le banc vivent souvent un épisode de chicane avec leurs amis.

Chicane qui disparaît habituellement dès la récréation suivante. « C’est surtout des chicanes entre amis. Surtout quand d’autres amis n’acceptent pas les amis de leurs amis… c’est compliqué l’amitié », expliquent les élèves de Mme Fabienne.

« On ne peut pas être d’accord sur tout, ce qui crée des conflits vraiment niaiseux. Des fois, on ne sait même pas pourquoi certains de nos amis ne veulent pas jouer avec d’autres », concluent-ils.