Maéva Provencher, Emy Nicolas, Syany Tourigny et Charles Gauthier vivront bientôt leur bal, avec une dizaine d’amis, dans la cour arrière des grands-parents d’Emy. Espérons qu’Emy pourra être accompagnée de son cavalier, Vincent Tremblay.
Maéva Provencher, Emy Nicolas, Syany Tourigny et Charles Gauthier vivront bientôt leur bal, avec une dizaine d’amis, dans la cour arrière des grands-parents d’Emy. Espérons qu’Emy pourra être accompagnée de son cavalier, Vincent Tremblay.

Un bal chez ses grands-parents

CHRONIQUE / Emy Nicolas vient de terminer son secondaire à l’école de l’Odyssée/Dominique-Racine de Chicoutimi. Évidemment, comme tous les finissants du secondaire, son bal a été annulé à cause des normes sanitaires qui découlent de la pandémie de COVID-19.

L’an passé, l’élève, qui était en quatrième secondaire, avait accompagné son cousin à son bal des finissants. Depuis ce temps, elle rêve à cette journée parfaite. « Je ne suis pas une princesse, mais je tenais à vivre ce moment, qui représente la fin de cette grande étape du secondaire et notre entrée dans le monde adulte », raconte la jeune femme de 17 ans.

Pour ses grands-parents, qui ont une seule petite-fille, pas question de priver Emy de cette soirée de prestige. Ils ont donc proposé à la finissante d’organiser son bal, à plus petite échelle, dans la cour arrière de leur résidence de Jonquière.

Pour cette soirée chic, Emy prévoit inviter une dizaine de ses amis du secondaire. « Il reste à confirmer la date, mais ça devrait être dans les prochaines semaines, dit-elle. Ce sera simple ; rien de compliqué. Il y aura de la musique et des petites bouchées à grignoter. Mes grands-parents acceptent que l’après-bal se fasse aussi chez eux. »

Si les directives du gouvernement le permettent, les invités seront accompagnés.

« Certaines personnes, surtout des garçons, ne trouvent pas ça très grave que notre bal soit annulé. Surtout que les garçons préfèrent l’avant-bal et l’après-bal. Mais les filles sont plus déçues, parce que c’est leur journée de princesse qui n’aura pas lieu », remarque Emy.

Bien des filles rêvent longtemps de cette journée aussi magique que dans les films. « On a hâte à cette soirée pour mettre notre robe et arriver avec notre cavalier. Ce n’est pas tout le monde qui veut se marier, mais je pense que cette soirée de bal donne un peu le même feeling qu’un mariage », conclut Emy.

Le bal de Mélissa

« Je devais sans doute faire partie d’une minorité, mais au secondaire, je n’avais pas tellement hâte d’aller à mon bal des finissants. J’ai toujours préféré les soirées dans des camps, dans les garages ou encore autour d’un feu plutôt que les soirées chics et protocolaires.

Pourtant, la plupart de mes amies rêvaient de cette soirée depuis leur entrée au secondaire. Elles parlaient de leurs rendez-vous chez la coiffeuse, pour leur manucure, de leurs séances de bronzage et du magasinage de robe. Ça me stressait. Je n’aimais pas m’habiller chic, mes mains étaient trop grosses pour une manucure et je n’ai jamais aimé les histoires de princesses. On dirait qu’il faut être trop sérieux quand on est chic.

De plus, il était hors de question pour mes parents de payer une fortune pour cette soirée de bal. Je les comprenais ! C’est d’ailleurs pour cette raison qu’une élève de mon groupe avait refusé de participer au bal. Sa famille n’avait pas les moyens. Je trouvais ça triste pour elle, parce qu’il y a plein de façons de vivre une belle soirée de bal sans débourser une fortune. J’en étais la preuve vivante !

Après avoir fait la tournée des magasins de tissus, j’avais choisi un patron de robe et de la broderie de coton couleur crème. C’est ma talentueuse mère qui m’avait confectionné mes vêtements. J’avais passé quelques soirées avec elle dans le sous-sol à la regarder coudre et à l’aider. Alors que la mode était aux grosses robes fleuries, j’étais fière de porter une jupe qui tombait en pointe et un haut en corsage. Ç’avait coûté moins de 40 $ de tissu et j’avais même une petite pochette en guise de bourse, faite avec des restants de tissus. C’est aussi ma mère qui m’avait coiffée et maquillée ce soir-là. Encore aujourd’hui, c’est toujours elle qui nous pomponne, ma soeur et moi, quand on a une occasion spéciale.

Finalement, j’avais bien aimé mon bal et je me sentais moi-même dans le style que j’avais choisi. Je me rappelle encore des filles qui n’arrivaient pas à marcher avec leurs escarpins ou celles qui s’arrachaient les cheveux avant même le début du bal parce qu’elles n’aimaient pas leur coiffure ! » – Mélissa