Souvenir de chasse aux papillons, en 2014, lors d’un voyage au Costa Rica, alors que Pierre-Olivier Ouellet a capturé un Morpho cypris.

Sur la piste des «bibittes»

CHRONIQUE / En 2012, quand il a créé son entreprise La Bibitte Mobile, Pierre-Olivier Ouellet souhaitait simplement financer son voyage grâce à ce projet étudiant.

L’étudiant en biologie proposait des animations dans les écoles pour parler de sa passion pour les bibittes. « C’est au secondaire, en assistant à ce genre de conférences, que j’avais moi-même commencé à m’intéresser aux insectes », explique Pierre-Olivier.

Sept ans plus tard, l’homme de 29 ans voyage pour son travail et travaille pour voyager. L’entrepreneur vient de terminer une tournée du Québec, où il a visité six villes, dont Saguenay, avec plus de 10 000 spécimens issus de ses chasses un peu partout dans le monde.

Quand il débarque dans un événement, une école ou un festival, il invite les gens à observer, toucher et même déguster certains insectes. De plus, chaque spécimen à son histoire de capture. « C’est ce qui différencie La Bibitte Mobile de ses concurrents. Quand on les achète sur eBay, il n’y a pas d’histoires de capture qui viennent avec », souligne l’homme de 29 ans, natif de Montmagny.

Au lieu de se procurer ses insectes sur Internet, le fondateur de La Bibitte Mobile réalise ses propres quêtes. Il a passé une partie de son été 2019 à Madagascar, réalisant un rêve d’enfance, à scruter la vie sauvage afin de préparer sa thématique pour une exposition à l’Aquarium de Québec.

Après avoir parcouru les quatre coins de la province et visité 250 écoles l’an passé, La Bibitte Mobile est maintenant ouverte au public dans un lieu fixe situé à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. « Il est possible de venir contempler nos spécimens vivants et naturalisés dans notre boutique interactive. Sur place, la plus grande exposition d’arachnides vivants de la grande région de Québec. Également, le plus grand choix d’insectes naturalisés au Québec », peut-on lire sur le site www.labibittemobile.com.

C’est en 2012 que l’aventure de Pierre-Olivier Ouellet, signée La Bibitte Mobile, a commencé.

Dans son commerce, le biologiste offre du matériel entomologique, des insectes comestibles, des bijoux, des bougies en cire d’abeille et même des cadres de papillons. « Ce n’est pas une animalerie. Je ne vends pas d’insectes vivants », précise-t-il.

D’ailleurs, quand les jeunes démontrent un intérêt pour posséder une bibitte ayant un potentiel de dangerosité, comme une tarentule ou un scorpion, le passionné collectionneur d’insectes fait beaucoup de sensibilisation sur la pertinence d’avoir ce genre d’animal en captivité. « C’est du trouble à s’occuper. Ça ne vaut pas la peine », avoue celui qui, sans son commerce, n’aurait pas toutes ces bibittes .

Voyages

Le chasseur d’insectes voyage, la plupart du temps, en solitaire. « Ce n’est pas juste le fun. Les gens pensent que ma vie est comme un film de Walt Disney. C’est le fun deux jours, mais tout un été, ça peut devenir lourd et pour plusieurs, ce serait un cauchemar. »

Ce type de chasse implique une certaine complexité. Quand le chasseur est au travail, des dangers le guettent et ce ne sont pas les insectes qui sont les plus dangereux, mais bien les humains. Il y a une législation à respecter qui diffère d’un pays à l’autre. C’est la même chose que la chasse au chevreuil ou la pêche. « Ça change même d’une province à l’autre. Il faut être très consciencieux. C’est la raison pour laquelle peu de gens font ça. En Inde, par exemple, on n’a pas le droit de chasser les insectes. »

Il faut être débrouillard et, surtout, ne pas être gêné pour tailler sa place dans ce monde. Pierre-Olivier parle anglais, français et un peu espagnol. « Et il y a toujours les signes », intervient-il. Quand il chasse dans des petits villages éloignés, il doit trouver à qui appartient la terre, parler au chef du village, offrir des cadeaux et même souper avec certaines personnes. « S’ils te trouvent sympathique, tu risques d’avoir le droit de chasser sur leur territoire. »

Pour revenir au pays, le passage aux douanes est très simple puisqu’il suffit de déclarer les insectes morts. « Même un enfant peut le faire. »

Après avoir visité le Japon, l’Inde et le Népal, en passant par Madagascar, Pierre-Olivier songe maintenant à partir vers le Pérou en février prochain afin de dénicher des spécimens pour en faire la thématique d’un prochain festival.