Pendant l’organisation de leur événement, l’Escouade jeunesse pour la vie a vécu différentes activités de motivation, afin de concrétiser ses apprentissages. Voici une partie de l’équipe composée de Véronique Fradet, Tsiresy Rafalahary, Chrystelle Gauthier, Coralie Savard et Miora Nianana.

Prévenir le suicide pas à pas

CHRONIQUE / L’Escouade jeunesse pour la vie, composée d’une dizaine de jeunes volontaires âgés de 18 à 29 ans, verra le fruit de ses efforts récompensé le 23 septembre, à l’occasion d’une course et d’une marche pour la prévention du suicide.

Cette escouade, qui a vu le jour en 2017, est issue du programme de volontariat du Carrefour jeunesse-emploi Saguenay. Chaque année, elle organise des événements pour amasser des dons pour la prévention du suicide. L’an dernier, 1800 $ ont ainsi été remis au Centre de prévention du suicide 02.

Chrystelle Gauthier est intervenante pour le projet jeunesse, qui se divise en trois volets, soit l’entrepreneuriat scolaire, le bénévolat et le volontariat. L’Escouade jeunesse pour la vie s’inscrit dans le volet volontariat. « Le volontariat est peu connu au Québec. Les personnes volontaires s’impliquent dans une association qui a comme but de combler un besoin dans leur communauté », explique Chrystelle.

Pour prévenir le suicide, il faut poser des actions et porter un message d’espoir. « C’est une cause qui me touche. Il faut en parler », mentionne Chrystelle, qui a elle-même été frappée de près par la perte d’un proche s’étant suicidé. « L’Escouade jeunesse, c’est aussi un club de course. Les membres sont à même de constater les bienfaits reliés aux saines habitudes de vie sur leur propre vie », poursuit l’intervenante.

Ce groupe est composé de jeunes provenant des quatre coins du monde, dont de la Tunisie et du Madagascar. « Ces personnes ne se seraient jamais rencontrées sans s’impliquer dans le volontariat », remarque-t-elle. L’intervenante se dit encouragée de voir qu’ils sont passés de six volontaires, l’an passé, à dix, cette année. « On veut aussi organiser des événements pour aller chercher les adultes et les personnes âgées, qui sont tout aussi touchées par le suicide », précise l’intervenante du Carrefour jeunesse-emploi Saguenay.

En s’impliquant, ces jeunes volontaires ont reçu un chandail de course, des cours et tout le matériel pour s’épanouir dans la course à pied. Ils ont maintenant pris l’habitude d’inclure ce temps précieux dans leur horaire. Ce mode de vie, qu’ils ont acquis, est beaucoup plus payant, pour leur santé, que n’importe quelle paie, estiment-ils.

Le 15 septembre, je faisais ma première course de sept kilomètres à Petit-Saguenay dans le cadre d’une activité de financement pour faire l’achat d’équipements sportifs au Centre des loisirs.

Un rendez-vous
Le dimanche 23 septembre, l’Escouade jeunesse pour la vie vous attend à la place Nikitoutagan (2330, rue de la Rivière-aux-Sables, Jonquière), dès 9 h, pour les inscriptions au coût de 20 $ par adulte. C’est gratuit pour les enfants. Le départ se fera à 10 h. On vous propose de marcher ou de courir un circuit de 5 km ou de 10 km. Tous les fonds amassés iront au Centre de prévention du suicide 02. Les participants pourront écrire le nom d’une personne perdue sur leur dossard.

J’y participe pour mon oncle Ronald
Mon oncle Ronald m’a appris toute une leçon quand j’avais 5 ans. À la suite de son suicide, j’ai su qu’on avait le pouvoir de vie ou de mort sur notre propre vie. J’ai grandi en voulant lui prouver que ça valait la peine de vivre.

Quelques années plus tard, mon oncle Michel, mon grand-père Donat et ma tante Reine m’apprenaient qu’il y avait d’autres types de suicide. Des suicides plus subtils, reliés aux dépendances, mais qui rendent les proches tout aussi impuissants, des décès précoces reliés à la dépendance à l’alcool. Bien que vivre intensément ait une signification différente pour chacun, pour moi, c’est contribuer à changer les choses et m’investir dans ma communauté.

Au début de l’été 2018, je me suis mise à courir. En fait, j’ai toujours beaucoup marché, mais en accompagnant à la marche une petite fille de 9 ans, qui faisait du vélo, j’ai dû augmenter la cadence pour la suivre. J’ai bien aimé battre mon temps habituel ! Je me suis donc mise à courir entre quatre et sept kilomètres, cinq fois par semaine.

Le 15 septembre, après avoir parcouru 125 kilomètres de moto, pour me rendre à Petit-Saguenay, je faisais ma première course de sept kilomètres au profit du Centre des loisirs de Petit-Saguenay. Plus de 200 personnes avaient répondu à l’appel. Devant ce succès, les organisateurs promettent déjà une deuxième édition. Cette expérience, par son organisation et l’endroit enchanteur, m’a donné envie de revivre des expériences similaires. Si bien que je serai à la place Nikitoutagan dimanche pour ma deuxième course et je courrai pour Ronald.

Bouger pour une bonne cause, ça m’interpelle vraiment ! Dimanche, je courrai avec le nom de Ronald tatoué sur le coeur. Après tout, le suicide, ce n’est la faute de personne, mais c’est un peu la faute de tout le monde.

Si vous ou l’un de vos proches êtes en détresse, une ligne d’intervention téléphonique sans frais est accessible 24 heures sur 24, sept jours sur sept, au 1866-APPELLE. Une équipe d’intervenants professionnels expérimentés est là pour vous écouter, vous soutenir et vous orienter vers les ressources appropriées.