Voici Cédrik Marchildon lors d'un voyage au cap St-Vincent dans le sud du Portugal. Le grand voyageur vient de passer ses vacances de Noël à Londres.

Nous avons le pouvoir

CHRONIQUE / Qui a dit que les jeunes ne s'intéressaient pas à la politique? Comme en démontre l'édition de décembre du journal étudiant Le Gravillon, avec ses huit articles en lien avec la politique, les jeunes peuvent avoir le pouvoir. Cédrik Marchildon, 16 ans, donne quelques trucs aux jeunes pour développer leur pouvoir.
«Malgré qu'il s'agisse d'un domaine apparemment complexe et trop souvent réservé aux adultes, l'absence de droit de vote pour les moins de 18 ans ne signifie pas que nous ne pouvons pas exprimer nos opinions à propos de notre société et de son administration.
En tant que groupe démographique de l'avenir et future génération dirigeante, regardons quels pouvoirs politiques nous détenons à notre âge.
D'abord, s'informer demeure le moyen le plus efficace de changer les choses. Le simple fait de voter nécessite des connaissances de base au sujet de notre gouvernance. Alors, pour utiliser pleinement ce droit, il est capital de bien se renseigner. Aujourd'hui, l'information étant si accessible, il faut rester très critique à l'égard des sources d'informations. Ainsi, bien s'informer n'est pas que de suivre régulièrement l'actualité, mais aussi se documenter à l'aide de sources fiables. Être informé donne aussi une indépendance extraordinaire. Je pense que la bonne information nous évite d'être influencés par la pensée populaire et cela nous permet de développer notre propre opinion, aptitude très importante dans plusieurs aspects de notre existence.
Ensuite, formant un important groupe démographique très important et possédant généralement plus de temps libre que les adultes, nous sommes en mesure de nous impliquer dans les mouvements et les partis qui défendent nos idées. Que ce soit lors des élections ou lors de manifestations (pacifiques si possible), tous les groupes voulant s'impliquer politiquement ont besoin de bénévoles. Que ce soit pour distribuer des pamphlets ou simplement lors des rassemblements des partis politiques, les volontaires forment les partis et les mouvements politiques.
Notre pouvoir d'achat
La troisième possibilité que nous avons pour défendre nos convictions est d'ordre économique. Il s'agit de la capacité que l'on possède d'encourager certaines façons de faire lorsque nous effectuons nos achats. Je parle du pouvoir que nous avons de soutenir certaines compagnies partageant nos valeurs lorsqu'on se procure un produit, ou encore écarter celles allant à l'encontre de ce que nous estimons juste.
Malgré son côté abstrait, il s'agit, selon moi, du pouvoir ayant le plus d'impacts sur la société. Effectivement, alors que les élections ont lieu tous les quatre ans pour chaque palier de gouvernement, nous dépensons tous les jours. Il s'agit d'un extraordinaire moyen pour faire entendre et défendre nos convictions. Je vais donner un exemple très simple, mais qui démontre l'importance de ce pouvoir. L'achat national, soit l'achat d'un produit manufacturé dans le pays où nous vivons, prend de plus en plus d'ampleur dans la consommation des Occidentaux. Un institut français de la consommation, le FIMIF, a calculé que l'achat national crée trois fois plus d'emplois dans le pays où les acquisitions sont faites.
Ainsi, lorsqu'on achète un produit, on approuve les façons de faire et les pratiques de la compagnie qui le crée et le manufacture. Par exemple, lorsqu'on achète un produit fabriqué en Chine, comme nous pouvons facilement retrouver sur des sites de vente en ligne comme Aliexpress, nous acceptons la délocalisation des emplois occidentaux vers la Chine tout en concédant qu'il est bien de sous-payer les travailleurs n'ayant pas eu la chance de naître dans un pays comme le nôtre.
Nous avons la capacité, via notre argent, de défendre nos valeurs. Qu'elles soient écologiques, sociales ou économiques, nous pouvons avoir un impact important. Donc, en s'informant, en aidant les partis défendant nos idées et en achetant des produits venant de compagnie promouvant nos valeurs, les jeunes Québécois peuvent changer les choses.»
Cédrik Marchildon, 16 ans, école secondaire Charles-Gravel