L’été des imprudences

Mélissa Viau
Mélissa Viau
Le Quotidien
CHRONIQUE / Dans la pratique de certaines activités, il est recommandé de porter un équipement de protection, qu’on néglige parfois en pensant que ça s’adresse juste aux autres.

Cet été, j’ai appris à mes dépens que porter des vêtements inadéquats peut grandement nuire à notre santé et à notre qualité de vie.

Il faisait très chaud cette journée-là et j’avais décidé de passer mon coupe-bordure en camisole, en short et en bottes de travail. Dès qu’on jardine, ou qu’on s’aventure en forêt, il est fortement conseillé de porter des gants et des vêtements longs.

Évidemment, quand on utilise un coupe-bordure, l’herbe qu’on déchiquette revole partout, y compris sur notre corps. On finit par être vert de la tête aux pieds. Mais quand il fait chaud, c’est dur de rester disciplinée. Heureusement que je portais des lunettes pour protéger mes yeux...

Au bout de 24 heures, je me suis mise à me gratter au niveau des chevilles en supposant des piqûres d’insectes. Mais contrairement à une piqûre, les boursoufles ressemblaient à de petites cloques d’eau. Pendant la nuit, les démangeaisons sont devenues très intenses. Le lendemain, les cloques s’étaient répandues sur toutes mes jambes et un peu sur mes bras. De plus, je voyais apparaître plein de petits boutons qui, eux aussi, piquaient beaucoup. Quand j’allais au soleil, la sensation de picotement était intolérable.

En me rendant à la clinique, on m’a dit que les grosses cloques étaient des dermatites de contact, sans doute causées par la sève d’une plante toxique, telles que la berce de Caucase, le panais sauvage, l’ortie ou l’herbe à puce. Les petits boutons étaient de l’urticaire. Par contre, il était impossible, en regardant les lésions, de dire de quelle plante il s’agissait exactement. C’est un peu comme lorsqu’on ressent les symptômes d’une allergie alimentaire. On ne peut pas savoir, selon les effets, de quel aliment il s’agit.

En fouillant sur mon terrain, j’ai trouvé beaucoup d’ortie. Depuis ce temps, je ne prends pas de chance et je m’habille de la tête aux pieds quand j’utilise mon coupe-bordure.

J’ai dû prendre des antibiotiques et de la cortisone en pilules, en plus de mettre de la crème à la cortisone sur les plaies. Les premiers jours, je ne pouvais pas aller dehors, car la chaleur, même à l’ombre, donnait une sensation de pétillement sur mes jambes. Je devais prendre des douches tièdes, presque froides, pour éviter d’aggraver les lésions.

Au bout de dix jours, je peux dire que ça s’améliorait, mais j’en ai eu pour deux mois à avoir des poussées d’urticaire, alors que je n’avais jamais fait ça de ma vie. Encore aujourd’hui, certains endroits atteints plus sévèrement sur mes jambes piquent régulièrement.

On dit que la guérison complète, en cas de contact avec une plante toxique, est de six à huit semaines. Il faut donc être très prudent et bien se couvrir le corps quand on joue dans l’herbe !

accident de Moto

Même s’il n’est pas illégal de rouler en t-shirt à moto, il est recommandé de porter des vêtements de protection. Moins de deux mois après ma mésaventure, c’était au tour de mon chum d’avoir un accident en ayant plus ou moins les vêtements appropriés.

Comme il faisait chaud, il avait mis une veste de protection en cuir, sans manche, et il ne portait pas de gants.

Empruntant son trajet habituel, pour se rendre au travail, et en respectant les limites de vitesse, il a perdu le contrôle de sa moto sur un pont de bois mouillé. Il a glissé et roulé sur l’asphalte sur une distance de près de 200 pieds. Sa moto, munie d’une cage de protection (crash bar), lui a sauvé les jambes. Ses jeans et ses boxeurs se sont littéralement désintégrés au contact de l’asphalte.

Imaginez l’état de ses fesses, de ses bras et de ses jambes quand il a fini sa trajectoire… Il regrettait de ne pas avoir mis son manteau en kevlar et ses gants de cuir conçus pour la moto. S’en sont suivis un tour en ambulance, un séjour à l’hôpital et un arrêt de travail d’une durée indéterminée.

Plusieurs motocyclistes, en temps chaud, négligent leur protection. Heureusement, il avait son casque full face. Pendant deux ans, il avait porté un demi-casque. Il en a mangé des mouches dans la face, en plus de se faire fouetter par la pluie… Tout ça pour correspondre au style de sa moto. Plusieurs ressentent une fausse sécurité avec ces demi-casques, qui sont conformes aux normes, mais qui ne protègent pas autant que le full face. Il a fini par changer sa moto et le style allait avec le full face !

Quand un patient est admis à l’urgence avec des blessures par abrasion, une brosse est utilisée pour enlever toutes les roches et la saleté pour réduire les risques d’infection dans les plaies. C’est loin d’être une partie de plaisir.

Après son séjour à l’hôpital, pour soigner sa fracture ouverte au coudre et ses nombreuses blessures par abrasion, il a continué sa convalescence à la maison en se rendant quotidiennement dans deux hôpitaux différents pour les changements de pansements et de plâtre.

Disons que notre été nous a donné beaucoup de leçons.

En espérant que ces témoignages préviendront quelques accidents…