Une valise et un petit sac à dos, voilà tout ce que possède le Jonquiérois Edgar-Henri Richard pour vivre l’expérience nationale Katimavik d’une durée de six mois.

Les voyages forment encore la jeunesse

CHRONIQUE / Convaincu que les voyages forment la jeunesse, Edgar-Henri Richard vient de quitter le Saguenay avec dix autres jeunes, âgés de 18 à 25 ans, pour vivre une aventure de six mois signée Katimavik.

Fasciné par les humains, le jeune homme de 18 ans cherchait une façon de découvrir le monde à peu de frais. Ce programme d’immersion, où il fera du volontariat 30 heures par semaine, correspond exactement à son profil.

Il y a quelques mois, sur un coup de tête, Edgar a rempli un formulaire en ligne sur le site Internet de Katimavik. « J’avais tapé ‘’volontariat international’’ et je suis tombé sur ce site », souligne l’internaute. Après quelques clics de souris, il a envoyé sa demande en faisant confiance au destin. Le 31 décembre, il a reçu un appel. « Une place venait de se libérer et on me demandait si je voulais partir le 9 janvier. J’ai aussitôt accepté », se remémore celui qui adore la spontanéité.

Il avait quelques jours pour mettre fin à ses études collégiales en arts et lettres, rendre les clés de son logement et vendre ses biens. Amateur de mode et de lecture, il a donné une bonne partie de ses vêtements et la plupart de ses livres. « Une valise et un petit sac à dos sont ce qu’il me reste de toutes les choses que je possédais. Ça me fait un bien fou. On vit dans un monde où la consommation à outrance est la norme. J’ai toujours embarqué là-dedans les yeux fermés. Plus maintenant. 2019, nouveau départ, nouvelles connaissances », écrit Edgar sur le groupe Facebook qu’il a créé pour le suivre.

Dans ses bagages, son ordinateur sera son premier confident grâce auquel il prévoit écrire régulièrement. Il planche sur un projet d’écriture de livre qu’il compte poursuivre lors de son séjour qui se passera d’abord à Calgary. Il apprendra l’anglais, découvrira l’impact de l’engagement citoyen, et les avantages que ça apporte, en plus d’acquérir des compétences professionnelles dans plusieurs domaines.

« Nous allons aussi venir en aide à la communauté et aider à faire de la réconciliation avec les Autochtones », mentionne Edgar.

Même s’il n’a encore jamais voyagé seul et qu’il empochera un maigre 25 $ par semaine, il est persuadé que ce sera bénéfique pour lui. Ayant fait son secondaire à la Polyvalente Jonquière, dans le programme Arts et Métiers de la Scène, il a aussi appris à s’exprimer et il s’adapte bien aux nouvelles situations. Selon lui, tous les jeunes devraient voyager pour apprendre à mieux se connaître. « C’est dur, à 17 ou 18 ans, de savoir ce qu’on veut faire dans la vie », réfléchit l’étudiant.

Retour

À son retour, prévu en juin 2019, Edgar espère que cette expérience l’aura éclairé sur son avenir professionnel. Il aimerait travailler au Saguenay pour ensuite reprendre ses études. « J’aime la politique, l’anthropologie et le contact avec les gens. Je suis bon pour faire de la réconciliation », explique-t-il. Depuis un peu plus d’un an, malgré son jeune âge, Edgar vole de ses propres ailes. Ayant une facilité avec les enfants, il garde depuis qu’il a 12 ans. D’ailleurs, avant son départ, il habitait chez Cynthia Fortin qui a quatre enfants. « J’ai commencé à garder ici et nous sommes devenus amis », poursuit celui qui avoue s’ennuyer déjà de ces enfants. Il leur a promis qu’il leur enverrait des cartes postales aux deux semaines. Ce qui va lui manquer le plus, c’est la nourriture de sa grand-mère paternelle, Denise Villeneuve, qui apparemment fait la meilleure tourtière. Il va aussi assurément s’ennuyer de sa sœur Caroline avec qui il a une super bonne relation.

Katimavik

Edgar vit présentement l’expérience nationale Katimavik, un programme immersif de six mois rassemblant 11 jeunes qui partagent une maison Katimavik dans deux communautés différentes. Les participants demeurent trois mois dans une communauté anglophone et trois mois dans une communauté francophone. Le groupe est accompagné par un (e) agent (e) de projet qui réside dans la maison et qui offre un soutien et des conseils aux jeunes. L’expérience nationale Katimavik sera encore offerte de juillet à décembre 2019. L’inscription pour ce prochain groupe débutera en février 2019. Les programmes de Katimavik sont financés par le gouvernement du Canada dans le cadre de son programme Service Jeunesse Canada.

Ceux qui veulent suivre l’aventure d’Edgar-Henri Richard peuvent le faire en se joignant au groupe Facebook E-H Richard chez les Canadiens