Parents and godparents stand at the baptismal font with the baby in a church
Parents and godparents stand at the baptismal font with the baby in a church

Les parrains et les marraines d’aujourd’hui

CRHONIQUE / J’ai souvent envié Cendrillon d’avoir une marraine aussi exceptionnelle dans sa vie. D’ailleurs, j’y pense, on n’a jamais su qui était son parrain.

Bref, mon expérience personnelle avec mon parrain et ma marraine n’a rien d’un conte de fées. Pour diverses raisons, je n’ai pas développé une proximité significative avec ceux ayant fait vœu de devenir ma deuxième famille, en cas de décès de mes parents.

À une certaine époque, en plus d’agir comme parents remplaçants en cas de décès, ces personnes étaient aussi chargées d’assurer l’éducation catholique de l’enfant. Encore aujourd’hui, même si le mandat a changé, la tradition se poursuit et on dénote toujours un engouement autour de ces précieuses personnes qui ont une place privilégiée dans la vie d’un enfant.

Pour plusieurs, ce titre s’officialise encore à l’église, le jour du baptême.

Partant de ce principe, j’ai donc déjà refusé d’être marraine, car je ne suis pas croyante. Je ne m’imaginais pas être obligée d’aller à l’église au baptême et à toutes les communions de l’enfant et lui offrir un magnifique pendentif en croix le jour de sa confirmation.

« Ce n’est pas grave ça ! Je ne suis pas croyante non plus et je suis marraine trois fois. Il suffit de dire « oui » quand le curé te demande si tu acceptes d’accompagner ton filleul ou ta filleule dans la foi catholique », m’ont révélé quelques personnes en apprenant mon refus.

Peut-être que je pousse ma réflexion un peu trop loin, mais pour moi, cette réponse signifie qu’on peut donc mentir à la religion.

Ce n’était pas ce que m’avaient appris Diane et Claudette, mes profs de première et deuxième année, dans mes cours de catéchèse au primaire. Me semble que l’honnêteté fait partie des valeurs véhiculées par toutes les croyances. Bon ! Je me trompe peut-être, parce qu’à partir de ma troisième année j’étais en morale. Mais quant à moi, la première personne à qui on ment, dans ce genre de situation, c’est à soi-même. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai choisi de sortir de ma vie tout concept de croyance relié à une religion. Il y a tellement d’absurdités qui ne font pas de sens pour moi.

Je ne dis pas que je n’ai pas de spiritualité, mais disons que je l’ai personnalisée !

Quand je demande à mon entourage pourquoi ils ont fait baptiser leurs enfants, la plupart répondent que c’est simplement pour poursuivre une tradition qui enseigne de belles valeurs. Je respecte leur point de vue et c’est ce qui fait que plusieurs traditions perdurent. Une amie m’a aussi dit qu’elle avait accepté d’inscrire sa fille à cette cérémonie, pour faire plaisir à ses proches.

De mon côté, je ne pense pas avoir besoin de tous ces flaflas pour avoir de bonnes valeurs. La dernière fois que j’ai assisté à un baptême, j’avais l’impression que l’enfant baptisé était immunisé en sortant de là, qu’il était instantanément devenu une meilleure personne et qu’il pouvait aller jouer dans le trafic en toute quiétude parce que le paradis l’attendait. C’est grossièrement résumé, et c’est avec une touche d’humour que je le dis, mais ça reste que c’est ce que j’ai retenu.

C’est facile de parler de rôle privilégié, de deuxième parent, de fusion et de magie, mais en vérité, autour de moi, peu d’adultes ont conservé un lien avec ces filleuls qui semblaient pourtant uniques à leurs yeux les premières années de leur vie.

La naissance d’un enfant est une fête en soi et c’est bien de remplir ce départ d’espoir et de rêves. Même en étant un peu désillusionné, on peut continuer d’être très ému quand quelqu’un nous confie avoir été nouvellement nommé parrain ou marraine. C’est une preuve d’amour et une marque de confiance qu’offrent les parents à une personne qu’ils aiment.

Il ne faut tout de même pas oublier qu’on peut développer des liens particuliers avec des gens qui n’ont pas nécessairement un lien de sang ou de titre officiel. Je pense aussi qu’on peut n’avoir aucune affinité avec une personne ayant un lien de sang ou portant un titre officiel. On peut devenir quelqu’un de marquant sans savoir à quel moment et sans avoir de rôle prédéterminé.