Les hauts et les bas de Marketplace

CHRONIQUE / Si tu trouves le confinement un peu long, je te propose de faire le ménage de tes affaires et de vendre ce que tu n’utilises plus sur le marché de Facebook : Marketplace. Tu peux même proposer aux membres de ta famille de les aider à vendre les choses qu’ils ne se servent plus et garder un pourcentage sur les ventes.

Cette méthode rapide, qui encourage la récupération, est tout aussi pratique pour acheter à bon prix. Par contre, la gestion est parfois complexe. En cette période de pandémie, pour éviter les problèmes, il faut être prudents et appliquer les consignes sanitaires, notamment au niveau de la distanciation.

De plus, il faut respecter les règles de Marketplace. Par exemple, comme la vente d’animaux est interdite, cette plateforme m’a déjà refusé de vendre un accessoire pour chien, parce qu’on voyait mon chien en guise de mannequin. Pour éviter la fraude, reliée à l’argent faux, mieux vaut privilégier les virements Interac.

Si on gère mal les messages reçus, on peut rapidement se retrouver au coeur de conflits, surtout si ce qu’on vend devient trop populaire. Il faut aussi s’attendre à perdre beaucoup de temps avec les fausses promesses, les acheteurs qui changent d’idée, les réservations, les annulations, les rendez-vous en retard et les demandes d’information pour ceux qui ne lisent pas l’annonce. Et que dire des gens qui négocient un peu trop fort !

Ce qui m’encourage à continuer d’utiliser ce moyen, pour vendre ce dont je ne me sers plus, c’est que je fais aussi de belles ventes rapides, pas compliquées et qui font le bonheur d’acheteurs sympathiques et fiables.

La semaine passée, j’ai vendu une poubelle à 30 $ sur Marketplace. Une poubelle noire, bien ordinaire, qui se vend quand même trois fois ce prix en quincaillerie. Grâce à cet objet, je me suis fait quatre nouveaux amis. Ces personnes m’ont ajoutée sur Facebook pour me parler en privé de ma poubelle. Mais je me suis aussi fait envoyer promener parce que je ne voulais pas baisser mon prix de 10 $.

Souvent, quand je vends des choses, je me fais proposer des échanges avec d’autres bébelles qui n’ont pas du tout rapport avec ce que je vends. Je me suis déjà fait offrir une chaloupe et un VTT en échange d’une voiture ! J’ai été chanceuse, cette fois-ci, puisque je n’ai pas eu de propositions étranges, comme un grille-pain en échange de ma poubelle !

Poubelle à vendre

Je ne pensais pas non plus que de vendre une poubelle allait être aussi distrayant.

Voici donc quelques commentaires qui ont occupé une bonne partie de ma soirée.

« Est-ce que je peux te réserver ta poubelle et passer la chercher dans trois semaines ? » Je ne fais plus confiance aux réservations !

« Oui ! Je la veux. Je pars tout de suite. Vous restez où ? » Je réponds ce qui est écrit dans l’annonce. « Ah ! C’est trop loin. »

« Oui ! Je la veux. Je pars tout de suite. C’est combien de litres ? » Je réponds ce qui est écrit dans l’annonce. « Ah ! C’est trop petit. »

« Est-ce qu’elle est sale ? » C’est une poubelle ! Je ne mangerais pas dedans, mais elle est vide.

« Est-ce qu’elle entre dans mon auto ? » Là, il faut que je devine quelle est son auto !

« Vous restez à combien de temps de chez moi ? » Ce n’est pas à moi de vérifier ça.

« Vous êtes loin. Pouvez-vous me la livrer ? » Elle reste à deux heures de chez moi !

« Est-ce que vous en avez d’autres à vendre ? J’en voudrais une verte. »

« Je la veux ! Mon nom sur Facebook est Mario, mais mon vrai nom, c’est Karine. J’en parle à mon chum et je te reviens. » Celle-là, c’est ma préférée !

Le pire, c’est que plusieurs jours plus tard, alors que j’avais retiré mon annonce parce que j’avais trouvé preneur, certains m’écrivaient encore pour savoir si elle était toujours disponible. Si vous voulez démarrer une entreprise, je vous suggère la vente de poubelles !