La classe de quatrième année de l’école des Jolis-Prés s’était divisée en équipes pour initier les petits de premier cycle, de l’école Notre-Dame, à la robotique.

Les grands initient les petits à la robotique

CHRONIQUE / Le 9 avril, à Laterrière, une classe de quatrième année de l’école des Jolis-Prés initiait les élèves de premier cycle de l’école Notre-Dame à la programmation robotique.

« Le but est aussi de transmettre notre passion aux enseignantes et aux enseignants pour que ces derniers intègrent la robotique dans leur enseignement », mentionne l’enseignante Fabienne Leblond.

C’est que la programmation et la robotique sont au coeur des métiers de l’avenir. « Et le Québec représente un retard sur les autres provinces du Canada, qui ont commencé à initier les élèves du primaire depuis quelques années déjà », poursuit Madame Fabienne. Il existe déjà beaucoup de robots dans le domaine de la restauration et de l’industrie, et leur présence est en constante augmentation.

Depuis plusieurs mois, Mme Fabienne et ses 24 élèves travaillent à monter des outils pédagogiques et des cahiers d’activité simples. Ils ont créé une dizaine de jeux ludiques en respectant le niveau d’apprentissage des enfants de maternelle et première année. « Les robots sont un bon prétexte pour apprendre les divisions, les multiplications, les additions, les soustractions et même la lecture, les rimes et les formes géométriques », énumère Mme Leblond.

Le site Internet La Classe de Florent comporte un jeu d’initiation à la programmation robotique.

Pour présenter leurs ateliers, les jeunes initiateurs, âgés de 9 ans, avaient choisi d’utiliser les robots Bee-Bot et Blue-Bot. « Il y avait six élèves par classe, dont deux animateurs et quatre élèves en soutien avec les petits », précise l’enseignante de quatrième année. Étape par étape, les animateurs exposaient leurs diaporamas pour présenter des jeux faciles, dans le but d’apprivoiser tranquillement les robots.

Sur le tapis d’activité, à tour de rôle, les petits de la maternelle lançaient le dé pour déterminer la mission du robot Bee-Bot, qui devait se rendre sur le chiffre en question. L’abeille se programme à l’aide de flèches sur son dos, lui permettant de tourner, de reculer et d’avancer.

L’avant-midi était si bien organisée que même les enseignantes s’amusaient. « On laisse aussi tous les cahiers d’exercices afin que les ateliers soient refaits en classe », ajoute Fabienne Leblond.

15 000 $ à dépenser

Tout a commencé en juin 2018, alors que chaque école primaire du Québec recevait 15 000 $ pour acheter du matériel de robotique, de laboratoire créatif et d’appareils numériques.

Les petits de la maternelle découvrent le robot Bee-Bot.

« Nous avions seulement une semaine pour faire les achats de robots, dont les prix varient entre 150 $ et 300 $. Ce montant incluait la formation en robotique aux enseignants volontaires », explique Mme Leblond.

Évidemment, plusieurs enseignants ont eu peur de cette annonce, notamment ceux qui manquent de connaissances dans ce domaine.

Étant en fin de carrière, et malgré sa méconnaissance de la robotique, Madame Fabienne n’a jamais perdu son engouement devant de nouveaux défis. Comme le Plan d’action numérique avait aussi mis en place des possibilités de formation et d’accompagnement des enseignants, elle s’est donc inscrite pour suivre les quatre demi-journées de formation en robotique. « J’étais vraiment stressée d’embarquer dans quelque chose qui m’était totalement inconnu. Mes élèves m’ont répété ce que je leur dis souvent : ‘‘Fais-toi confiance.’’ », se remémore-t-elle.

Pendant sa formation, l’enseignante devait apprendre le langage de la programmation, programmer son robot et réussir une mission. « Je me pratiquais à la maison. Mon conjoint n’était plus capable de m’entendre parler de robotique », relate la femme en riant.

Étape par étape, les élèves présentaient leurs diaporamas pour faire des jeux faciles dans le but d’apprivoiser tranquillement les robots.

C’est pendant ce processus que Fabienne Leblond s’est mise à imaginer des jeux requérant du matériel simple pour guider ses collègues vers la robotique. « Il existe beaucoup de tutoriels sur Internet à ce sujet, mais il faut fouiller pour trouver de bonnes ressources », remarque-t-elle.

Dans leurs recherches, les élèves ont découvert une grande variété de robots, dont certains sont assez robustes, même pour aller dans l’eau !

Pour vous initier à la programmation robotique, les élèves de Madame Fabienne vous recommandent le jeu de Bee-Bot sur le site Internet La Classe de Florent, soit classedeflorent.fr.