Les élèves de maternelle ont observé le travail des vers utilisés par Cynthia Girard pour faire du compostage.

L’École régionale Riverside se lance dans le compostage

CHRONIQUE / L’École régionale Riverside de Jonquière a pris de l’avance sur le bac brun. Depuis le début du mois d’octobre, toutes les classes de niveau primaire ont leur petit récipient pour ramasser les restants de fruits et de légumes.

C’est Marie-Claude Genest et ses 19 élèves de la maternelle qui ont entraîné l’école dans cette aventure. « Ce projet ne devait pas être une surcharge pour les enseignants. C’est pourquoi nous avons plutôt impliqué les élèves. Tous les jours, un élève de chaque classe est mandaté pour aller vider le contenant de matière compostable dans un des deux bacs extérieurs », explique Mme Marie-Claude.

Au printemps, l’école prévoit utiliser le compost pour ses propres plantations. « Nous avons aussi fait une demande à la Ville de Saguenay pour avoir deux gros composteurs en bois conçus spécialement pour ça », poursuit l’enseignante.

Sensible à la vulnérabilité de la planète, cette enseignante s’est lancé le défi de changer les habitudes de ses élèves, et par la bande, celles des parents. Son truc est d’y aller avec douceur, positivisme et humour. Elle est une brillante vulgarisatrice. Même les petits de 5 ans comprennent bien les informations transmises par Mme Marie-Claude, quand elle leur parle du continent de plastique, de l’empreinte écologique, du recyclage, de la surconsommation et de la réduction des déchets, entre autres.

Sur la carte du monde, elle leur montre le trajet d’un objet qu’on achète et qui a été fabriqué au Québec, comparativement à un objet provenant d’un autre continent. La notion d’empreinte écologique est ainsi bien évidente. Aussi, dans sa classe, les enfants font une chenille avec les petits pots de yogourt individuel, de plastique numéro 6, qui ne se recycle pas. « On ne veut plus que notre chenille grandisse », souligne Mme Marie-Claude.

Les parents sont parfois exténués par toutes les contraintes qu’implique l’élaboration des lunchs, mais la planète est en danger, et les enseignants jouent leur rôle d’éducateur, estime-t-elle. « On peut inclure une boîte à boire une fois de temps en temps pour dépanner, mais pas tous les jours », remarque Mme Marie-Claude, elle-même maman de deux enfants.

Le 19 octobre, Cynthia Girard est venue parler de compostage dans la classe de Mme Marie-Claude.

Atelier

Le 19 octobre, Cynthia Girard était l’invitée spéciale dans la classe de Mme Marie-Claude, qui adore concrétiser les apprentissages de ses élèves avec des ateliers éducatifs.

Mme Cynthia venait présenter un autre type de compostage, fait à l’aide de vers rouges, un peu différent des vers de terre qu’on retrouve dans nos jardins. « Je vous ai amené mes petits animaux de compagnie », a lancé la maman, qui était accompagnée de sa fille de cinquième année, qui agissait comme assistante. Dans un bac muni de trous d’aération, Mme Cynthia dépose environ deux tasses par semaine de restant de fruits et de légumes, préalablement coupés en petits morceaux, pour ses vers. « Ils raffolent aussi du café », mentionne-t-elle.

Au bout de six mois, quand le compost a la texture de la terre, la petite famille de quatre enfants l’étale et fait le tri de leurs vers afin de démarrer un nouveau cycle de compostage. « On utilise le compost pour enrichir les plantes », précise Mme Cynthia.

Tous les élèves de Mme Marie-Claude ont judicieusement écouté les conseils de leur invitée pour faire leur propre bac de compostage intérieur, sans toutefois y mettre des vers. Avant de recevoir les restants de fruits et de légumes, ils ont mis de la terre, des feuilles, du papier déchiqueté, des bouts de bois et un peu d’eau dans leur contenant.

« Nous allons observer notre compost intérieur et comprendre ce qui se passe dans la décomposition de la matière », indique Mme Marie-Claude.

« Marie-Cologique »

Dans l’enseignement depuis plus de 15 ans, Marie-Claude Genest a transmis sa passion à bien des jeunes. À 12 ans, elle signait déjà « Marie-Cologique » !

Dans les prochains jours, Marie-Claude Genest et ses élèves observeront l’évolution de leur compost intérieur.

Sensible à tous les êtres vivants, elle a toujours protégé les espèces qui en avaient besoin. « Petite, je passais mes étés au chalet, sur le bord du Lac-Saint-Jean. J’ai vu la population de poissons baisser quand des roches ont été installées sur les berges, alors que les oeufs se fracassaient au lieu de se déposer dans le sable. On a notre part de responsabilité face aux espèces en danger », poursuit celle qui souhaite vivre en harmonie avec la nature.

À l’école Riverside, dans la salle du personnel, les collègues se relancent en faisant découvrir leurs trouvailles de produits écologiques. « On ne se tape pas sur les doigts. On s’encourage », conclut la dynamique enseignante de maternelle.