En commençant à jouer au football à 12 ans, Émile Simard (à gauche) a transmis sa passion pour ce sport à toute sa famille, dont son père Daniel, son frère Nataniel, sa sœur Romane et sa mère Sandra Mélanie Belley.

Le football, une passion familiale

CHRONIQUE / Il y a à peine cinq ans, la famille Simard-Belley n’avait encore jamais suivi un sport. Pourtant, quand leur fils Émile, qui avait 12 ans à l’époque, a démontré son intérêt pour le football, ses parents l’ont encouragé immédiatement.

Depuis ce temps, l’adolescent de 17 ans, qui fait partie de l’équipe de football collégiale les Gaillards du Cégep de Jonquière, a réussi à contaminer son frère Nataniel, sa sœur Romane et ses parents de sa passion.

Nataniel évolue depuis son entrée au secondaire à l’école de L’Odyssée dans la concentration football. « Après mon secondaire, j’aimerais poursuivre mes études en informatique », mentionne le jeune homme de 14 ans.

De son côté, Romane pratique le mini football depuis l’âge de neuf ans. Elle a bien hâte d’entrer à l’école secondaire de L’Odyssée, l’an prochain, dans la concentration football. Comme les filles sont très peu nombreuses à se lancer dans ce sport, elles évoluent dans des équipes mixtes. La jeune fille de 12 ans espère percer dans ce sport non conventionnel.

Elle est bien encouragée par Antoinette «Toni» Harris, une footballeuse américaine. Elle a été la première femme à recevoir des bourses d’études complètes en tant que non-spécialiste dans les universités de football et la deuxième femme à jouer au football avec des bourses d’études.

« Comme on prêche par l’exemple, on s’est mis aussi à s’entraîner en famille, plusieurs fois par semaine, à la salle de gym près de chez nous », mentionne leur mère, Sandra Mélanie Belley. Quand on voit l’imposante carrure de leur père, Daniel Simard, on comprend vite d’où vient la prédisposition génétique de sa progéniture !

Émile

La saison de football se déroulant de septembre à décembre, les joueurs passent le reste de l’année à s’entraîner. En concentration football, les élèves du secondaire passent la moitié de leur journée à s’adonner à leur sport. « On fait beaucoup de cardio, de musculation et on développe nos techniques », relate Nataniel. L’autre moitié de la journée est consacrée aux études. « Pour rester dans sa concentration, on doit maintenir une moyenne académique supérieure à 65% », précise-t-il.

Ce que la famille de Saint-Fulgence apprécie particulièrement, c’est aussi les valeurs véhiculées par ce sport. Au football, il n’y a pas de vedette, puisque l’équipe forme un tout, souligne la famille. «Il y a de la place pour tous les gabarits, parce que, dépendamment sur quelle ligne ils jouent, certains joueurs doivent être plus larges, alors que d’autres sont plus agiles et rapides », explique Émile. « C’est aussi un sport qui oblige ses joueurs à aller à l’école jusqu’à l’université et c’est un des seuls sports qui fournit l’équipement à ses joueurs », intervient leur père, Daniel.

Romane

Ce mode de vie, impliquant des frais scolaires annuels de 2500$ supplémentaires par enfant, nécessite des compromis. « On ne voyage pas et on ne va pas souvent au restaurant », souligne Daniel. Les attentionnés parents ont plutôt choisi d’encourager le football local. « Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, avec trois équipes de niveau collégial et au moins cinq équipes au niveau du secondaire, il y a beaucoup de choses à voir », poursuit Daniel.

En plus d’encourager le sport local, la famille se fait un devoir d’acheter le plus souvent possible en région et d’avoir un mode de vie se rapprochant de l’autosuffisance. Vivant à la campagne, les Simard-Belley tentent en effet d’avoir un mode de vie plus autonome en produisant leur propre viande, leurs oeufs et leurs légumes. C’est Sandra Mélanie qui pilote leur petite entreprise Aux Faisans Marans. Évidemment, elle peut compter sur le soutien de son conjoint et de ses trois enfants.