Félix-Antoine Lessard ne verrait pas sa vie sans sa gentille Jody. Ses animaux l’apaisent et le sécurisent.

Félix-Antoine, un modèle de persévérance

CHRONIQUE / Tous les jours, Félix-Antoine Lessard doit gérer son anxiété généralisée et son trouble de l’acquisition de la coordination. Malgré les embûches, le garçon de Saint-Fulgence fait preuve de beaucoup de volonté en se lançant lui-même des défis.

Sa sagesse et sa résilience lui permettent d’aller vers l’avant en apprenant à faire confiance à la vie. Physiquement, personne ne peut se douter des combats internes de Félix-Antoine. C’est un jeune homme sympathique, intéressant et brillant. À l’école, sa détermination le fait avancer au même rythme que les autres jeunes de son âge, surtout depuis qu’il a la permission d’avoir un ordinateur pour l’aider principalement en français. Il a aussi un précieux cercle d’amis. Il performe bien en arts plastiques, en arts dramatiques, en musique et en univers social. 

Chaque semaine, Félix-Antoine rencontre des spécialistes pour l’aider à apprivoiser les obstacles qu’il rencontre. Physiothérapeutes, psychologues, pédopsychiatres, psychoéducatrices et ergothérapeutes sont épatés par la bonne humeur de leur jeune client de 11 ans. Évidemment, il est loin d’être un cas isolé. Beaucoup de personnes vivent dans cette réalité. Ils sont au travail, à l’université, dirigeants d’entreprise, comédiens, politiciens… Félix-Antoine sait et prouve déjà qu’il peut faire tout ce qu’il veut dans la vie ! « Plus tard, j’aimerais être programmeur de jeux vidéo pour Ubisoft qui vient tout juste de s’installer au Saguenay », projette-t-il.

Comme il adore entrer dans des personnages, depuis quatre ans, il joue dans la pièce de théâtre estivale La Maison Coupée en deux, à Saint-Fulgence. Il préfère les sports individuels comme la planche à neige et la natation, et ce, même si la natation n’a pas été facile. Bien des enfants auraient lâché, mais sa persévérance fut payante puisqu’il est maintenant à un niveau avancé. 

Secondaire

Il y a quelques jours, Félix-Antoine a visité sa future école secondaire, Charles-Gravel. Cette prochaine grande étape de sa vie débutera dès septembre 2018. Il est revenu de cette visite complètement charmé et la tête pleine de projets. « J’ai vraiment aimé la bibliothèque, le local de concentration musique, le local de science et la salle de conditionnement physique », se remémore-t-il. Comme beaucoup d’élèves de cette école, il aura droit à son ordinateur en classe comme outil. 

Animaux

Félix-Antoine ne verrait pas sa vie sans ses animaux. Depuis cinq ans, il vit avec Jody, une femelle Labrador croisée Bouvier Bernois. Jody aussi est une chienne très anxieuse. Elle a constamment besoin d’être rassurée par sa famille. Le soir, Jody et le chat Galette dorment dans le lit de Félix-Antoine, ce qui le sécurise beaucoup. 

Trucs 

Pour s’apaiser, Félix-Antoine aime bien jouer à des jeux vidéo, regarder des vidéos sur Youtube, écouter de la musique et regarder la télévision. Pour développer sa motricité fine, il s’impose volontairement plusieurs défis. Présentement, il joue de la guitare. 

Anxiété

Son anxiété généralisée a été diagnostiquée vers l’âge de six ans. Devant plusieurs situations, souvent banales aux yeux de certains, Félix-Antoine peut amplifier et devenir très stressé face aux scénarios qui cogitent dans sa tête. « Par exemple, lors du déraillement de train à Lac-Mégantic, en 2013, partout où nous allions, il s’inquiétait à savoir s’il y avait des trains dans tel ou tel secteur », explique sa mère, Julie Dufour. 

Paralysé par le stress, il peut même avoir de la difficulté à fonctionner. « En voyage, à l’hôtel, j’ai déjà fait une crise de panique en pleine nuit parce que j’avais peur que l’hôtel prenne en feu », poursuit le garçon de sixième année. 

Pendant un examen, il peut complètement figer en imaginant qu’il va avoir un échec. Les spécialistes remarquent une hausse du nombre de jeunes affectés par l’anxiété venant d’une pression non pas infligée par les parents, mais venant de l’enfant lui-même. 

Dyspraxie

S’ajoute à l’anxiété un trouble de l’acquisition de la coordination (TAC) qu’on appelle aussi dyspraxie. Ce diagnostic est tombé il y a deux ans. Ce trouble l’empêche, entre autres, de décortiquer les étapes pour exécuter certaines tâches plus complexes comme une recette, ou plus banales, comme plier du linge. « Quand je fais une recette, ma mère doit m’expliquer chaque étape, sinon je n’y arrive pas », précise Félix-Antoine. Tous les jours, il se bat pour acquérir de l’autonomie. Parfois, il doit simplement lâcher prise et trouver une solution plus simple pour arriver à son but.