En détresse, sans cellulaire

La fois où j’ai oublié mon cellulaire et que j’aurais pu sauver une vie plus efficacement, c’était le 21 mars.

Il faisait beau soleil, la neige fondait. Vous savez, ce genre de journée de printemps qui donne le goût de rouler les fenêtres ouvertes. Je m’en allais chercher mon chien chez le vétérinaire. Je n’ai pas fait marche arrière en voyant que j’avais oublié mon cellulaire. Je n’allais pas bien loin, après tout... 

Soudain, sur un petit pont qui relie deux chemins de terre, très achalandés par les motoneigistes et amateurs de VTT, j’aperçois une personne collée contre le garde-fou et qui regarde l’eau. Le débit de la rivière est fort en ce temps de dégel, et la hauteur du pont est assez impressionnante. Je continue en me disant que moi aussi, j’aime bien m’arrêter dans ce secteur pour regarder et écouter l’eau. Je remarque sa voiture garée tout près de la rivière. À mon retour, une quinzaine de minutes plus tard, je revois la personne au même endroit avec un pied plus haut sur le garde-fou. Au même moment, cinq motoneiges passent, mais personne n’arrête. Chaque fois qu’un véhicule passe, la personne met son pied un peu plus haut sur le garde-fou. 

J’y vois un véritable appel à l’aide. 

Je me stationne près de son auto et je marche vers cette personne en faisant attention de ne pas la faire sursauter. Le son de l’eau étant très bruyant. Il était donc difficile de me faire entendre. Du coin de l’oeil, elle me voit et ne réagit pas.

J’approche de la personne et je lui demande si ça va. Elle me fait signe que non, et je devine qu’elle pleure. Je lui demande si je peux l’aider, si je peux faire quelque chose pour elle, et elle hoche la tête négativement à toutes mes questions, la tête cachée dans son capuchon et le visage enfoui dans ses bras. Je ne suis pas une personne habituellement très démonstrative quand j’éprouve de la compassion, mais je lui mets une main sur l’épaule pour tenter de la rassurer. Normalement, je serais retournée à mon auto calmement pour appeler du secours avec mon cellulaire. 

Me sentant impuissante et n’ayant pas mon cellulaire, j’arrête un monsieur à bord d’un camion pour lui demander de m’aider à venir en aide à cette personne en détresse. 

Comme je suis ébranlée, j’en oublie presque la possibilité d’appeler le 911. L’homme accepte de faire l’appel et poursuit son chemin. 

En me retournant, je vois la personne se sauver vers sa voiture et partir en direction opposée du camion. Je prends mon véhicule et je rattrape le monsieur qui a fait l’appel au 911. Il est garé sur le bord de la route pour parler au cellulaire en toute sécurité. Je m’arrête pour donner des renseignements supplémentaires au centre d’appel. Je n’avais pas réussi à lire la plaque d’immatriculation, car elle était trop sale, mais j’avais détecté des indices pour identifier la voiture. 

Une heure plus tard, alors que je suis de retour chez moi à jongler avec ce que je viens de vivre, le service d’urgence 911 me rappelle pour dire que les policiers ont réussi à localiser la personne en détresse afin d’intervenir. Quel soulagement! Je ne partirai plus jamais sans mon cellulaire...

Ariann Issa, Léna Lefebvre, Florence Magnan, Morgan Bérubé et Élysa Goyette (absente de la photo) sont bien fières de ce projet lancé par les enseignantes Isabelle Tremblay et Corinne Blackburn.

Théocourant, pour se tenir informé

L’école des Quatre-Vents de Chicoutimi-Nord a procédé au lancement officiel de son premier journal étudiant le 19 mars. Demandant une certaine logistique, la plupart des écoles primaires ont abandonné ce genre d’activités journalistiques. 

C’est pourtant une bonne façon d’éduquer les élèves à l’importance de se soucier de leur communauté et de se tenir informés. Le journal Théocourant, inspiré du personnage imaginaire de l’école des Quatre-Vents, regroupe les remerciements, les activités de l’école, des questionnaires pensés par les élèves, des entrevues et des jeux. Depuis le début de l’année 2018, Corinne Blackburn et Isabelle Tremblay, deux enseignantes en quatrième et cinquième année, se sont unies pour développer cet audacieux projet en dehors des heures de cours, avec quelques élèves volontaires. Souhaitant impliquer toute l’école dans leur aventure, les instigatrices espèrent donner le goût à l’écriture aux élèves.

« Nous prévoyons la parution de notre deuxième journal à la mi-avril. Nous avons fait un appel à tous pour écrire des articles. Les élèves ont jusqu’au 29 mars pour nous remettre les productions », précise Corinne Blackburn.