Anthony Mercier, Marie-Catherine Deschênes, Adélaïde Fallu, Flora Deschênes et Annie-Pier Lavoie ont sensibilisé des élèves du Séminaire de Chicoutimi en parlant de don d’organe.

Don d'organes: le Séminaire de Chicoutimi ambassadeur

CHRONIQUE/ Le 6 décembre, les élèves de quatrième et cinquième secondaire du Séminaire de Chicoutimi, ainsi que quelques enseignants, ont pu assister à une conférence au sujet du don d’organes au Québec.

Ce projet est une initiative de cinq jeunes de cinquième secondaire qui devaient créer un événement de sensibilisation dans le cadre de leur cours Éthique et culture religieuse.

« Certains ont choisi de parler des jeunes en difficulté, des sans-abri, des personnes âgées », énumère Adélaïde Fallu, en guise d’exemples.

Adélaïde, Marie-Catherine, Flora, Annie-Pier et Anthony ont choisi de sensibiliser les élèves au don d’organes. « J’ai un de mes oncles qui a été greffé du foie il y a environ 15 ans », souligne Anthony.

Bien qu’à 16 ou à 17 ans, on ne pense pas à la mort, il faut savoir que la vie peut s’éteindre rapidement à la suite, par exemple, d’un accident. « Signer sa carte d’assurance maladie n’est pas suffisant. Il faut aussi en parler à ses proches. Notre événement souhaitait soulever la discussion dans les familles », poursuit Adélaïde.

Tous les élèves qui ont assisté à cette activité sont en quelque sorte devenus des ambassadeurs pour Chaîne de vie.

« C’est le visionnement d’un documentaire en classe (sur le don d’organes au Québec) qui nous a donné envie d’aller plus loin », mentionnent les organisateurs, qui devaient tout orchestrer pour réaliser leur activité, notamment en contactant les personnes ressources. « Pour l’occasion, nous avons accueilli Lucie Dumont, fondatrice et présidente de Chaîne de vie, et Josée Munger, une infirmière impliquée dans ce domaine dans notre région », explique Adélaïde. Tout le monde a aimé que Mme Dumont accepte de visiter les élèves alors qu’elle habite à Rivière-du-Loup.

De son côté, en tant qu’infirmière ressource au don d’organes et de tissus, Josée Munger a expliqué en quoi consistait son travail. C’est elle qui encadre les familles lorsqu’un de leur proche répond aux critères pour être donneur. « La priorité est d’abord de tout faire pour sauver le patient. Quand la seule issue reste les soins de fin de vie, le médecin m’appelle. Quand le donneur répond aux critères spécifiques et que la famille accepte d’entamer le processus de don d’organes, j’accompagne alors la famille vers le décès de leur proche », explique Mme Munger.

Parfois, devant le drame qu’ils vivent, les personnes concernées ne sont pas en état de prendre une décision éclairée. « Mais le don d’organes peut aussi mettre un baume sur la peine et donner un sens à la perte d’un être cher. Les organes d’une seule personne peuvent sauver jusqu’à huit vies », poursuit l’infirmière.

Après approbation, les organes sont retirés, et le délai vers la transplantation varie entre six heures et deux jours.

La présidente fondatrice de Chaîne de vie, Lucie Dumont, qui réside à Rivière-du-Loup, était bien fière de venir rencontrer les élèves du Séminaire de Chicoutimi.

Dans son témoignage, Mme Munger a aussi fait prendre conscience aux jeunes qu’ils sont chanceux d’avoir un corps en santé.

« Nous tenons à remercier tous les bénévoles, les parents et les enseignants pour l’aide apportée lors de cet événement », concluent Anthony, Marie-Catherine, Adélaïde, Flora et Annie-Pier.

Des chiffres

• L’âge pour consentir à faire un don d’organes est de 14 ans.

• En 2017, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, 16 personnes étaient en attente d’un don d’organes.

• Au Québec, on comptait 786 personnes.

• Il y a eu 182 donneurs au Québec en 2017.

• 528 personnes ont été transplantées grâce aux 182 donneurs.

• Il y a eu 12 donneurs dans la région en 2017, et autant en 2018.

• En 2018, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, il y a eu 46 appels pour des donneurs potentiels, mais seulement 12 remplissaient les critères.

• Sur les 786 personnes en attente au Québec, 54 personnes sont décédées.

Josée Munger, infirmière ressource au don d’organe et de tissus, a parlé de son rôle auprès des familles ayant un proche avec un potentiel de don d’organes.

• Le plus vieux donateur de foie, qui est un organe qui se régénère, avait 92 ans.

• Il n’y a pas d’âge maximum pour être un donneur potentiel.