Depuis le mois de mars, Marie-Soleil Gosselin et Roxanne Sheehy travaillent pour le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean et elles adorent leur expérience.
Depuis le mois de mars, Marie-Soleil Gosselin et Roxanne Sheehy travaillent pour le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean et elles adorent leur expérience.

Deux jeunes à la rescousse du CIUSSS

CHRONIQUE / En cette ère de pandémie, les personnes qui s’engagent dans le milieu de la santé sont reconnues, et avec raison, comme de véritables héros. C’est le cas de Marie-Soleil Gosselin et de Roxanne Sheehy... qui ont à peine 16 ans !

Les deux élèves de l’École polyvalente Jonquière, qui finiront leur secondaire l’an prochain, travaillent en milieu hospitalier et en CHSLD depuis le début de la crise sanitaire. Cette précieuse expérience leur permet même de concrétiser leur choix de carrière.

Quand Marie-Soleil Gosselin a entamé ses démarches, pour décrocher un emploi étudiant au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay–Lac-Saint-Jean, la COVID-19 n’avait pas encore chamboulé nos vies. Après avoir traversé le long processus d’embauche, on lui promettait un emploi dès la fin de son année scolaire, à la mi-juin, et ce, pour tout l’été.

Finalement, la COVID-19 est arrivée et l’élève de quatrième secondaire a commencé à travailler dès que les écoles ont fermé leurs portes, en mars. « Je suis engagée comme aide de services. Je fais de tout ! J’adore ça parce que je ne fais jamais la même chose. Je peux surveiller les portes et nettoyer, mais je n’ai pas le droit de toucher aux patients, explique Marie-Soleil. J’ai suivi une petite formation en entretien de huit heures, qui se donnait en ligne. Je suis présentement à l’hôpital de Jonquière, mais j’ai aussi travaillé en clinique de dépistage. »

De son côté, Roxanne Sheehy travaillait les soirs et les fins de semaine dans une boutique de vêtements, mais quand la pandémie lui a fait perdre son emploi, il n’était pas question de rester chez elle. Elle a demandé à sa bonne amie Marie-Soleil la procédure pour entrer au CIUSSS. Après une première entrevue, on a proposé à l’adolescente de suivre une formation pour être aide-préposée. Acceptant avec joie, Roxanne était de retour sur les bancs d’école pour une semaine. Après deux autres semaines de formation payée, en CHSLD, elle a commencé officiellement son travail. « J’adore ça, mais ce n’est pas fait pour tout le monde. Au début de la formation, nous étions six ; à la fin, nous étions quatre », confie Roxanne.

« Ce que fait Roxanne, c’est une vocation », lance son amie Marie-Soleil.

Même si elles travaillent dans un milieu à risque, les jeunes employées n’ont pas contracté le coronavirus. « On est bien protégées, soulignent-elles. Au début, on stressait plus par manque de connaissance, mais le virus ne saute pas sur les gens. C’est l’accumulation d’informations négatives qui affecte la population. »

L’expérience de travail que vivent les deux étudiantes sera très pertinente pour leur curriculum vitae. Elles remarquent aussi que leur mode de vie leur permet de donner beaucoup de temps puisqu’elles n’ont pas d’obligations et de contraintes, comme les employées ayant des enfants. « Au niveau du salaire, on a beaucoup de primes selon notre horaire, nos formations et le temps supplémentaire », ajoutent Roxanne et Marie-Soleil.

Avenir

Roxanne travaille dans un CHSLD de Jonquière comme aide-préposée. Elle aide les résidents à s’habiller, à se laver et à manger. « J’aime vraiment le contact avec les gens. Ce n’est pas dur, car j’aime ce que je fais, raconte celle qui souhaite plus que jamais poursuivre ses études en travail social pour continuer de travailler en CHSLD. Une résidente, sachant qu’elle allait mourir, s’est confiée à moi et me remerciait pour les bons services que je lui donnais. C’était émouvant. Je vis plein de beaux moments qui me rendent heureuse. »

Marie-Soleil arrive aussi à saisir cette expérience pour mieux orienter son avenir. « Je ne veux pas poursuivre mes études dans le domaine de la santé, car je ne suis pas à l’aise avec les patients, réfléchit-elle. Mais je parle souvent à des finissants en technique policière qui travaillent à la sécurité et c’est un domaine qui m’intéresse. J’aimerais aller en criminologie. »

Projets

Les deux amies travaillent à temps plein, cinq jours par semaine, pour un minimum de 40 heures, avec des horaires variables. N’ayant pas trop de comptes à payer, elles ramassent leur argent pour un voyage. « On pourrait tout dépenser, mais on fait attention. C’est sûr qu’on se gâte. On s’achète du linge, des bonbons, et on va dans de beaux restos. »

L’an prochain, elles seront en cinquième secondaire et elles étaient déçues d’apprendre qu’il n’y aurait pas de voyage. « On se prépare donc un voyage à Walt Disney avec deux autres de nos amis. »

Même si Roxanne a visité cet endroit deux fois, elle sera heureuse d’accompagner ses trois amis qui, eux, feront leur premier voyage. « C’est un rêve d’enfant qu’on réalisera entre amis », conclut Marie-Soleil.