Myriam Laberge aime bien faire le ménage et cuisiner pour les autres. Ses expériences de travail, qu’elle vit grâce à son école secondaire Charles-Gravel, façonnent son avenir.

Des stages qui font rêver

Quand Myriam Laberge rencontre de nouvelles personnes, elle est un peu timide. Le jour de l’entrevue, elle avait changé d’idée. Elle ne voulait plus parler de son expérience de stage en milieu de travail avec une étrangère.

Sachant que Myriam aime beaucoup les animaux, et qu’elle a elle-même un petit chien, nommé Copain, Mélissa Viau lui a présenté son chien Râto, par l’entremise d’une photo sur son cellulaire. Myriam a éclaté de rire en voyant les dents du drôle d’animal. Ça n’en prenait pas plus pour casser la glace et plonger dans le monde coloré d’une jeune femme fascinante.

Grâce à l’école secondaire Charles-Gravel, Myriam a vécu plusieurs expériences de travail. « Mon premier stage a eu lieu dans une épicerie, dans le département des mets préparés, explique l’élève de 19 ans. Je devais alors couper des légumes, pour, entre autres, faire la sauce à spaghetti. »

Depuis quelques semaines, c’est au McDonald’s de Chicoutimi-Nord, tout près de son école, qu’elle travaille deux jours par semaine. Certaines de ses tâches l’aident à vaincre sa timidité. « Je fais le ménage et je nettoie les tables, les cabarets et les chaises », énumère-t-elle. Quand elle voit des clients qui ont fini de manger, elle leur demande si elle peut les libérer de leur cabaret, ce qui est très apprécié. Quand on lui demande ce qu’elle aime le plus dans ce nouveau défi, « c’est manger du McDonald’s », répond-elle, en riant.

« J’ai une grande nouvelle à annoncer, lance Myriam. Après la semaine de relâche, je vais commencer à travailler trois jours par semaine. »

Quand elle pense à son travail de rêve, elle se voit dans une épicerie, comme commis dans le département des fruits et légumes.

À l’école, au programme de formation préparatoire au travail, où elle progresse depuis quatre ans, elle travaille aussi à la Corporation employabilité jeunesse, qui est un plateau de travail où les élèves fabriquent divers objets. Le fonctionnement est exactement comme dans une entreprise.

Dans ses loisirs, Myriam aime bien suivre des cours de danse, lire, écouter de la musique et regarder des émissions sur Internet. « J’aime réécouter des épisodes d’émission que j’écoutais quand j’étais petite. J’aime me rajeunir », poursuit-elle.

Un jour, elle aimerait démarrer une entreprise. « J’aimerais créer des choses qui n’existent pas pour pouvoir, par exemple, rêver les yeux ouverts, ou encore faire une boîte à pouvoirs pour sonder les émotions des autres », conclut-elle, avec enthousiasme.

Nathan Tremblay, qui a appris à jouer du piano seul, rêve un jour de pouvoir se payer un prestigieux piano à queue.

Autodidacte

Au programme de formation préparatoire au travail, ce ne sont pas les élèves qui s’adaptent à l’école, mais plutôt l’école qui s’adapte à ses élèves. « On pousse nos jeunes au maximum quand on remarque un talent particulier », mentionne l’enseignant Sébastien Simard.

Le but est de faire vivre des réussites à ces jeunes qui n’ont pas eu un parcours académique typique, en raison de certaines difficultés d’apprentissage.

Il y a deux ans, Nathan Tremblay remarquait le doux son du piano dans une chanson.

Il a visionné une vidéo sur Internet et s’est mis à apprendre cet instrument par lui-même, dans sa chambre.

L’an passé, Sébastien Simard a remarqué le talent de son élève et lui a procuré un clavier pour qu’il se pratique dans sa classe avec des écouteurs.

« Il est excellent. Il nous donne des frissons », intervient son enseignante, Julie Lamontagne.

« Un jour, j’aimerais m’acheter un beau piano à queue », souligne Nathan.

Pour l’instant, il a la chance de déployer son talent dans son école, qui lui offre une scène.

Outre les matières académiques et le plateau de travail interne, il a aussi la chance de vivre des stages à l’extérieur de son école, lui permettant de découvrir ses aptitudes et ses intérêts.

« Mon travail de rêve serait de devenir programmeur en informatique », mentionne celui qui dit que la patience figure parmi ses plus grandes qualités.