Dans la classe de Mme Annik, les différences sont inspirantes, et on en est fiers.

Côtoyer les différences dès la maternelle

À l’école Notre-Dame-de-L’Assomption de Jonquière, dans la classe de maternelle d’Annik Morissette, il y a deux enfants ayant des besoins particuliers. Un petit garçon est atteint du trouble du spectre de l’autiste (TSA), et une fillette porte des appareils auditifs.

Au début de l’année, la communication entre les enfants était parfois difficile. C’est pourquoi le Centre de réadaptation en déficience physique est venu rencontrer la classe à quelques reprises pour démystifier les différences de Médrik et de Daphnée. 

« Au début de l’année, on choisissait des amis pour jouer avec Médrik et Daphnée. Aujourd’hui, tout le monde veut jouer avec eux. Les élèves ont le souci qu’ils soient bien », remarque Mme Annik. 

Ces deux inspirants élèves, entourés d’un solide cercle d’amis, ont permis la réalisation de projets originaux. Depuis quelques mois, les 18 enfants pratiquent une chanson en langue des signes. Le spectacle devant les parents est prévu le 8 juin. Ce projet cadre dans un des mandats des écoles, qui souhaitent contrer l’intimidation et la violence, en posant des gestes empreints de bonté et de gentillesse. 

Contrairement aux autres classes, où l’on retrouve habituellement une seule enseignante, Mme Annik est toujours entourée de deux autres collègues, et parfois même trois. Véronique Tremblay est éducatrice spécialisée. Elle agit comme interprète. Elle accompagne Daphnée tous les jours, en traduisant les mots de Mme Annik en langage des signes. Daphnée a des implants cochléaires, mais les bruits environnants sont parfois très dérangeants. « Parfois, au lieu de se concentrer sur les explications de l’enseignante, Daphnée va davantage entendre les bruits environnants, comme les élèves qui bougent sur leur chaise », précise Mme Véronique. 

Quant à Médrik, il est toujours accompagné d’Émilie Lamontagne, qui est préposée aux élèves avec un handicap. Une heure par jour, Médrik reçoit aussi la visite de Stéphanie Claveau, qui est éducatrice spécialisée. Pour arriver à une telle harmonie, la routine est de rigueur. « C’est aussi un gros travail d’équipe », avoue Mme Annik, qui se trouve privilégiée d’être entourée de Mmes Émilie, Véronique et Stéphanie. 

Annik Morissette, Émilie Lamontagne, Stéphanie Claveau et Véronique Tremblay forment une équipe solide permettant d’encadrer une classe de maternelle qui accueille deux enfants ayant des besoins particuliers.

Tous uniques

Dans la classe de Mme Annik, les différences font partie du quotidien et c’est un sujet que tous les élèves, âgés de 5 et de 6 ans, connaissent bien. D’ailleurs, selon eux, tout le monde est différent ! 

« Certains élèves portent des lunettes. » – Logan

« Daphnée a des appareils. » – Roxanne

« J’ai des prothèses aux pieds parce que je ne marchais pas bien. Des fois, je les montre aux amis et je les ai même déjà dessinées. » – Florence

« Médrik a des différences qu’on ne voit pas parce que c’est dans sa tête. Et parfois, il tape des mains quand il est content. » – Victor

« Avec Médrik, on joue à des jeux différents, comme des courses à obstacles. » – Vincent

« Il faut aider les gens qui ont des différences. » – Magalie

« Quand on veut parler à Daphnée, on peut prendre le micro de Mme Annik. » – Arnaud

Tout comme Mme Annik, si toi aussi tu es fier (ère) de ton école, des projets que tu réalises et des amis qui t’entourent, contacte-moi sur mon courriel, mviau@lequotidien.com. Je pourrais bien te rendre visite à ton école. À bientôt !