Au début du confinement, Sylvie-Ann Tremblay a eu l’idée d’envoyer une lettre par courrier à sa meilleure amie.
Au début du confinement, Sylvie-Ann Tremblay a eu l’idée d’envoyer une lettre par courrier à sa meilleure amie.

Correspondance par la poste

CHRONIQUE / Quand la crise du coronavirus sera derrière elles, Sylvie-Ann Tremblay et Marie-Anne Chevalier en conserveront un souvenir indélébile. Outre les applications Instagram, Snapchat et Messenger, depuis le début du confinement, les deux adolescentes de 14 ans s’écrivent des lettres.

C’est Sylvie-Ann qui a eu l’idée. « Je cherchais une façon de communiquer qui allait rester et qu’on pouvait tenir dans nos mains », explique Sylvie-Ann, qui habite à Saint-David-de-Falardeau.

Quand elle a écrit sa première lettre à son amie, elle n’a pas tout de suite dit sa démarche à Marie-Anne. Deux jours plus tard, Marie-Anne, qui habite à Chicoutimi-Nord, découvrait pour la première fois une lettre à son nom dans sa boîte postale.

Les deux meilleures amies, qui ont l’habitude de se voir quotidiennement, vont à l’École secondaire Charles-Gravel et se connaissent depuis un an. « On s’est connues alors qu’on était dans le même voyage scolaire à Toronto. On ne se connaissait pas, mais on avait des amis en commun. On est rapidement devenues très amies. On a même découvert qu’on était des petites petites-cousines », racontent-elles.

Depuis ce temps, la connexion est si forte entre les deux qu’il n’est pas rare qu’elles pensent la même chose en même temps. Ce qui leur manque le plus, depuis le confinement, ce sont leurs mercredis soir, quand elles se retrouvaient chez Marie-Anne.

Si Sylvie-Ann se souvient avoir envoyé une lettre au père Noël quand elle était petite, jamais Marie-Anne n’avait exploré cette forme de correspondance. « On accroche chaque lettre reçue au mur de notre chambre », soulignent-elles.

Elles apprécient chaque étape de ce processus moins instantané que les textos.

« J’aime attendre le courrier, aller le chercher, ouvrir ma lettre et lire le message », ajoute Sylvie-Ann.

« On marque nos souvenirs de cette épreuve. On se raconte tout, nous avons les dates. Ça marque le temps », poursuit Marie-Anne.

Dans les lettres, les deux jeunes filles se disent ce qu’elles font, l’heure à laquelle elles écrivent et elles se lancent des défis. « À chaque envoi, on met un objet dans l’enveloppe qui nous fait penser à l’autre, en suivant une thématique de couleur. On met aussi des photos. »

Quelques questions

Q Avez-vous une routine pendant le confinement ?

Marie-Anne : « Le matin, je fais une heure d’études et des devoirs en ligne. Ensuite, je vais jouer dehors avec mon frère. On fait des jeux libres avant le dîner. Après le dîner, on travaille sur notre projet personnel. J’ai commencé une chaîne YouTube avec mon frère. »

Chaque fois que Marie-Anne Chevalier reçoit une lettre de Sylvie-Ann, elle l’accroche au mur de sa chambre.

Sylvie-Ann : « Chez moi, il n’y a pas vraiment de routine. Mes parents ont acheté des livres scolaires, qu’on peut faire, sans obligation. Ce n’est pas dur de s’occuper. On a un grand terrain, on va dehors et on fait tout ce qu’on n’a pas le temps de faire habituellement. »

Q Est-ce que vous êtes stressées par la crise du coronavirus ?

« Au début du confinement, on était stressées d’accumuler un retard académique. Mais comme tout le monde manque de l’école en même temps, tout le monde sera au même niveau. »

Q Est-ce que vous voyez des choses positives dans cette crise ?

Marie-Anne : « Oui ! Je me suis découvert de nouvelles passions. J’ai commencé le dessin et la peinture, au lieu de rester juste sur mon téléphone. »

Sylvie-Ann : « Moi aussi ! J’ai commencé à faire de la peinture sur des vêtements. »

Q Que voulez-vous faire ensemble après le confinement ?

« Cet été, avec nos amis, on a prévu dormir sur le trampoline chez Marie-Anne. On va mettre le filet autour, installer plein de couvertures et mettre des lumières. »

Q Qu’est-ce que ton amie dit souvent ?

Marie-Anne : « Je peux-tu venir chez vous ? »

Sylvie-Ann : « Qu’est c’est ça ? »

« Bravo les filles ! Sans vous en rendre compte, au travers de cette correspondance, vous développez des habiletés en écriture, en lecture et en communication. Pour participer à ces entrevues FaceTime, en ma compagnie, écris-moi à mviau@lequotidien.com. » – Mélissa