Alexandra Simard et Mégane Fillion Tremblay ont participé au Forum étudiant. Elles comprennent mieux et critiquent le système politique québécois.
Alexandra Simard et Mégane Fillion Tremblay ont participé au Forum étudiant. Elles comprennent mieux et critiquent le système politique québécois.

Changer les choses par la politique

CHRONIQUE / Mégane Fillion Tremblay et Alexandra Simard font partie des 150 collégiens et collégiennes qui ont participé au Forum étudiant. Cette simulation parlementaire pour les jeunes du collégial s’est déroulée au Parlement du Québec du 13 au 17 janvier 2020.

Ils étaient sept représentants du Cégep de Jonquière à avoir accepté de vivre cette aventure fort chargée. « Tous les jours, on se levait à 6h pour être au Parlement à 8h. Les journées finissaient vers 23h le soir», raconte Mégane.

Autour d’elles, Mégane et Alexandra remarquent que peu de personnes de leur âge s’intéressent à la politique. « Ça représente bien l’ensemble de la société. Pour changer les choses, il faut absolument s’impliquer en politique. La plupart chialent sans rien changer et une minorité agit », souligne Alexandra.

Lors du Forum étudiant, les volontaires devaient respecter un code vestimentaire. « Pour les gars, c’était le veston et la cravate obligatoires. Pour les filles, on nous demandait d’être en tenue de ville », poursuit Alexandra.

Le Forum étudiant a comme mission de faire vivre une expérience réaliste aux jeunes. « On était logé à l’hôtel et c’est le cégep qui couvrait nos dépenses », mentionnent les deux étudiantes qui étaient accompagnées d’un de leurs enseignants. Ce sont les enseignants qui orientaient l’assemblée. Ils étaient une dizaine de cégeps représentés et autant d’enseignants.

Les participants avaient le choix d’incarner des députés, des ministres ou des journalistes. Les journalistes jouent un très grand rôle dans cet univers, permettant ainsi de faire le pont entre la population et les élus.

Ils étaient 150 collégiens et collégiennes à vivre cette simulation parlementaire au Parlement du Québec du 13 au 17 janvier dernier.

Alexandra occupait le poste de ministre adjointe à l’Habitation et à la Municipalité alors que Mégane était ministre adjointe au Tourisme. « Les candidats devaient faire un petit discours pour obtenir leur poste par vote », ajoute Alexandra. Les postes les plus populaires étaient ceux de l’Environnement et de l’Éducation. Quant aux très convoités rôles du président de l’assemblée et du premier ministre, il fallait émettre sa candidature quelques mois à l’avance.

Chaque jour, certains représentants recevaient une étoile pour leur performance lors des périodes de discours. Ce sont les étudiants campant les rôles de journalistes qui émettaient ces étoiles, publiées le lendemain dans deux journaux fictifs relatant l’assemblée de la veille.

Les étudiants ont échangé sur des sujets d’actualités et les réels enjeux de la société actuelle. Ils ont déposé quelques projets de loi, dont l’autosuffisance alimentaire du Québec, la reconnaissance des diplômes des immigrants et les cours de politique intégrés à l’éducation. « Les projets de loi qu’on a adoptés ont été présentés à la vraie assemblée », interviennent les collégiennes du Saguenay.

Critique

Cette enrichissante expérience permet à Alexandra et Mégane de critiquer le système politique. « On a découvert qu’on n’aime pas le système politique québécois. On a trouvé que ce n’était pas démocratique. » Selon leurs observations, la politique mise trop sur les apparences, pour maximiser les votes. Lors de la simulation, plusieurs jeunes, qui voulaient à la base changer les choses, ont fini par avoir cette attitude de bien-paraître qui les empêche d’agir pour conserver leurs votes.

« Avant l’assemblée, si certains enseignants nous poussaient à rester francs, d’autres nous demandaient de nous préparer des réponses SOS. C’est-à-dire des phrases qui vont nous permettre de nous sauver la face pour ne pas perdre de vote si on ne connaît pas la réponse à une question », explique Alexandra. « Il fallait toujours être capable de répondre quelque chose de beau pour bien paraître », continue Mégane.

Implication

Impliquées et engagées, les deux amies font aussi partie de l’association étudiante du Cégep de Jonquière. Mégane, 20 ans, étudie en sciences humaines, volet ouverture sur le monde. L’an prochain, elle poursuivra ses études à l’université en politique ou en sociologie. De son côté, Alexandra, 18 ans, termine sa dernière année en sciences humaines, relations interpersonnelles pour entrer à l’université en droit et politique.

Mégane fait aussi partie du comité politique, avec une dizaine d’autres étudiants. Tous les ans, le comité propose à ses membres de participer au Forum étudiant. « Une personne de notre groupe s’est désistée et il restait une place. J’ai donc demandé à Alexandra si elle voulait embarquer », se remémore Mégane. L’an prochain, les deux amies passionnées de politique seront à l’université et elles souhaitent vivre à nouveau cette simulation enrichissante. « Par contre, au niveau universitaire, il faut être choisi. Le niveau est élevé et moins accessible », concluent-elles.