Même si Râto a vraiment l’air bête, il a adoré collaborer à ce tournage en compagnie de Simon Lachance et Joey Villeneuve, deux concepteurs vidéo de l’entreprise Eckinox.

Ces phrases qui changent la vie

CHRONIQUE / Que ça sorte de la bouche d’un inconnu, d’un prof ou d’un ami, il y a des phrases qui semblent avoir un impact sur notre destin.

Dans mon cas, ces inoubliables mots restent gravés dans ma tête. Je me souviens de l’endroit, la température et tous les moindres détails, comme si c’était hier.

Je me revois encore assise avec ma gang sur la galerie de Pascal, en plein été, alors que je venais de finir mon diplôme préuniversitaire en sciences humaines au cégep. On se questionnait face à notre futur. Certains avaient des plans d’étude plus précis et d’autres entraient déjà sur le marché du travail, alors que moi je me sentais tellement perdue.

Mon amie Audrey, se voulant rassurante, m’avait dit : « Je suis certaine qu’un jour tu vas avoir un travail vraiment le fun ». À mon grand désespoir, elle n’arrivait pas à me préciser ce travail. Elle disait que ce serait original et créatif. J’ai toujours gardé ça en tête et un jour, ç’a pris tout son sens.

C’est sur cette même galerie que mes amis de gars m’avaient insulté en disant que les filles conduisaient moins bien que les gars. Je les avais obstinés, prétextant que mon dossier de conduite était impeccable. Le lendemain de cette discussion, j’envoyais le véhicule de mon père à la ferraille après avoir eu un accident de la route alors que c’est moi qui étais derrière le volant…

Toujours pendant cette période de découragements et d’incertitudes, ma mère m’avait dit: « Je te vois, un jour, avoir ton bureau chez toi et travailler de la maison ». Encore une fois, elle n’arrivait pas à me préciser ce travail. On a aussi la fausse impression que lorsque c’est dit par nos parents, ça compte moins. Depuis 17 ans, j’ai pourtant mon bureau chez moi et j’écris mes textes que j’envoie toutes les semaines.

Et il y a ce prof qui m’avait lancé: « Toi, tu devrais écrire ». J’avais déjà quatre diplômes en poche et j’étudiais en représentation dans l’espoir d’être travailleuse autonome. Sans le savoir, ce prof m’avait donné l’audace de contacter Le Progrès pour leur proposer un concept qui s’étire depuis 17 ans dans le journal et qui m’inspire plein de projets.

Le jour de mon embauche, dans ma tête je venais de gagner le million en termes de possibilités. Je me revois courir dehors pour aller dire à ma mère que le journal avait accepté mon projet. S’en est suivie une longue aventure que je savourerai jusqu’à la dernière goutte.

Formation professionnelle

Le 13 août dernier, deux concepteurs vidéo de l’entreprise Eckinox d’Alma débarquaient chez moi afin que je livre un témoignage concernant mon passage au Centre de formation professionnelle l’Oasis, là où j’ai croisé cet enseignant qui m’avait tout bonnement dit que je devrais écrire.

Même si je pensais que la formation professionnelle avait moins de valeur que l’université, en mettant les pieds dans cette école, je constatais combien les enseignants s’adaptaient à leurs étudiants. C’était la première fois que j’établissais un lien amical avec des profs.

« La plupart des gens qu’on rencontre pour ce projet ont tous soif de liberté et ont un parcours atypique », constate Joey Villeneuve, qui a la mission de filmer et interviewer d’anciens étudiants du CFP. « Je remarque aussi qu’ils aimaient plein de choses et n’avaient pas de projet d’étude défini à la fin de leur secondaire », poursuit son acolyte, Simon Lachance.

Alors que je m’étais souvent adaptée à l’école, voilà qu’on s’intéressait aux forces et aux compétences de chacun. Dans ce cours, on m’avait laissé l’opportunité de créer mon stage. Je recherchais des commanditaires pour une équipe de snocross pour laquelle j’écrivais déjà les comptes rendus des courses.

Il y a les études qui forment les travailleurs, mais il y a aussi les expériences de vie, l’entourage et les modèles qui nous entourent. Dire des mots d’encouragement aux autres et mettre en lumière leurs forces peut juste faire du bien. Retenir le positif qu’on se fait dire est aussi plus constructif que l’inverse.