Hugo Lambert pose avec sa fille Maelie, qui croit qu’il ne faudrait jamais être gêné de demander de l’aide.

Ça prend tout un réseau pour aider un enfant

Sara et son conjoint se sentent seuls et ne savent plus vers qui se tourner pour aider Justin*, leur garçon de 11 ans.

« Justin est un enfant très actif, pas du tout violent. Il aime le monde! C’est vraiment un bon petit garçon », reconnaît sa mère. 

Pourtant, Justin dérange en classe. Il est distrait, et ses notes chutent. Il vit aussi beaucoup d’intimidation dans la cour d’école. À partir de sa troisième année, il a essayé quelques médicaments, mais les effets secondaires étaient trop importants. Ses parents ont décidé de tout cesser. 

Comme Justin se prépare à entrer au secondaire, en septembre, ses parents sentent l’urgence d’agir. « Pour sa dernière année du primaire, nous avons décidé de le changer d’école. Tout allait bien les premiers jours, mais rapidement, les enseignants ont commencé à nous appeler pour nous dire que notre fils dérangeait beaucoup. Il parle et n’écoute pas les consignes », précise la mère, sur un ton découragé. 

En janvier, le pédiatre qui suit Justin depuis quelques années a donné un dépliant de Social Réseau Solution, un nouveau service offert au Saguenay, aux parents qui s’inquiétaient face à l’avenir de leur enfant. 

Aussitôt, les parents de Justin ont rejoint Hugo Lambert, qui les a conviés, sans leur enfant, pour une première rencontre d’une heure à son bureau situé sur la rue Racine, à Chicoutimi. 

La deuxième étape consistait à prendre une culture de salive de l’enfant afin de l’envoyer en laboratoire pour avoir les noms des médicaments compatibles ou non avec Justin. 

« Trois semaines plus tard, on a reçu un bilan des résultats très détaillés et on a pu commencer une nouvelle médication, poursuit la maman. Comme Justin est déconcentré par tout, le médicament l’a rapidement aidé à être plus concentré et réfléchi, même au hockey. Par la suite, M. Lambert nous a dirigés vers les bons spécialistes », mentionne Sara. 

Près d’une dizaine de services gravitent autour de Social Réseau Solution. On retrouve des psychologues, des neurologues, des travailleurs sociaux, des orthophonistes, des éducateurs spécialisés, entre autres. Tout le monde travaille ensemble pour l’enfant. 

Dans le confort de sa maison, Justin a d’abord reçu, à quelques reprises, la visite d’un orthopédagogue. Il a ensuite rencontré un psychologue. « Chaque fois, tout le monde était bien au courant des problématiques de Justin », ajoute Sara. 

« Après évaluation, on a écarté la possibilité d’un TDAH. Par contre, on a appris qu’il bloque à la compréhension et qu’il ne décode pas bien les informations, ce qui crée les conflits », poursuivent les parents de Justin. 

Un éducateur spécialisé du groupe Social Réseau Solution encadre maintenant Justin, autant à la maison qu’à l’école. « L’éducateur est allé rencontrer tout le personnel enseignant de son école, et c’est lui qui assurera la transition de l’école primaire à l’école secondaire », racontent les parents, qui sont enchantés par ce service. 

Évidemment, il y a des coûts rattachés à tout ça, mais selon eux, c’est le plus beau cadeau qu’ils pouvaient faire à leur fils. Le résultat académique est plus qu’impressionnant, alors que Justin a vu ses notes monter en flèche. « Il y en a qui investissent dans les voitures, les voyages, les vêtements... Nous, on a choisi d’investir dans l’avenir de notre fils », réfléchissent les parents de Justin.

Pour les jeunes

Ça fait deux ans que Hugo Lambert planche sur ce projet entrepreneurial. Ayant travaillé pendant 20 ans comme éducateur spécialisé, il souhaitait créer un réseau de spécialistes en intervention auprès des jeunes. Son équipe comprend une quinzaine de partenaires. « J’ai créé ce que je pensais le mieux pour les jeunes et leur famille», mentionne Hugo Lambert. 

«Le secret, pour aider un enfant qui connaît des difficultés, c’est d’entreprendre une démarche cohérente en impliquant tout son milieu. L’enfant n’a pas nécessairement un trouble, mais on peut lui donner des trucs pour éviter que ça se détériore », conclut le dirigeant et consultant clinique de Social Réseau Solution. 

(*Dans ce témoignage, des noms fictifs ont été utilisés pour respecter la demande de la famille, qui souhaitait garder l’anonymat.)