À l’été 2016, Audrey-Pier Lavoie  (à droite) est partie avec sa meilleure amie Stéfanie Lespérence en Indonésie. Les voici sur l’île de Bali.
À l’été 2016, Audrey-Pier Lavoie (à droite) est partie avec sa meilleure amie Stéfanie Lespérence en Indonésie. Les voici sur l’île de Bali.

Audrey-Pier vit ses rêves

CHRONIQUE / À 15 ans, Audrey-Pier Lavoie se confiait au journal Le Progrès. Elle rêvait de devenir ambulancière. Cette grande sportive, née à Falardeau, étudiait à l’école secondaire Charles-Gravel de Chicoutimi-Nord.

Du haut de ses 15 ans, elle savait déjà qu’elle aimait aider les gens, qu’elle voulait voyager et qu’elle n’était pas faite pour le travail de bureau.

« Après mes études secondaires, je ne me suis pas dirigée vers le programme Techniques en soins préhospitaliers d’urgence, parce que le mode de vie qui venait avec ne m’attirait pas. Je suis quand même restée dans l’univers social en faisant Techniques en éducation spécialisée », raconte la jeune femme maintenant âgée de 28 ans.

Elle a tellement aimé ce domaine qu’elle a poursuivi avec un certificat en toxicomanie et un baccalauréat en travail social. Pendant ses études collégiales, avec six autres étudiants, Audrey-Pier est allée deux semaines au Pérou pour accompagner de jeunes voyageurs de l’école secondaire de l’Odyssée Dominique-Racine ayant des déficiences intellectuelles et/ou physiques. C’est lors de cette formation en éducation spécialisée qu’elle a connu sa meilleure amie Stéfanie Lespérence.

« Une fois mes études terminées, j’ai travaillé dans le réseau de la santé. Pas longtemps. Ce que je trouvais dur, c’était qu’on n’avait pas les conditions optimales pour intervenir », poursuit-elle. Quand elle a découvert le milieu communautaire, la travailleuse sociale s’est davantage sentie à sa place, remarquant qu’elle faisait une différence.

François Rousseau et Audrey-Pier Lavoie sont des passionnés d’histoire. En 2018, ils ne pouvaient pas passer par la Grèce sans visiter le Parthénon.

« Je travaille actuellement en développement social pour la Corporation de développement communautaire Maria-Chapdelaine, au nord du Lac-Saint-Jean. Je facilite le développement du milieu communautaire. Par exemple, samedi passé, je prenais les inscriptions pour le Programme Accès-Loisirs, qui offre des activités gratuites à la population à faible revenu. »

Impliquée dans sa communauté, elle avoue que le Lac-Saint-Jean, qu’elle habite depuis 2016, regorge d’opportunités d’emplois. « Mon conjoint, François Rousseau, vit aussi de sa passion comme journaliste à Dolbeau-Mistassini. »

Voyages

À 14 ans, Audrey-Pier fait son premier voyage à Cuba avec sa mère et déjà, elle sait quel genre de voyageuse elle veut être. En 2006, l’élève raconte au journal Le Progrès qu’elle veut faire le tour du monde, non pas pour se prélasser sur ses plages, mais plutôt pour y découvrir les peuples et leur histoire. À cet âge, elle passe aussi ses étés au camping où ses parents sont installés comme saisonniers. Elle développe son indépendance en ayant sa propre petite roulotte. Aujourd’hui, elle s’est acheté une roulotte avec François et ensemble, ils découvrent le Québec entre leurs voyages autour du monde.

« J’ai fait plein de voyages sac à dos, au Maroc, en Grèce, en Angleterre et en Espagne sans jamais déterminer mes hôtels et sans même établir mon itinéraire. J’aime rester chez les locaux et avec Airbnb, c’est facile de voyager. On prend les transports en commun, souligne la voyageuse. Même en Indonésie, avec mon amie Stéfanie, on s’est toujours sentie en sécurité et les gens ont toujours été gentils avec nous. »

Choix de vie

Installée en appartement à Dolbeau-Mistassini, elle est avec le même conjoint depuis presque neuf ans. Audrey-Pier et François ont fait des choix de vie en conséquence des voyages. « On n’a pas encore d’enfants, on vit en appartement, on a des meubles usagés, on ne veut pas de maison pour ne pas avoir trop d’engagements et je n’ai pas une voiture de l’année », confie la jeune femme. Ses choix lui permettent de ramasser son argent et partir sans tracas pendant plusieurs semaines.

En 2006, à l’âge de 15 ans, Audrey-Pier Lavoie se confiait au journal Le Progrès.

« Pour notre prochain voyage, on aimerait visiter la Pologne, l’Allemagne et l’Autriche en trois ou quatre semaines. Notre rêve ultime est de faire un voyage en Transsibérien pour traverser Moscou vers Pékin en train. Mais ce genre de voyage demande plus de planification. »

Quand on lui demande quels sont ses rêves pour les dix prochaines années, sa réponse est étonnante. « Nos rêves évoluent. Mon conjoint et moi nous nous sentons privilégiés d’aimer autant notre travail. On est toujours contents d’aller travailler. On reste dans un bel environnement, on voyage… On vit en quelque sorte une partie de nos rêves », conclut-elle.