Dix mois après son accident, Kiwi a repris toutes ses activités et n'a aucune séquelle de son opération à la hanche.

Après 10 000$ pour soigner leur chien Kiwi, il ne garde aucune séquelle

CHRONIQUE / Le 5 mars 2016, à la ferme familiale située à Shipshaw, Micheline Naud heurte accidentellement son chien avec son camion. Kiwi, une femelle labrador brun de neuf ans, a les pattes arrière prises sous la roue. Sévèrement blessée à la patte et à la hanche arrière côté droit, les fractures de la chienne requièrent des tiges de métal. S'en suit, une minutieuse opération dans une clinique de Québec et plusieurs mois de réhabilitation.
Le 5 mars 2016, à la ferme familiale située à Shipshaw, Micheline Naud heurte accidentellement son chien avec son camion.
Trois mois après l'accident, Le Progrès-Dimanche rendait visite à l'animal qui se remettait de sa délicate opération frôlant les 10 000$. À ce moment, nul ne savait si Kiwi allait retrouver une vie normale. Plusieurs doutaient, y compris madame Naud et son conjoint, Élie-Marie Tremblay, qui vivaient une des plus éprouvantes périodes de leur vie. Le couple devait prendre soin de leur chienne 24 heures sur 24. Kiwi marchait difficilement et se fatiguait rapidement. Les planchers de la maison étaient recouverts de tapis pour faciliter ses déplacements. «À un certain moment, Kiwi est devenue très maigre du côté de son opération, comme si ses muscles s'atrophiaient», se remémore monsieur Tremblay. Sa famille se demandait parfois si elle était heureuse de ne plus les suivre à la ferme comme avant. Même les vétérinaires doutaient qu'elle puisse ravoir la même vie qu'avant. «Ça fera un bon chien de maison, nous avait dit l'équipe ayant opéré Kiwi», ajoute monsieur Tremblay.
Le 5 janvier dernier, soit dix mois après avoir été opérée à la hanche droite, Kiwi a repris toutes ses forces. «Quand on l'a amené à notre lot à bois, un endroit qu'elle adore, c'est là que le processus de guérison semble s'être accéléré», poursuit Élie-Marie Tremblay. La bête, qui aura bientôt dix ans, court derrière la motoneige, embarque dans le camion, saute dans le quatre roues et, malgré sa mésaventure, elle n'a aucune crainte des véhicules. Jamais elle ne semble avoir de mal. «Même les vétérinaires n'en reviennent pas», poursuit monsieur Tremblay. Plusieurs la considèrent comme une miraculée. De toute évidence, un labrador brun, c'est fait fort! Elle a aussi repris son rôle de gardienne. Bien qu'elle n'ait aucune agressivité, elle avertit toujours quand quelqu'un arrive et ce comportement plaît à ses propriétaires. Le plancher de la maison n'est plus couvert de tapis, puisque Kiwi est devenue aussi habile qu'avant.
Avec leur histoire, Élie-Marie Tremblay et Micheline Naud ne peuvent pas cacher leur amour pour les animaux. Leurs proches leur demandent souvent des nouvelles de Kiwi. «Il y a quelques semaines, à la messe, le curé est venu me serrer la main et il m'a demandé comment allait mon chien», raconte monsieur Tremblay en riant. L'homme au grand coeur est devenu un bon confident pour ceux qui vivent de dures épreuves. «L'autre jour, un ami est venu me voir pour me dire qu'il venait de perdre son chien», relate monsieur Tremblay.
Une décision critiquée
Alors que certains voyaient les propriétaires de Kiwi comme des héros, d'autres les ont critiqués, en disant que c'était épouvantable de mettre autant d'argent sur un chien. «Si la médecine peut les soigner, je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas», stipule madame Naud. Évidemment, personne ne pouvait savoir comment s'en sortirait la bête et si elle allait garder des séquelles. Le couple est fier de sa décision, mais n'arrive pas à répondre quand on leur demande s'il le referait. Le travail a été ardu pendant la réhabilitation de leur animal.
«L'autre jour, j'écoutais un film et une phrase a mis des mots sur ce que je pensais depuis longtemps: que tu sois riche, pauvre, laid ou beau, un chien t'attend toujours. Tu n'as qu'à lui donner de la tendresse», conclut Élie-Marie Tremblay.