En 2006, âgée de 17 ans, fébrile de vivre son bal des finissants et de tourner la page pour enfin plonger dans le monde des adultes, Alexandra Gravel s’était confiée au journal Le Progrès.

Alexandra Gravel… 14 ans plus tard

CHRONIQUE / À 17 ans, Alexandra Gravel collectionnait les poupées, écoutait des films québécois et se pâmait sur la série Buffy.

Pour s’exprimer, elle écrivait des histoires, tapissait ses murs de chambres de personnalités connues et dessinait en rêvant au jour où elle écrirait des films.

À quelques jours de fêter ses 31 ans, Alexandra n’est pas devenue réalisatrice ou scénariste, mais ça ne l’empêche pas d’être heureuse. Elle est fière d’être la mère de Noah Boudreault, un grand garçon de dix ans. Elle est fiancée à Carole-Anne Gagnon avec qui elle est en couple depuis trois ans. Ses œuvres d’art sont maintenant sur son corps sous forme de tatous, dont plusieurs viennent de son cru. Elle a encore des projets d’écriture qui se sont transformés, avec le temps, en livre plutôt qu’en film.

Toujours aussi sportive, elle joue au dek hockey plusieurs fois par semaine avec son amoureuse. Les deux complices souhaitent même de se marier dans un avenir prochain.

Lors de notre première rencontre, en 2006, Alexandra se préparait à vivre son bal des finissants à l’école secondaire Charles-Gravel de Chicoutimi-Nord au bras de celui qu’elle croyait être l’homme de sa vie. « C’était une belle soirée, même si c’était très relax et que j’étais rentrée tôt. C’est loin d’être comme dans les films. C’est le fun. Ça marque une belle étape qui nous permet de passer à la vie adulte », se remémore la jeune femme. Elle avait si hâte de plonger dans cette vie d’adulte et de tourner la page sur son enfance et son adolescence qui ont connu des épisodes moins roses.

En couple depuis trois ans, Carole-Anne Gagnon et Alexandra Gravel projettent se marier bientôt.

Au fond d’elle, Alexandra savait depuis longtemps qu’elle aimait les filles, mais elle refoulait cette émotion de peur de retomber dans une vague d’intimidation qui l’avait suivie tout au long de son primaire et une partie de son secondaire. « La seule et unique raison pour laquelle je me faisais intimider, c’était parce que j’avais les cheveux bouclés », précise-t-elle.

Après son secondaire, pour amorcer ses études collégiales en arts plastiques et savourer son indépendance, elle avait loué un appartement à Jonquière avec son chum de l’époque. « Un an plus tard, on se laissait. Ensuite, j’ai connu le père de mon enfant avec qui j’ai été pendant quatre ans et ensuite, j’ai fait mon coming out et, il y a deux ans, j’ai rejoint ma copine à Québec », raconte-t-elle.

Elle a poursuivi ses études en travail social et a travaillé dans ce domaine quelques années. Entre temps, pour payer ses études, l’étudiante travaillait aussi dans des boutiques dans les centres commerciaux et au fond, c’est ce qu’elle aimait le plus faire. « Depuis un an, j’occupe un poste d’assistante-gérante, avec plus de responsabilités, pour Lush, une boutique de cosmétiques faits à la main. »

Avec sa vie bien remplie, elle n’a plus le temps d’écouter près d’une dizaine de films par semaine comme elle le faisait à l’adolescence. « Maintenant, quand j’écoute la télé, c’est plus pour suivre des séries américaines. »

À l’âge de quatre ans, quand son parrain lui avait offert une première poupée de collection, Alexandra a toujours continué de les collectionner. « Il y a quelques années, comme je déménageais souvent, j’ai décidé de me départir de ma collection. »

Vers l’âge de 12 ans, elle mettait son argent de poche dans l’achat de coffrets et de revues mettant en vedette sa série préférée Buffy contre les vampires. Aujourd’hui, si elle veut se faire plaisir, elle dépense dans l’équipement de dek hockey. « Comme je suis gardienne de but au dek hockey, j’investis beaucoup dans l’équipement et les tournois. Carole-Anne joue avec moi, côté attaquant », souligne celle qui progresse dans deux équipes féminines et une équipe mixte.

À 17 ans, quand on lui demandait comment elle se voyait dans dix ans, elle s’imaginait en train d’écrire des films et avoir au moins deux enfants. Quand on lui repose la question, 14 ans plus tard, sa réponse a légèrement changé, mais les enfants restent une de ses priorités. « À 40 ans, j’aimerais bien avoir un enfant de plus et être mariée », conclut Alexandra.