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Du dessert pour le Séminaire

La cuisine, bien qu’elle ne fasse plus partie du programme scolaire au secondaire, est un intérêt partagé par plusieurs jeunes. Au Séminaire de Chicoutimi, depuis quelques années, on suggère un concours de pâtisseries pour souligner la fête de Pâques. Voici le compte rendu d’Adélaïde Fallu.

« Le 3 avril dernier a eu lieu, sur l’heure du midi, le concours de desserts du Séminaire de Chicoutimi. Ce concours, qui se déroule chaque année, permet aux élèves de démontrer leur passion pour la cuisine. Cette activité était coordonnée par les ministres des Festivités, Philippe Tardif et Florence Tremblay ainsi que par Mme Chantale Bourbonnais, technicienne des loisirs. 

Les élèves proposaient des desserts au thème de Pâques. Cette année encore, ce fut les ministres et les professeurs qui furent les juges de cette activité. La grande gagnante du concours est Manuella Ochoa de troisième secondaire qui a obtenu un pointage de 97.3%. Son gâteau red velvet a su séduire les juges, tant par son goût que par la qualité de sa présentation.

Nous tenons à remercier tous les bénévoles, les parents et professeurs pour l’aide apportée pour la réussite de cette activité. » 

- Adélaïde Fallu, 

ministre des Communications, Séminaire de Chicoutimi

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La différence rend unique

À l’école primaire des Jolis-Prés de Laterrière, on a compris depuis plusieurs années que la différence rend unique.

C’est pourquoi tous les mois d’avril, qui est le mois de l’autisme, des élèves saisissent l’occasion de parler de la différence en suggérant des pistes de réflexion aux écoles du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le 3 avril dernier, le comité de l’autisme a d’abord proposé aux membres du personnel et aux élèves de se vêtir en bleu pour fêter la journée de l’autisme qui avait lieu le 2 avril. Toutes les semaines, ce comité présente aussi des vidéos inspirantes pour susciter la discussion dans les classes.

Le comité propose aussi des activités de bricolages à faire en classe. « Nous vous suggérons de réaliser des fleurs que vous pourrez par la suite afficher sur les murs de votre école. Les pétales sont faits de mains, comme le logo de la Fondation Jean Allard, sur du papier de différentes couleurs. Sur chaque pétale, l’élève écrit ce qui le rend unique. Le centre de la fleur doit être bleu pour rappeler la couleur de l’autisme », peut-on lire dans leur dernier communiqué.

La Fondation Jean Allard amasse annuellement des dons afin que la Société de l’autisme du Saguenay-Lac-Saint-Jean puisse offrir des services à moindres coûts à plus de 200 familles-membres.

Le 27 avril prochain aura lieu la marche scolaire pour la cause de l’autisme. Toutes les écoles de la région sont invitées à faire cette marche symbolique, d’une dizaine de minutes, dans la cour de leur école. 

Vidéo

Nicolas Smith et Élizabeth Aubut, deux élèves de l’école des Jolis-Prés, qui siègent aussi sur le comité de l’autisme, ont réalisé une présentation dans leur classe pour démystifier ce trouble qui complexifie la vie sociale. Il est possible de visionner cet événement en suivant ce lien (www.youtube.com/watch ? v=o9PtOaXARHM). La différence, Nicolas connaît ça, puisqu’il est lui-même autiste Asperger. Élizabeth n’est pas autiste, mais dans la vidéo, elle accompagne Nicolas pour l’aider à faire sa présentation. À la suite de cet exposé oral, les élèves ont eu une période de questions pour en savoir plus sur leur ami Nicolas. « Je ne savais même pas que tu avais cette maladie », lance un élève. « Ce n’est pas une maladie, c’est plutôt une difficulté qui va rester toute ma vie », rétorque aussitôt Nicolas qui se dit fier de ce qu’il est.

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Quand les parents se séparent

Vingt-cinq élèves âgés de 8 à 10 ans ont accepté de nous parler de leur vie familiale. Dans cette classe de troisième année, 16 enfants vivent encore avec leurs deux parents et neuf vivent dans des familles séparées. Comme le sujet est plutôt délicat, nous avons décidé de taire leurs noms.

Qu’est-ce qui a été le plus dur lorsque tes parents se sont séparés ?

• Le jour où je suis partie avec ma mère, pour aller habiter chez mes grands-parents, et que j’ai laissé mon père seul dans l’appartement. 

• Moi, c’est quand je me suis retrouvé chez mon père et que ma mère n’était pas là. Mes parents ne m’avaient rien dit et je ne comprenais pas. 

• Moi, j’ai vécu deux séparations. Celle de mes parents et dernièrement, celle de ma mère et de mon beau-père. 

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L'école Apostolique remporte les honneurs à l'Expo-sciences

Pour la deuxième année consécutive, les élèves de l’école Apostolique de Chicoutimi ont remporté les trois médailles de niveau primaire ainsi que six prix Relève sur une possibilité de neuf lors de la finale régionale de l’Expo-sciences.

« Nous sommes très fiers de nos élèves », écrit la directrice de l’école, Marie-Claude Bradette dans un courriel adressé au Progrès. Il faut dire que cette école a développé un grand sentiment d’appartenance face à cet événement très convoité par sa clientèle. 

En effet, les élèves de cinquième et sixième année sont motivés par cette compétition scientifique qui s’intègre dans leurs cours de sciences. « Dès le retour des vacances de Noël, ils sont tous impatients de commencer leur projet d’Expo-sciences. Certains ont trouvé leur sujet depuis le mois de septembre », explique Katherine Bergeron, enseignante en sixième année. 

L’événement tant attendu a eu lieu les 22 et 23 mars derniers, alors que 146 exposants de niveaux primaire et secondaire prenaient part à l’Expo-sciences Hydro-Québec, finale régionale du Saguenay–Lac-Saint-Jean, au Séminaire Marie-Reine-du-Clergé de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. 

Les gagnants de l’école Apostolique avaient principalement choisi des sujets en lien avec la santé, dont les bienfaits du sport et l’anxiété.

Bien que la compétition n’a pas de volet provincial pour les participants du primaire, l’aventure n’est pas tout à fait terminée pour l’école Apostolique. Les douze meilleures équipes de l’Expo-sciences, dont neuf de l’école Apostolique, sont invitées à la finale régionale Rio Tinto du Défi apprenti génie qui aura lieu le 11 mai à l’école Jolivent de Chambord. 

Lors de ce Défi, pendant que des élèves de troisième année de l’école Apostolique feront franchir différentes épreuves à leurs avions en papier, les équipes s’étant démarquées à l’Expo-sciences seront là pour agrémenter cette journée ouverte au public. « Notre succès est rendu possible grâce à des enseignants et à des parents très impliqués », réfléchit Mme Katherine. Notez que l’école Apostolique a aussi reçu le prix pour la langue française, cumulant ainsi un total de dix prix ! 

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En détresse, sans cellulaire

La fois où j’ai oublié mon cellulaire et que j’aurais pu sauver une vie plus efficacement, c’était le 21 mars.

Il faisait beau soleil, la neige fondait. Vous savez, ce genre de journée de printemps qui donne le goût de rouler les fenêtres ouvertes. Je m’en allais chercher mon chien chez le vétérinaire. Je n’ai pas fait marche arrière en voyant que j’avais oublié mon cellulaire. Je n’allais pas bien loin, après tout... 

Soudain, sur un petit pont qui relie deux chemins de terre, très achalandés par les motoneigistes et amateurs de VTT, j’aperçois une personne collée contre le garde-fou et qui regarde l’eau. Le débit de la rivière est fort en ce temps de dégel, et la hauteur du pont est assez impressionnante. Je continue en me disant que moi aussi, j’aime bien m’arrêter dans ce secteur pour regarder et écouter l’eau. Je remarque sa voiture garée tout près de la rivière. À mon retour, une quinzaine de minutes plus tard, je revois la personne au même endroit avec un pied plus haut sur le garde-fou. Au même moment, cinq motoneiges passent, mais personne n’arrête. Chaque fois qu’un véhicule passe, la personne met son pied un peu plus haut sur le garde-fou. 

J’y vois un véritable appel à l’aide. 

Je me stationne près de son auto et je marche vers cette personne en faisant attention de ne pas la faire sursauter. Le son de l’eau étant très bruyant. Il était donc difficile de me faire entendre. Du coin de l’oeil, elle me voit et ne réagit pas.

J’approche de la personne et je lui demande si ça va. Elle me fait signe que non, et je devine qu’elle pleure. Je lui demande si je peux l’aider, si je peux faire quelque chose pour elle, et elle hoche la tête négativement à toutes mes questions, la tête cachée dans son capuchon et le visage enfoui dans ses bras. Je ne suis pas une personne habituellement très démonstrative quand j’éprouve de la compassion, mais je lui mets une main sur l’épaule pour tenter de la rassurer. Normalement, je serais retournée à mon auto calmement pour appeler du secours avec mon cellulaire. 

Me sentant impuissante et n’ayant pas mon cellulaire, j’arrête un monsieur à bord d’un camion pour lui demander de m’aider à venir en aide à cette personne en détresse. 

Comme je suis ébranlée, j’en oublie presque la possibilité d’appeler le 911. L’homme accepte de faire l’appel et poursuit son chemin. 

En me retournant, je vois la personne se sauver vers sa voiture et partir en direction opposée du camion. Je prends mon véhicule et je rattrape le monsieur qui a fait l’appel au 911. Il est garé sur le bord de la route pour parler au cellulaire en toute sécurité. Je m’arrête pour donner des renseignements supplémentaires au centre d’appel. Je n’avais pas réussi à lire la plaque d’immatriculation, car elle était trop sale, mais j’avais détecté des indices pour identifier la voiture. 

Une heure plus tard, alors que je suis de retour chez moi à jongler avec ce que je viens de vivre, le service d’urgence 911 me rappelle pour dire que les policiers ont réussi à localiser la personne en détresse afin d’intervenir. Quel soulagement! Je ne partirai plus jamais sans mon cellulaire...

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Un peu plus de liberté grâce à une page Facebook

Malgré son handicap, qu’elle traîne depuis sa naissance, et qui l’oblige à se déplacer en fauteuil roulant, Véronique Simard-Gosselin a des rêves et souhaite acquérir le plus d’autonomie possible.

Le 17 septembre 2017, la jeune femme de 23 ans trouvait une occupation pour se divertir de façon constructive en créant un groupe Facebook rassembleur. Elle a réussi, en seulement quelques mois, à réunir des centaines de propriétaires de chiens de race caniche. 

« Mon rôle, en tant qu’administratrice du groupe "Amoureux des Caniches", est d’approuver les demandes des gens qui veulent s’ajouter et alimenter les discussions pour susciter l’interactivité », mentionne la résidante de Québec. Jusqu’à ce jour, c’est près de 1100 personnes, provenant des quatre coins du Québec, qui échangent quotidiennement sur un sujet commun. 

Le jour où Véro a atteint 100 membres, elle s’est présentée pour se faire connaître et demander aux abonnés d’être indulgents si jamais une faute se faufilait ou qu’ils comprenaient moins bien ce qu’elle tentait de dire. Elle consacre environ cinq heures par semaine à cette divertissante tâche. Pour le moment, à part son compte personnel, elle ne gère pas d’autres pages Facebook, mais elle ne ferme pas la porte à d’autres défis. 

Si Véronique aime tant les caniches, c’est grâce à Merlin, le chien de sa soeur Catherine. Elle s’est inspirée de lui pour créer son groupe. « J’adore les chiens, principalement les caniches, et j’aime partager avec les gens à ce sujet », explique Véro qui se dit très enchantée d’avoir créé un groupe aussi sympathique. Elle souhaite continuer d’y voir des discussions amicales et respectueuses. Cette réussite fait aussi le bonheur de ses proches, dont sa grande sœur Catherine, qui sont bien fiers de l’initiative de Véro. « Je ne peux pas demander mieux que de voir ma petite soeur développer son autonomie tout en étant épanouie. Je la trouve tellement inspirante », souligne Catherine.

Tous les mois, l’administratrice de la page Facebook propose aussi des concours de photos, pour agrémenter la page couverture du groupe. Véronique offre même de faire des montages photo gratuitement aux membres qui souhaitent avoir de beaux souvenirs de leurs animaux. 

Parcours

Née à 25 semaines de grossesse, Véronique souffre de paralysie cérébrale. Les seules activités qu’elle peut faire, de façon autonome, sont la lecture et l’écriture. Pour s’exprimer, comme elle a parfois de la difficulté à parler, surtout quand elle est fatiguée, elle utilise l’écriture. « J’ai heureusement la chance d’avoir des outils informatiques adaptés à ma condition. J’utilise ma tête pour écrire », précise-t-elle. D’ailleurs, cette entrevue a été faite par l’intermédiaire de Messenger, sur lequel nous correspondons depuis ce temps. Véronique va à l’école trois jours par semaine dans une classe spécialisée. Elle a toujours suivi un programme adapté à sa condition et elle démontre depuis très longtemps un intérêt marqué et une force en français. 

Comme elle adore écrire, Véro rêve de devenir journaliste et elle croit que c’est possible pour elle, un jour, d’y arriver. « J’aimerais aussi devenir auteure. D’ailleurs, j’ai déjà écrit un livre avec l’aide de ma mère », poursuit-elle. Ce livre, elle l’a baptisé Une vie différente des autres . Ayant soif de liberté, elle est heureuse quand elle sent qu’elle peut acquérir un peu d’indépendance. Ses journées se passent entre l’école, son ordinateur et de petites sorties occasionnelles. Véronique habite dans une résidence spécialisée durant la semaine et, la fin de semaine, elle retourne souvent chez ses parents. Bien que sa santé ne requiert aucune hospitalisation, elle doit aller à l’hôpital tous les deux mois pour des médicaments.

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Un spectacle de Jean-Thomas Jobin au profit de La Course

Maryse, Marie-Joëlle, Laurie et Pascale font partie du programme de citoyenneté responsable de l’école secondaire des Grandes-Marées de La Baie. Pour leur dernière année au secondaire, elles ont choisi d’aller chercher le financement nécessaire pour faire vivre La Course du Grand Défi Pierre Lavoie à 32 coureurs de leur école.

La Course est le défi que Pierre Lavoie lance aux étudiants de niveau secondaire, collégial et universitaire. Les 12 et 13 mai, ils devront courir pendant 30 heures, à relais, sans arrêt, de Québec vers Montréal. 

« Nous travaillons très fort pour permettre à des élèves de notre école, dont Pascale, de prendre un virage santé. Par contre, ce projet coûte très cher. Comme moyen de financement, nous avons décidé d’organiser un spectacle-bénéfice avec l’humoriste Jean-Thomas Jobin, le 5 avril, à 20 h, à l’auditorium de notre école », explique le comité organisateur dans un courriel envoyé au Progrès. 

Pour Pascale, cette course a en quelque sorte changé sa vie. « J’ai déjà fait La Course en secondaire deux. Mon entraînement m’avait permis de perdre beaucoup de poids, soit 30 livres, et j’avais pris beaucoup de confiance en moi », confie Pascale, qui est restée très active. 

En tout, les organisatrices doivent amasser 15 000 $ pour couvrir les frais d’autobus, d’inscription et d’identification des vêtements, entre autres. Le spectacle de Jean-Thomas Jobin, si la salle est comble, devrait rapporter 80 % du montant. « Pour le reste, on vend du popcorn sur l’heure du midi », ajoute Marie-Joëlle. 

Les quatre amies consacrent donc leur dernière année au secondaire, à raison d’une heure par neuf jours en classe, en organisant des activités-bénéfices. « Pour y arriver, on doit aussi travailler en dehors des heures de cours », mentionne Laurie. 

« Le programme de citoyenneté responsable nous pousse à devenir de meilleurs citoyens. Chaque année de notre secondaire est marquée par un projet motivant. Par exemple, en quatrième secondaire, les élèves vivent un stage d’initiation à la coopération internationale », conclut Pascale.

Pour plus de renseignements concernant le spectacle de Jean-Thomas Jobin, contactez l’école des Grandes-Marées. 

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Un concert pour Mira

Dans le cadre de son projet intégrateur de cinquième secondaire, Camille Ménard organise un concert-bénéfice au profit de la Fondation MIRA. L’élève de la Polyvalente Arvida et de l’Atelier de musique de Jonquière progresse dans le programme sport-arts-études, volet musique.

Pour rejoindre le plus de gens possible, elle a rédigé un communiqué qu’elle a acheminé à différents médias. Le voici.

« Le concert-bénéfice au profit de MIRA aura lieu le jeudi 29 mars, à 19 h, à la salle Orphée de l’Atelier de musique de Jonquière. Il mettra en vedette mes confrères et consoeurs, et il sera animé par Youcef Tadjer, animateur de Rouge fm. 

Le concert offrira de nombreuses prestations de groupes et quelques solos dans des disciplines musicales variées, avec chant et pièces instrumentales. De nombreux styles y seront également représentés, tant dans le pop, le rock que le classique. Une très belle activité pour une très belle cause ! 

Le projet intégrateur de cinquième secondaire fait partie du cheminement régulier des élèves au Québec depuis plusieurs années. Il permet aux étudiants de réaliser un projet personnel mettant en lumière les connaissances acquises et les compétences développées au cours de leurs études secondaires. 

L’Atelier de musique de Jonquière est partenaire de la Polyvalente Arvida et de l’école Sainte-Lucie (au primaire) pour le programme sport-arts-études, qui permet aux élèves de développer leurs compétences musicales tous les après-midi de la semaine, après avoir complété leurs apprentissages scolaires en avant-midi. 

Les billets sont au coût de 10 $ pour les adultes et de 5 $ pour les enfants de 12 ans et moins. Pour vous procurer des billets, contactez-moi au sweetcamille@live.ca. »

– Camille Ménard, 16 ans

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Paroles de grands, rêves de petits

Les adultes regardent souvent les enfants en leur balançant toutes sortes d’expressions. Par exemple, au lieu de leur dire qu’ils sont beaux, ils vont dire : « Tu vas en briser des coeurs ». Quand j’étais petite, mon grand-père disait que j’allais être la comédienne de la famille et que ma sœur allait être une briseuse de coeurs. J’essayais de comprendre. Pourquoi les adultes s’expriment-ils de cette façon ? C’est fou comme ils n’ont pas conscience du pouvoir qu’ils ont sur les enfants.

Comme je pensais que les adultes avaient toujours raison, mon grand-père devait avoir raison. J’allais devenir une comique, une comédienne, une personne connue ! Wow ! J’avais si hâte ! Fini le livre de Cendrillon et les histoires finissant par : « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » ! Je ne devais pas compter sur un prince charmant pour aller vivre dans son château et dépenser sa fortune. En plus, j’avais déjà ma meilleure amie Véro avec qui je faisais des sketches et de l’impro. 

Ce que mon grand-père voulait dire, dans ma tête d’enfant, c’est que ma soeur était belle et qu’elle allait avoir plein de prétendants. Pendant que ma soeur allait se marier souvent et être pognée avec des ex qui l’aimaient encore, moi, j’allais faire rire le monde, avec mes palettes. Ça m’arrangeait dans un sens parce que je ne voulais pas me marier. Je ne voulais même pas avoir une vie d’adulte.

Quand je parle de mes palettes, je fais référence à ma dentition. Avec les dents que j’avais, je risquais plus de briser autre chose que des coeurs. 

Pendant que ma soeur se faufilait dans le buffet de Noël pour mettre du beurre sur ses lèvres, moi, je m’étampais du crémage dans la face en faisant semblant que je ne le savais pas.

D’ailleurs, si je n’avais pas eu de broches à 11 ans, je passerais sûrement pour la jumelle de Vincent Léonard, du duo humoristique les Denis Drolet. Mon amie Véro et moi rêvions de former un duo de filles drôles et jouer dans des films. Malheureusement, la vie s’est chargée de mettre 500 kilomètres entre elle et moi. OK, ce n’est pas une bonne raison. On va vous le faire, un jour, notre célèbre sketch de Ti-Coune et Georgette. En plus, Véro joue de la guitare, comme Sébastien Dubé des Denis Drolet. 

Je me souviens à quel point je croyais en ces projets d’avenir que me prédisaient les adultes. J’imagine tout le ravage que ça peut faire quand des adultes disent à des enfants qu’ils sont nés « pour un petit pain » et qu’ils ne feront rien dans la vie...

Finalement, je ne gagne pas ma vie comme humoriste, mais je divertis quand même les gens avec mes écrits et je ne fais pas tout à fait la vie d’une adulte traditionnelle... Même si elle ne s’est jamais mariée, c’est vrai que ma soeur en a brisé bien des coeurs ! 

Expressions

J’ai demandé à des enfants de dix ans de me dire ce que signifiaient, selon eux, ces expressions.

Tu vas aller loin dans la vie.

« Tu vas être bon et tu auras un bon métier. » – Alyssia

« Tu es persévérant. » – Stella-Rose

« Tu vas être bon plus tard comme adulte. » – Emy

« Tu fais des efforts dans la vie pour te rendre à la bonne place. » - Joseph

« Si tu persévères dans ton sport, tu vas aller loin. » – Élodie

Tu vas en briser des coeurs.

« C’est comme mon frère, il était beau quand il est né, et ça veut dire qu’il sera beau quand il sera plus vieux, et les gens vont beaucoup l’aimer. » – Mathis

« Tout le monde va te triper dessus. » – Élodie

Tu es l’enfant à papa (ou à maman).

« Ça veut dire que tu lui ressembles. » – Alyssia

« Ça veut dire que tu fais souvent la même chose que lui. Comme lorsque je vais à la pêche sur glace et que je pêche un poisson, je crie comme mon père. » – Gabrielle

« C’est quand tu nais et que tu es plus proche de ton père ou de ta mère. » – Mathis

« Quand mon père est fier de moi, il dit que je suis la fille à papa. » – Élodie

Tu as une vieille âme.

« Je me faisais dire ça quand je parlais, quand j’étais petite, parce que j’avais l’air plus vieille que mon âge. » – Isabelle, enseignante

« On m’a déjà dit que je parlais comme un vieux. » – Logan

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Une médaille pour son professeur

Simon Gilbert est bien fier de fréquenter l’école Trefflé-Gauthier de Jonquière. Il y a quelques semaines, il a demandé l’autorisation à la directrice de son école, Marie-Claude Harvey, pour rendre hommage à un prof qu’il admire particulièrement.

Évidemment, Mme Marie-Claude a accepté sans hésiter, charmée par la touchante initiative de cet élève de quatrième année. « Si j’aime autant cette école, c’est surtout grâce à M. Luis », précise le garçon de dix ans.

Pendant plus d’un mois, Simon a utilisé sa tablette pour filmer de nombreux témoignages, démontrant qu’il n’est pas le seul à apprécier ce généreux enseignant en éducation physique qu’est Luis Arseneau Valenti. Toutes les personnes impliquées avaient le mandat de garder le secret. 

Le 16 février dernier, les 168 élèves et le personnel de l’école étaient rassemblés au gymnase pour vivre ce moment émouvant. Mme Marie-Claude a présenté Simon en disant qu’il avait pris une très grande initiative en voulant souligner le travail remarquable de son prof d’éducation physique, Luis Arseneau Valenti. « On est tous gagnants de participer à d’aussi beaux évènements sportifs organisés par M. Luis », lance Simon. Pendant une quinzaine de minutes, l’élève a fait sa présentation avec beaucoup d’assurance. « M. Luis est un prof exceptionnel. Il est tellement fin, que je voulais faire quelque chose de spécial pour lui », raconte le jeune conférencier. 

Parmi les témoignages recueillis par Simon, des parents se sont dits rassurés de voir un enseignant capable de transmettre l’importance de bouger à leurs enfants. « M. Luis a même créé un sentiment d’appartenance à l’école en créant un nom et un logo. Nous sommes fiers d’être les Grizzlis », lance Simon, appuyé par son auditoire. Impliqué dans l’école, M. Luis ne se limite pas seulement au sport. Il est toujours prêt à collaborer, animer et organiser des projets spéciaux, comme le spectacle de Noël. « Rassembleur, dévoué, impliqué et surtout passionné par son travail, c’est un cadeau de l’avoir dans notre école depuis trois ans », témoigne la directrice, Mme Harvey. 

L’amitié entre Luis et son élève Simon s’est solidifiée au cours de l’année alors que Simon a fait une crise d’appendicite. « Comme je ne pouvais plus faire de sport pour quelques semaines, je suis devenu le stagiaire de M. Luis. Ça m’a donné envie de devenir prof d’édu », poursuit-il. Enseignant à la retraite, le grand-père de Simon était étonné par l’initiative de son petit-fils. « En 35 ans d’expérience dans l’enseignement, je n’ai jamais vu ça », confie Gilles Deschênes. La tradition risque donc de se poursuivre puisque la mère de Simon, Rebecca Deschênes, est aussi enseignante. 

À la fin de sa présentation, Simon a remis une médaille à M. Luis pour immortaliser ce moment. « C’est la plus belle chose, et la plus gentille, qu’on a faite pour moi. Ta famille doit être fière de toi », a souligné Luis Arseneau Valenti, applaudi par tous les élèves de l’école. 

Préparation 

Simon Gilbert a orchestré son hommage lui-même, de A à Z. Après avoir eu l’accord de la directrice de son école, il a parlé de son projet à ses parents. Son père, Sébastien Gilbert, étant un fidèle auditeur de KYK 95,7 Radio X, et sachant que l’animateur Mark Dickey avait déjà fait un hommage à Voivod, il proposa à son fils de le contacter pour le guider dans son hommage. Le généreux animateur accepta aussitôt d’entretenir une conversation téléphonique d’une trentaine de minutes avec le garçon de quatrième année. « Je ne suis pas un organisateur d’hommages, mais je lui ai donné des trucs pour le timing et qui cibler. Un peu comme un reportage en fait », précise Mark Dickey. De toute évidence, Simon a bien compris les grandes lignes pour réussir un hommage.