Les Vendredis saints de nos vies

CHRONIQUE / Nous voici bientôt à cette journée névralgique de la Semaine sainte, le Vendredi saint, où surgissent à notre mémoire les jours difficiles, pénibles de nos vies, nos propres Vendredis saints.

Nos drames, nos angoisses, les souffrances cruelles, la mort, personne n’y échappe. Et ajoutons à l’abondance des drames individuels ou familiaux, ceux des nations où s’accumulent les guerres, la misère, la faim. Vendredis cruels d’un monde encore si peu humain !

Un vendredi qui résume toutes les brutalités et toutes les lâchetés, toutes les bassesses et toutes les prétentions, mais aussi tous les courages et tous les sacrifices.

On y revoit, quelques jours auparavant, une foule acclamer Jésus, puis l’abandonner. Ses amis s’enfuir ou le trahir. Les détenteurs du pouvoir le pousser vers la mort. Il est jugé. Il comparaît.

En annonçant au nom de Dieu un monde nouveau et libre, un royaume de frères et de soeurs, il avait dérangé un ordre trop bien établi. 

En choisissant de s’offrir alors comme pain et vin, il résumait cette vie d’amour qui allait culminer sur la croix et alimenter celle de tous les disciples à venir.

Un signe d’espérance

Fixer cette croix du Vendredi saint, c’est regarder le Juste qui a tout donné et pardonné. Dans leurs souffrances et leurs angoisses, leurs luttes et leurs échecs, les personnes d’allégeance chrétienne ou autre peuvent y découvrir le grand signe d’espérance : Jésus triomphant de toutes limites, y compris la mort, venu féconder l’avenir de l’humanité.

Près de la croix de Jésus, il y a les saintes femmes, quelques disciples et amis qui l’ont accompagné jusque là et qui ont continué de croire en lui malgré l’échec apparent. Comme ces personnes qui, sur nos chemins, envers et contre tout, témoignent de ce qui les habite, qui rendent moins lourdes nos croix à porter et qui nous incitent, par leur exemple, à faire de même. 

Jacques Bouchard, prêtre